Réalisations

La digue de Monaco bientôt sur site…

Face à l’impossibilité d’étendre son territoire, la principauté de Monaco, coincée entre terre et mer, sera greffée, lundi 26 août 2002, de la plus grande digue semi-flottante du monde, destinée à accompagner son développement économique. La digue, conçue pour durer 100 ans, doit permettre de doubler la capacité d’accueil du port de la Condamine et d’en faire l' »un des plus grands ports de plaisance en Méditerranée », selon les autorités monégasques. Immense bloc de béton de 160000 tonnes, 352 m de long, 28 m de large et 19 m de haut, la digue a nécessité trois ans de construction, mobilisé 700 ouvriers et une quarantaine d’ingénieurs de cinq entreprises différentes dans une cale sèche, éfidiée spécialement à Algesiras, port du sud de l’Espagne.

Sa réalisation permettra à la principauté de Monaco de disposer d’un plan d’eau de 700 points d’amarrage, le double d’aujourd’hui, et de recevoir simultanément, pour la première fois, trois paquebots de croisière. Fixée au pied du Fort Antoine, en prolongement du quai Antoine 1er, la digue offrira aussi, sur quatre niveaux, à l’intérieur de sa structure de béton, un garage pour bateaux, un parking pour 400 voitures, deux gares maritimes, des restaurants, des commerces et des bureaux administratifs. L’opération la plus délicate consistera à rattacher à la terre ferme les 160000 tonnes de béton à une rotule en acier de 8 m de diamètre d’environ 700 tonnes. Il s’agira là, selon les experts, d’une première mondiale. « L’union de ces deux éléments mâle et femelle n’est possible que par mer très calme car la tolérance ne dépasse pas le diamètre d’une pièce de 50 cts d’euro », a affirmé Daniel Realini, conseiller au département monégasque des travaux publics. La digue comprend à sa base deux ailerons stabilisateurs de 8 m de large chacun dont le rôle est de s’opposer aux mouvements de roulis et de tangage. Pour l’arrimer au continent, il a fallu créer une presqu’île d’un hectare gagnée sur la mer, comprenant plus de 400000 tonnes de remblais.

A l’autre extrémité, côté mer, la digue sera fixée par 55 m de profondeur à huit chaînes métalliques composées de neuf mille maillons de métal de 100 kg chacun. Le coût de la digue s’élève à 150 millions d’euros. Sa construction s’inscrit dans un programme évalué à 334 millions d’euros pour le réaménagement définitif, à l’horizon 2005, du port de la Condamine incluant une contre-jetée de 145 m de long et de 32000 tonnes, la construction d’immeubles de bureaux, etc.
Le transport de la digue a lui aussi constitué un exploit technique. Sur les 1480 kms entre Algesiras et Monaco, la digue a été tractée pendant douze jours, à la vitesse de 5 km/h, par un remorqueur de la société hollandaise Smith, spécialisée dans le transport des plates-formes pétrolières et qui a participé à la remontée du sous-marin russe, le Koursk.

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