Transport et infrastructures

La filière hydroélectrique à la recherche d’un nouveau souffle

Mots clés : Energie renouvelable - Gouvernement

« Donnons un nouvel élan à la première des énergies renouvelables ». C’est l’appel lancé par trois organisations professionnelles en faveur de l’hydroélectricité, dans un livre blanc publié le 27 juin. Le but : alerter le gouvernement et le Parlement récemment renouvelé sur les problématiques d’une filière « en difficulté ». 

 

60% de l’électricité renouvelable produite en France provient de l’hydroélectricité. Un chiffre qui laisserait penser que la filière se porte plutôt bien. Pourtant, la conjoncture économique ne lui permet pas toujours de couvrir l’intégralité de ses coûts. La pérennité de la filière s’en trouve même menacée.

C’est en tout cas ce qu’assurent l’Union française de l’électricité (UFE), le Syndicat des énergies renouvelables et France Hydro électricité, dans un livre blanc paru cette semaine . Un ouvrage notamment adressé au nouveau gouvernement et à l’Assemblée nationale renouvelée, afin de susciter une prise de conscience et d’initier des mesures.

 

Des freins identifiés par la filière

 

Ils mettent en avant plusieurs facteurs pour expliquer cette situation. A commencer par une inflation des normes environnementales, rendant la réglementation plus complexe. « L’accroissement incessant des normes bride l’innovation et le développement de la filière », et réduit également « les capacités de l’existant », assènent les organisations professionnelles.

Autre frein identifié par la filière : le poids de la fiscalité locale. Taxe foncière, imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux, cotisation foncière des entreprises, redevance hydraulique. La facture représente, cette année, « un tiers du prix de vente de l’électricité dans le marché actuel », soit 10 euros du MWh.

 

Des marges faibles voire négatives

 

Résultat, les marges des exploitants sont faibles voire négatives. Et les petites centrales, dont la puissance est inférieure à 10 MW, sont en première ligne. En effet, depuis 2013, leurs dépenses (fiscalité/redevance, maintenance/exploitation, amortissement de l’équipement) sont bien supérieures au prix de vente du MWh (environ 15 euros de différence en moyenne en 2015, derniers chiffres disponibles).

« Dans ce contexte, les investissements au profit de la modernisation de l’existant, et a fortiori ceux en faveur de nouveaux développements ne sont pas envisageables », tranchent les auteurs du livre blanc. Pour inverser la tendance, la filière soumet plusieurs idées au gouvernement et aux députés.

 

Des leviers pour faciliter la rénovation et les nouveaux projets

 

L’UFE, le Syndicat des énergies renouvelables et France Hydro électrique en appellent tout d’abord à « réorienter les politiques nationales et européennes, pour une meilleure cohérence globale ».  Devant ce besoin de « simplification et de rationalisation des procédures », la filière souhaite notamment développer l’expérimentation au niveau local des mesures, et propose que les agences de l’eau ou l’Agence française de la biodiversité en financent une partie.

Elle propose également un allègement de la fiscalité locale compensée, pour ses bénéficiaires, par l’augmentation de la taxe carbone. Cet allègement pourrait passer par une exonération de taxe foncière pendant dix ans pour faciliter l’émergence de nouveaux projets. Ou bien par sa suppression temporaire pour les installations existantes, afin de garantir leur maintien et/ou d’inciter à leur modernisation.

Afin de « bâtir un cadre économique stable et incitatif », les auteurs du livre blanc envisagent la possibilité de développer un mécanisme de soutien permettant l’investissement, hors appel d’offres, pour la rénovation des centrales, pour les installations jusqu’à 4,5 MW (il existe déjà pour celle de moins de 1MW). Ils demandent également que soient lancés « rapidement » des appels d’offres pour le développement de nouvelles stations de transfert d’énergie par pompage (STEP, outils de stockage de l’électricité) et prévoyant un autre mécanisme de soutien adapté. L’objectif : « donner un nouvel élan à la première des énergies renouvelables en France » en relançant l’investissement.

 

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