Culture

La Fondation Le Corbusier répond aux polémistes

Mots clés : Architecte

L’organisation a réagi le 22 mai dernier au procès intenté à l’architecte disparu il y a cinquante ans au sujet de ses opinions politiques et de son attitude pendant la période de Vichy. A la suite de la publication de plusieurs ouvrages ces dernières semaines, la Fondation a rappelle, dans son communiqué, que ce débat est déjà ancien.

« Vichyste », « fasciste », « antisémite »… depuis quelques semaines, le débat est vif sur les opinions de Le Corbusier et ce à la suite de la publication de plusieurs ouvrages. Dans un communiqué rendu public le 22 mai, la Fondation qui veille depuis 1967 sur la conservation et la diffusion de l’héritage de l’architecte, rappelle que « le procès (…) n’est pas nouveau ». La Fondation Le Corbusier déplore surtout qu’à travers le jugement de l’homme, toute son œuvre architecturale se trouve condamnée. Voici l’intégralité de cette réaction :

 

« A l’occasion de la commémoration du cinquantenaire de la mort de Le Corbusier, une polémique s’est élevée depuis plusieurs semaines concernant les affiliations idéologiques de l’architecte au cours de l’Entre-deux-guerres, son comportement sous Vichy, ainsi que son attitude à l’égard des Juifs.

Dans ce contexte, La Fondation Le Corbusier tient à rappeler que les documents écrits par Le Corbusier et mobilisés contre lui aujourd’hui ont été publiés ou mis à disposition par ses soins. En effet, la Fondation, qui a été créée pour contribuer à la conservation, à la connaissance et à la diffusion de l’œuvre de Le Corbusier, considère que maintenir vivant l’héritage de Le Corbusier ne doit pas conduire à sous-estimer ou masquer certains traits de caractère ou certains comportements de l’architecte. Reconnue d’utilité publique, elle ouvre sans restriction ses archives à tous et juge mensongères les accusations de dissimulation qui lui ont été récemment portées à plusieurs reprises.

La Fondation note sur le fond que le procès intenté à l’architecte, et, au-delà de l’homme, à son œuvre, n’est pas nouveau : des historiens français et étrangers ont déjà eu l’occasion de resituer les faits et les propos dans leur contexte historique. Loin des titres fracassants et des propos simplificateurs, la Fondation appelle à une approche sereine et scientifique d’une période particulièrement complexe. C’est pourquoi elle a décidé d’organiser en 2016, en partenariat avec une grande institution culturelle, un colloque qui traitera de cette période.

Enfin, la Fondation Le Corbusier s’élève contre les nouvelles attaques portées contre l’ensemble de son œuvre architecturale. On peut ne pas apprécier cette œuvre ; la condamner sur la base de présupposés idéologiques et sans démonstration rigoureuse est pour le moins hasardeux. C’est aussi faire fi des dizaines de milliers de personnes qui, dans onze pays, sur quatre continents, vivent et travaillent dans des bâtiments construits par Le Corbusier ou se pressent dans ceux qui sont ouverts à la visite. Ils témoignent quotidiennement de la richesse intellectuelle et plastique d’une œuvre que sa dimension humaniste rend irréductible aux jeux de l’idéologie et du pouvoir. »

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