Etat et collectivités

La France et l’Allemagne s’entendent pour construire un pont sur le Rhin

Les ministres français et allemand des Transports ont signé lundi à Berlin un accord ouvrant la voie à la construction d’un nouveau pont ferroviaire sur le Rhin à hauteur de Strasbourg, afin de relier d’ici 2010 les réseaux à grande vitesse français TGV et allemand ICE.

Le nouveau pont, qui coûtera 23 millions d’euros payés aux trois quarts par l’Allemagne, comportera une voie dans chaque sens et permettra un franchissement à 160 km/h, selon cet accord paraphé par les ministres Dominique Perben et Wolfgang Tiefensee, ainsi que par leurs homologues des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy et Frank-Walter Steinmeier.
Le pont actuel, qui relie Strasbourg à sa banlieue allemande de Kehl, ne permet pas le croisement de deux trains et ne peut être franchi qu’à vitesse très réduite, alors que les promoteurs du TGV-Est, qui doit relier Paris à Strasbourg en 2h20 l’an prochain au lieu de 3h50 actuellement, espèrent à moyen terme le voir se prolonger jusqu’à Munich, Vienne et Budapest.
La reconstruction du pont s’inscrit dans le cadre de travaux plus larges visant à adapter à la grande vitesse la ligne d’une quinzaine de kilomètres qui sépare Strasbourg de l’axe à grande vitesse allemand Bâle-Karlsruhe-Munich.

Une réparation de guerre
La construction de ce pont est un lointain reliquat des « réparations de guerre ». « Le pont ferroviaire de Kehl, pont historique, a été bombardé par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale et, suivant l’accord de 1953, l’Allemagne devait le reconstruire à l’identique au titre des dommages de guerre », explique Thierry Jankowski, porte parole du projet TGV-Est auprès de Réseau ferré de France (RFF).
En 1953, un « accord relatif aux ponts fixes et bacs sur le Rhin à la frontière franco-allemande » a été signé à Paris entre la France et la République fédérale d’Allemagne (RFA) et prévoyait la reconstruction d’un pont qui comptait à l’origine deux voies. A l’époque, un seul tablier sera reconstruit, le trafic étant trop limité pour nécessiter une deuxième voie.
« S’il est vrai que ce chantier relève des dommages de guerre, le lien est tout de même lointain dans la mesure où cette reconstruction participe d’un accord signé en 1953, il y a plus de cinquante ans », nuance Alain Cuccaroni, directeur adjoint du projet LGV-Est à RFF.
« La construction du pont a été confiée aux Allemands et le financement a pris en compte le fait que la République fédérale devait encore des choses » après la guerre, ajoute M. Cucarroni. « Naturellement, lors des négociations ultérieures, la question de la validité de ce traité s’est posée et il s’est avéré qu’il était toujours d’actualité. Personne n’en a fait un drame ».
Par la suite, la France a souhaité divers arrangements pour moderniser le pont, afin notamment de rendre possible une circulation à grande vitesse. « Les Allemands, maîtres d’ouvrage, ont alors demandé que ce qui excède ce qu’ils doivent réellement à la France soit financé par cette dernière », précise Thierry Jankowski.
Le financement du chantier, dont le coût final doit s’élever à 22,6 millions d’euros, est donc assuré à 75% par l’Allemagne. La mise en service est prévue pour 2010, soit 150 ans après sa première inauguration, en 1861.
Avec AFP

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