Projets

La gare du Nord, entre chantiers concrets et grands projets

Mots clés : Architecte - Gares, aéroports - Transport ferroviaire

A Paris, l’édifice aux 2 100 trains et 700 000 voyageurs quotidiens a entamé un chantier de rénovation de ses espaces qui se poursuivra jusqu’en 2018. Sont ainsi déjà programmés des travaux depuis les quais souterrains du RER jusqu’à l’éclairage des halles du XIXsiècle. Au-delà, l’architecte Jean-Michel Wilmotte a été mandaté pour réorganiser le bâtiment en profondeur pour y ménager des nouveaux espaces. Guillaume Pepy, le président de la SNCF s’est engagé à ce que le projet soit achevé pour 2024, l’année des possibles Jeux olympiques.

Lever de rideau à la gare du Nord. Le 24 juin, les responsables de la SNCF, son président Guillaume Pepy en tête, ont présenté le scénario des transformations à venir dans cette gare qui est à la fois la plus grande et la plus ancienne de Paris. Construite par l’architecte Jacques-Ignace Hittorf, elle avait ouvert le 19 avril 1864. Et ce chantier prévu pour se dérouler jusqu’en 2023 devrait se jouer comme une pièce en deux actes. « Nous commençons en effet par requalifier les espaces existants, a expliqué Etienne Tricaud, le président du directoire d’Arep, l’agence d’architecture des gares. Ces travaux ont d’ailleurs déjà débuté. Mais par la suite, il va nous falloir augmenter les volumes. En effet la gare manque cruellement d’espace et nous allons vers une augmentation de l’affluence. » Le trafic des voyageurs devrait ainsi croître avec la mise en service, en 2016, de nouveaux matériels roulants sur les liaisons Eurostar, vers la Grande-Bretagne.

En somme, la SNCF ambitionne de réorganiser totalement la gare qui, avec ses 2 100 trains par jour, dessert aussi bien le nord de la région parisienne que celui de l’Europe. Mais avant même de se lancer dans les grandes manœuvres, elle entend apporter une amélioration immédiate au confort des 700 000 voyageurs qui s’y pressent au quotidien et en font le premier terminal ferroviaire d’Europe.

 

Acte I : 2015-2018

 

D’ores et déjà, la SNCF a lancé un grand coup de propre sur les 80 000 m² de la gare. Ainsi la rénovation plus que nécessaire de la salle d’échanges du RER et des quais souterrains des lignes B et D est en cours. Cette campagne de travaux se poursuivra l’an prochain avec la création, à la jonction de la gare historique et de la verrière du terminal du Transilien, d’une brasserie de 674 m². Aménagé par Patrick Bouchain, l’établissement s’offrira un chef aussi étoilé que télégénique : Thierry Marx.

Ces améliorations de l’accueil, qui sont programmées jusqu’en 2018, permettront encore de doter les grandes halles Hittorf d’un nouvel éclairage mais aussi de remettre de l’ordre sur le grand quai transversal du bâtiment historique, aujourd’hui encombré de multiples échoppes et services. Un symbole est déjà en train de disparaître : le grand panneau lumineux central qui indiquait voies et horaires de départ va être démonté pour laisser place à des écrans plus petits et mieux repartis. Il était la cause de trop d’encombrements. Et de toute façon, à terme, les départs ne se feront plus de ce quai.

 

Acte II : 2018-2014

 

Repeindre les murs de la gare du Nord ne suffira donc pas. Pour absorber le flux des voyageurs mais aussi de tous les usagers de la gare, il faudra aussi les pousser. Pour cela, la SNCF a fait appel à l’architecte Jean-Michel Wilmotte qui a présenté, ce 24 juin, les grandes orientations du projet de réaorganisation, basée sur l’aménagement de quatre terminaux distincts : départs et arrivées grandes lignes, liaisons Transmanche et réseau francilien.

Un principe essentiel sera ainsi de séparer, à l’avenir, les voyageurs en partance de ceux qui arrivent à Paris. Ces derniers continueront de débarquer sous les halles historiques. « Quant au terminal départ, nous envisageons de le placer à l’extrémité nord de ces halles, dans un bâtiment-pont, sur pilotis, qui enjambera les voies ferrées, a expliqué Jean-Michel Wilmotte qui a précisé : on ne touchera pas à la gare, on viendra juste l’effleurer ». Cette relocalisation de la zone de départ permettrait dès lors d’ouvrir davantage l’établissement ferroviaire vers le nord de Paris. Ainsi, la gare serait connectée au boulevard de la Chapelle.

Le projet élaboré ces derniers mois par l’agence Wilmotte et notamment l’architecte Jean-François Patte prévoit aussi de donner de l’ampleur au terminal des Eurostar, situé à l’ouest de l’édifice. Aujourd’hui étriqué, il profiterait de la couverture de la cour où se trouve actuellement la station de taxis. Jean-Michel Wilmotte propose même d’annexer le bâtiment voisin, occupé par des services administratifs, pour augmenter la capacité d’accueil. Enfin, à l’est, la verrière du terminal des liaisons régionales, achevée en 2001, sera augmentée avec notamment la création d’un pôle commercial.

Mais le projet de l’agence Wilmotte aborde le bâtiment sous toutes ses faces… et donc également par sa façade sud et son historique ordonnancement de pilastres, statues et arcades vitrées. Alors qu’il est prévu de rendre piétons la rue de Dunkerque et le boulevard de Denain, Jean-Michel Wilmotte a « un rêve », celui d’une extension contemporaine qui ferait jaillir des murs de pierre de grandes tonnelles verrières, façon Crystal Palace. Une seconde option serait en revanche de faire profil bas et de ne pas toucher – ou très peu – à l’existant. Ce sujet ne devrait pas être sans susciter de vifs débats. La maire de Paris, Anne Hidalgo, qui assistait à la présentation, a déjà clairement pris position. Commentant l’option la plus manifeste, elle a estimé : « Il faut que l’on ait cette ambition-là. Protéger le patrimoine c’est aussi accepter des éléments qui sont rapports avec les usages de notre siècle ». Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a lui précisé que la discussion ne faisait que démarrer mais que le choix devrait être fait « à l’automne ».

 

Epilogue

 

En conclusion Guillaume Pepy s’est refusé à évaluer le coût total de ce grand chantier avant le lancement des études. « On ne sait pas », a-t-il dit, se gardant bien de donner un montant dont on pourrait ultérieurement lui reprocher les dépassements. Le président de la SNCF a en revanche fait une promesse auprès d’Anne Hildago. Si Paris remporte l’organisation des JO 2024, « nous nous engageons à être prêt pour cette date ».

 

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