Innovation produits

La French Tech et le bâtiment, l’histoire en devenir des objets connectés

Mots clés : Entreprise du BTP - Gouvernement

Le ministre de L’Économie et des Finances, Emmanuel Macron, visitait le Consumer Electronics Show à Las Vegas, les 6 et 7 janvier. Il manifestait ainsi son soutien aux jeunes entreprises françaises du numérique. L’occasion de revenir sur les liens possibles entre ce secteur émergent et le milieu du BTP.

 

À Las Vegas, Emmanuel Macron parie sur les objets connectés. Le ministre de l’Économie et des Finances était en déplacement dans la cité américaine les 6 et 7 janvier dernier,  à l’occasion du Consumer Electronics Show (CES), un salon majeur de l’électronique grand public. Accompagné d’Axelle Lemaire, la secrétaire d’État au Numérique, il a apporté un surplus de visibilité à la délégation française. Pas moins de 120 sociétés hexagonales, dont 66 start-ups, ont fait le voyage. L’enjeu est de taille pour les pouvoirs publics. En novembre 2014, le gouvernement a lancé un plan de soutien aux hautes technologies baptisé French Tech. Il prévoit un investissement de 200 millions d’euros dans les jeunes entreprises, ainsi que 15 millions supplémentaires pour leur promotion à l’international.

Déjà bien ancrée dans les domaines de la santé et du divertissement, la communication numérique s’étend progressivement au bâtiment. Les objets connectés offrent une alternative attractive à la gestion technique du bâtiment (GTB) : plus besoin d’études complexes, il suffit bien souvent de brancher un boitier. Plus besoin de fils, les transferts des données s’opèrent via un réseau Wifi ou Bluetooth. Plus besoin d’un poste de supervision, l’usager pilote l’ensemble avec sa tablette ou son mobile. De grands groupes, tels que Bouygues Construction ou Schneider Electric, ont déjà mis sur le marché des produits de ce genre. Toutefois, leurs approches restent dans l’ensemble assez proches d’une GTB traditionnelle. « Des capteurs et actionneurs sont répartis dans l’habitat. Ils acheminent des informations vers un central, où elles sont agrégées et analysées. Un logiciel répond ensuite selon un scénario prédéfini, et enclenche des dispositifs de régulation », explique Éric Campo, chercheur au sein du Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes de Toulouse.

Un fort potentiel d’innovation

 

Cependant, le numérique appliqué aux objets reste encore un territoire peu défriché. Les entrepreneurs ont encore bien des ressources à exploiter. L’intégration des capteurs dans l’environnement intérieur sera sans doute l’une des grandes tendances de l’année 2015. Parmi les acteurs français présents au CES, deux firmes proposent des produits dans cette mouvance : Withings a mis sur le marché Withings Home, une caméra de sécurité capable également de mesurer la qualité de l’air ambiant. Tandis qu’AwoX  devrait lancer en 2015  SafeLight, une ampoule qui inclut un détecteur de fumée. En dehors du salon, on notera le Floor In Motion, du fabricant de revêtement de sol Tarkett. Un capteur, caché sous le parquet, détecte et enregistre les chutes et activités du résident.

Pour Éric Campo, une autre piste majeure se dégage : « La domotique de demain émerge déjà aujourd’hui. Elle va consister à proposer des systèmes de contrôle beaucoup plus intelligents et autonomes. Ces dispositifs créeront eux-mêmes un scénario, en fonction des activités et des comportements des usagers. Non seulement, ils seront capables d’analyser une situation, et de prendre une décision adéquate, mais aussi de s’adapter aux changements d’habitudes. »

Dans cette branche, les entreprises américaines ont pris une longueur d’avance en 2014. Google a commercialisé son fameux thermostat Nest. Sur le même concept, la start-up Stack a développé Alba, une ampoule qui module son niveau d’éclairement selon l’habitat. Cette nouvelle forme de domotique ouvre la voie à des mutations sociales remarquables. « Elle pourrait permettre le maintien à domicile des personnes âgées ou fragiles dans de bonnes conditions de confort et de sécurité », observe Éric Campo. Reste encore à tous ses objets indépendants à communiquer entre eux. À ce niveau, la GTB garde une longueur d’avance.

L’initiative French Tech pourrait donc apporter son lot d’innovations intéressantes au monde du bâtiment. À condition toutefois que des relations solides se tissent entre les différents protagonistes.

 

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