Aménagement

La grande cacophonie gouvernementale autour de Notre-Dame-des-Landes

Mots clés : Gares, aéroports - Gouvernement

Alors que le Premier ministre Manuel Valls a réaffirmé que l’aéroport se fera et que l’évacuation du site est maintenue «à l’automne», des confessions de François Hollande se disant «contre le projet en tant que tel» jettent le trouble.

Droit dans ses bottes, Manuel Valls est affirmatif dans les colonnes du quotidien Ouest-France. «L’évacuation, c’est pour cet automne. Ça se fera. Il ne peut pas y avoir d’autre voie» assure-t-il. Comme pour donner du corps à ses propos, le Premier ministre se veut précis sur le calendrier des travaux. «La déclaration d’utilité publique (DUP) dure jusqu’en janvier 2018. Les grands travaux d’aménagement de l’aéroport, c’est à partir de 2018. Avant, il faut que les travaux de défrichement aient été lancés. Engager des travaux nécessite des moyens, des forces mobiles pour tenir ensuite le terrain. Si ça ne se fait pas avant mars 2017, ça ne se fera jamais».

Tout serait simple si, dans le même temps, sa ministre de l’Environnement n’évoquait pas un «déni de démocratie» sur ce dossier. «A chaque fois que nous constatons un déficit démocratique et de transparence sur les décisions qui sont prises, on est rattrapé par des problèmes. Certains élus locaux ou lobbys se sont obstinés. On aurait dû prendre le temps de bien écouter ce qui se passait» a-t-elle déclaré dans l’émission «On n’est pas couchés» sur France 2. Pour Ségolène Royal, «l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a été surdimensionné, sans doute pour des intérêts financiers, ou parce qu’il fallait justifier qu’il fallait déplacer cet aéroport. Et jamais une autorité médiatrice n’a dit ‘comparons les deux projets’ et voyons ce qui se passe». Au passage, l’ancienne présidente de la région Poitou-Charente lance un coup de griffe aux élus locaux des Pays de la Loire. «Que les élus locaux, comme la maire de Nantes ou Jean-Marc Ayrault, qui ont réclamé cet aéroport, assument cette responsabilité. Ils ne peuvent pas, le jour où cela ne se passe pas bien, trouver des responsabilités ailleurs.»

 

Confidences présidentielles

 

Réplique de ces élus locaux rassemblés au sein du syndicat mixte aéroportuaire présidé par le président LR de la région, Bruno Retailleau: «Ces propos d’un ministre qui défie l’autorité de l’État et s’oppose au respect de la loi ne peuvent rester sans suite, alors que les forces de l’ordre se préparent à faire respecter la loi de la République et les décisions de justice sur la ZAD. Nous appelons clairement le président de la République et le Premier ministre à recadrer Mme Royal qui ne peut impunément bafouer leur autorité et mépriser les citoyens concernés qui ont voté le 26 juin et qui attendent le respect de la loi et de la démocratie».

La réponse du président de la République se fera indirectement par le biais du livre-confidences «Un président ne devrait pas dire ça», de Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Surprise, on y apprend que le président «n’est pas pour le projet en tant que tel». Même s’il estime qu’«il n’y a pas de raison de revenir sur ce choix» car «les élus ont décidé et l’Etat s’est engagé depuis des années». L’aveu de François Hollande jette encore un peu plus le trouble sur ce dossier.

 

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