Entreprises de BTP

La FFB ne veut pas voir s’échapper la reprise

Mots clés : Apprentissage - Entreprise du BTP - Gestion de l'entreprise

La croissance s’est bien installée dans le secteur du bâtiment, confirme Jacques Chanut, le président de la Fédération française du bâtiment. Au cours d’une conférence de presse de rentrée, il a insisté sur les points clés nécessaires au retour d’une reprise durable : amélioration de la trésorerie des entreprises et de l’apprentissage et réduction de la fracture territoriale.

L’activité du bâtimenta redémarré. Et plus vite qu’espéré. La Fédération française du bâtiment (FFB) a relevé mercredi 14 septembre ses prévisions de croissance d’activité pour les entreprises du secteur cette année, au vu de conditions de crédit toujours « exceptionnelles », d’un retour de la confiance et d’un environnement institutionnel « très favorable ».

« Si la reprise de l’activité se poursuit dans le bâtiment depuis la fin 2015 », note la fédération dans une note de conjoncture à mi-septembre, « la dynamique devrait ressortir un peu plus importante qu’anticipé », avec une croissance de 1,2% attendue, contre 0,9% prévu en novembre 2015.

Au vu d’un « environnement institutionnel très favorable », du « retour de la confiance, d’ exceptionnelles conditions de crédit et de la reprise sur le marché de l’ancien » et de « l’absence de déstabilisation des économies suite au Brexit et aux attentats de cet été », la FFB table sur un « renforcement progressif de l’activité ».

Une activité concentrée dans la construction neuve (hausse de 18% des ventes de logements collectifs, de 14,2% des ventes de maisons individuelles, 375 000 mises en chantiers de logements attendues en 2016 soit une hausse de 8,6% par rapport à 2015), alors que l’entretien/amélioration des logements, qui représente 56% de l’activité des entreprises peine à acquérir une grande dynamique. « Ce marché reste atone même si on a un espoir avec l’augmentation des ventes de logements anciens qui entraînent souvent des travaux d’embellissement ou de restauration », a commenté le président de la FFB Jacques Chanut.

Pour le reste, c’est grand beau temps : les ventes de matériaux sont en hausse (avec par exemple une progression de la production de béton prêt à l’emploi de 2,8 % en juin 2016 par rapport à 2015), les crédits à l’investissement également et les carnets de commandes sont remplis (entre 6,5 et 7,5 mois). Conséquence, le BTP détruit moins d’emplois (11 200 postes supprimés en 2015-2016 à comparer aux 35 600 emplois disparus en 2014-2015). Pour 2016-2017, l’intérim (+ 10 000 ETP) pourrait même venir compenser en totalité la destruction de postes salariés (- 10 000).

Une situation qui fait dire à la FFB que le véritable essor de l’activité « devrait avoir lieu au tournant 2016-2017 ».

 

Des trésoreries toujours fragiles

 

Mais pour que cela se concrétise, Jacques Chanut a appelé d’ores et déjà à prendre à bras le corps trois problèmes.

Première faiblesse : la fracture territoriale. La reprise ne bénéfice pas en effet pas à toutes les zones géographiques. Et cette fracture, qui « n’est pas entre les métropoles et les zones rurales mais entre les territoires attractifs et les autres », a insité Jacques Chanut. « Elle tend même à s’agrandir entre les territoires économiquement et démographiquement dynamiques » et ceux « à l’écart de la reprise, même si les besoins y restent importants ». Pour y remédier, la FFB espère, dans un premier temps, voir encouragée la rénovation de nombreux bourgs et petits ou moyens centre-ville, afin de relancer les travaux d’amélioration-entretien. Ensuite Jacques Chanut compte faire du sujet un « débat central » des prochaines échéances électorales.

Seconde faiblesse : la trésorerie des entreprises. Si « la phase critique semble dépassée », les trésoreries des entreprises sortent très affaiblies de la crise et permettre à ces dernières de se recréer un fonds de roulement est essentiel. « Il est indispensable que les banques, les assureurs et assureurs-crédit et les fournisseurs continuent d’accompagner nos entreprises », a insité Jacques Chanut. « Dans le cas contraire nous connaîtrions la même situation qu’au tournant des années 2000 avec des faillites d’entreprises en pleine période de croissance, ce qui est très mauvais ». Le président de la FFB a dans le même esprit appelé dans le contexte pré-élection présidentielle de 2017, à ne pas casser la confiance des investisseurs en revenant sur des mesures fiscales qui onbt fait preuve de leur efficacité.

Troisième faiblesse et grand sujet de préoccupation : l’apprentissage qui ne redémarre pas. « Nous sommes le seul secteur d’activité dans ce cas ! », s’est alarmé Jacques Chanut. Après une chute de 13% enregistrée à la rentrée 2015, les effectifs de première année de CAP sont en effet encore en recul de près de 1%. Or pour assurer les emplois de demain, l’apprentissage est essentiel. La solution du président de la FFB : « il faut lever les freins à l’apprentissage des jeunes mineurs qui dissuadent les entrepreneurs de les prendre dans leurs entreprises » !

Jacques Chanut trouvera sans doute un bon entendeur lorsque la FFB recevra les candidats de la primaire de la droite et du centre pour l’élection présidentielle (notamment François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy) puis les candidats à une éventuelle primaire de la gauche, appelés à « reconstruire la France ». Pas sûr cependant que les promesses qui seront faites alors seront tenues après 2017.

 

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