Collectivités territoriales

La France perd une commune littorale

Mots clés : Aménagement du littoral

Pour ne plus être soumise à la loi Littoral, la commune de Plouvien (Finistère) cède 20 hectares à sa voisine Tréglonou.

Du bourg de Plouvien, il faut parcourir une quinzaine de kilomètres pour trouver la mer. En fait, c’est une bande de terrain le long de l’aber Benoît (1) qui assujettit jusqu’au 1er avril prochain cette petite commune du nord du Finistère à la loi Littoral. « Depuis quelques années, le développement économique de notre territoire est devenu très compliqué, en raison, notamment, du principe de continuité de l’urbanisation », résume Christian Calvez, maire depuis 1995. De fait, en novembre 2012, le conseil d’État annule le permis de construire d’un parc de huit éoliennes. L’année suivante, la cour d’appel de Rennes joue l’apaisement en indemnisant les plaignants mais sans ordonner le démantèlement des machines.

 

De 1 121 communes littorales à 1 120

 

Parallèlement, deux permis de construire déposés par la Sill, un groupe laitier de 750 salariés dont le siège et une usine sont à Plouvien, sont contestés. Aujourd’hui, la chaufferie bois fonctionne mais le projet de tour de séchage (40 M€ d’investissements et création de 70 emplois) est au point mort. « Céder une bande de terrain nous est apparu comme la dernière solution. Nous n’avions aucune certitude quant à son issue », se souvient l’élu qui préside également la communauté de communes du Pays des abers.

Le maire de Tréglonou, commune limitrophe de Plouvien, est très vite convaincu. Les deux édiles adressent une lettre conjointe au préfet du Finistère fin 2012. En janvier, chaque conseil municipal délibère favorablement. Et en juin 2013, l’enquête publique démarre avec un nombre important de soutiens d’élus locaux et de parlementaires. D’où le vote positif en juin 2013 de la communauté de communes, l’avis favorable de la direction départementale des territoires et de la mer (avril 2014) et enfin, à l’automne dernier, l’accord de l’assemblée départementale. Résultat : une première en France, lorsque le 19 janvier dernier, le préfet prend l’arrêté.

La cession prévoit que, pendant les dix prochaines années, Tréglonou entretienne les espaces publics concernés. « Nous allons perdre environ 6 000 € par an de recettes fiscales : 2 000 € de foncier non bâti pour les 16 hectares d’espace public et 4 000 € de foncier bâti puisque deux maisons sont sur cette zone. Mais ramenée à la richesse que nous apporte la Sill, ce n’est finalement pas grand-chose », conclut le maire.

(1) Vallée envahie par la mer

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