Industrie/Négoce

La filière béton formule ses propositions pour les élections

Mots clés : Béton

Réunis en une toute nouvelle « Filière béton », les 5 syndicats professionnels (SFIC – industrie cimentière ; Unicem – carrières et matériaux ; FIB – industrie du béton ; UNPG – granulats ; et  SNBPE – béton prêt à l’emploi) du matériau ont dressé une liste de propositions à l’attention des candidats aux différentes élections de 2017 pour construire plus, mieux, et en béton évidemment.

En politique comme en économie, tout est souvent question de timing et d’innovation. A fortiori en année électorale. Alors au moment où toutes les associations professionnelles ou d’élus locaux de France et de Navarre interpellent les candidats à l’élection présidentielle et leur proposent des mesures clés en mains pour soutenir leurs intérêts particuliers, la conférence de presse tenue lundi 20 février par 5 syndicats professionnels (Sfic – industrie cimentière ; Unicem – carrières et matériaux ; FIB – produits bétons ; UNPG – granulats ; et  SNBPE – béton prêt à l’emploi) pour présenter les « propositions de la filière béton », aurait légitimement pu susciter un « encore ! » de lassitude.

Et pourtant, l’exercice mené par Raoul de Parisot (président de la Sfic), Alain Plantier (SNBPE), Philippe Gruat (FIB), Pierre Laplante (Rector Lesage) et Gaëlle Pignet (Girad et Fossez & Cie) a présenté ceci d’original que les 7 propositions formulées ont été établies en fonction des problématiques sociales et environnementales qui touchent les Français plutôt qu’à partir des nécessités économiques brutes d’une filière dont l’activité a reculé de plus de 30 % depuis 2008.

Voici donc comment la filière propose de répondre – grâce au béton évidemment – aux attentes (et aux besoins) en matière de logement, d’emploi et de qualité de vie.

En construisant plus d’abord. Et pour ce faire en libérant des  terrains constructibles et en densifiant. « Il faut continuer à inciter les autorités à libérer des emprises foncières en limitant le prix des terrains », a ainsi expliqué Alain Plantier. Et le président du SNBPE de proposer « un programme d’évaluation des réserves foncières souterraines, susceptibles d’accueillir des infrastructures de transport, de réseaux et de logistique ».

Pour la densification, les solutions de surélévation en béton se multiplient mais pour les bâtiments neufs, il faut revoir la conception estime la filière, en axant sur la modularité et la réversibilité, qui sont les mieux à même d’offrir des solutions pour les nouveaux modes d’occupation : mixité des usages ; structure familiale éclatée ; augmentation de la population  étudiante et des seniors. « Un bon exemple est celui d’un immeuble de bureaux dans le quartier de la Cartoucherie à Toulouse », a raconté Pierre Laplante de Rector Lesage. « La réversibilité des lieux, pour pouvoir les transformer le cas échéant en logements, était inscrite dans le cahier des charges. Et le système plancher-dalle préfabriqué qui minimise les refends est idéal« .

Enfin pour faire revenir la nature en ville, la filière défend la construction d’ouvrages qui offriraient la possibilité d’installer des terrasses et des murs végétalisés.

 

Circuits courts

 

En matière d’emploi, la filière – qui revendique 65000 emplois directs – penche vers l’offre locale pour un rééquilibrage entre les métropoles et les territoires. « Les 15 grandes métropoles représentent 75 % de la croissance française », a résumé Philippe Gruat. « Pour éviter la fragilisation accrue des zones rurales, où nos entreprises sont très présentes, il faut privilégier une logique de circuits courts », a estimé le président de la FIB.

Par ailleurs pour un meilleur « dialogue » entre les territoires ruraux, terres d’extractions des sables nécessaires à la fabrication du béton et les zones urbaines et péri-urbaines qui accueillent leur transformation, la filière propose d’expérimenter l’inclusion d’une clause d’économie circulaire dans les marchés publics. « D’ores et déjà nous proposons aux entreprises de venir fabriquer leur béton sur nos sites », a expliqué Gaëlle Pignet qui gère des carrières et des sablières en Basse-Normandie. « Nous avons également créé un service de reprise des déchets inertes de classe 3 pour lesquels nous prévoyons une réutilisation. Ainsi nous avons pu réutiliser les déchets de la démolition de la gare de Saint-Lo pour des projets routiers locaux ».

La filière plaide également pour « l’allotissement qui est une clé d’accès des PME à la commande publique, dont le secteur des matériaux minéraux de construction est principalement constitué » (97 % de ses entreprises sont des PME et 70 % emploient moins de 10 salariés), selon Alain Plantier. Enfin, pourquoi ne pas élargir la clause d’insertion aux emplois locaux ?

Dernier projet de la filière béton et pas des moindres : revaloriser l’excellence française – « qui a débuté il y a de cela 200 ans avec la mise au point du liant hydraulique par Louis Vicat et s’est poursuivie avec le béton armé », a rappelé Raoul de Parisot – en matière de construction. Pour ce faire la filière compte sur ses innovations et sur leur diffusion via l’Education nationale.

Toutes ces propositions n’ont pas encore été adressées directement aux candidats mais gageons qu’ils trouveront le dossier béton.

 

 

Focus

Les 7 propositions de la filière béton

Conjuguer « optimisation de l’espace urbain » et « qualité de vie »

1-    Libérer des espaces qui permettent une densification intelligente, en encourageant la libération des réserves foncières des villes, tout en analysant et mobilisant celles des grandes entreprises publiques, et en évaluant les possibilités offertes par les réserves foncières souterraines ; 

2-    Favoriser la conception des ouvrages évolutifs, modulables et durables, en inscrivant leur développement dans les Plans locaux d’Urbanisme, et les insérant dans les futurs plans en faveur des logements étudiants et bâtiments scolaires par exemple ;

3-    Favoriser le développement de la nature en ville, en associant plus systématiquement « surélévation » et « végétalisation », et en mettant en place des dispositifs d’incitation financière ;

4-    Protéger les personnes et les biens, en engageant une réflexion sur les outils d’évaluation de résistance au feu des bâtiments, et en proposant un moratoire sur les mesures réglementaires actuelles plutôt que leur allègement ; 

Renforcer les liens entre les métropoles et les territoires 

5-    Introduire dans la commande publique un critère d’économie circulaire, en incluant un critère de recyclabilité des matériaux dans les appels d’offres publics, et en élargissant dans ces derniers la notion de clauses d’insertion aux emplois locaux ;

6-    Favoriser la complémentarité rural-urbain, en réfléchissant à la mise en place d’un plan de soutien pour la modernisation, l’adaptation et le renouvellement des infrastructures agricoles, et en soutenant la filière de production de biomasse ;

Revaloriser l’excellence française en matière de construction

7-    Valoriser les expertises et les savoirs de la filière construction, en augmentant les crédits alloués au Centre d’Études et de Recherches sur les Partenariats avec les Entreprises et les Professions (CERPEP), et en formant, en continu, les ingénieurs territoriaux aux possibilités offertes par le béton.

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