Immobilier

La cour des comptes épingle la « Villa Méditerranée » à Marseille

Mots clés : Finances publiques - Gares, aéroports - Transport maritime

Dans un rapport rendu public vendredi 20 octobre, la cour régionale des comptes Paca épingle la « Villa Méditerranée », un bâtiment situé à l’entrée du port, proche du MuCem à Marseille, érigé par l’ex-président PS de la région Paca, Michel Vauzelle pour plus de 62 millions d’euros.

Inaugurée en 2013, lors de l’année Marseille « Capitale européenne de la Culture », la Villa Méditerranée, bâtiment moderne pourvu d’un immense porte-à-faux au dessus de l’eau et d’un amphithéâtre sous le niveau de la mer, n’a jamais trouvé sa vocation, selon ses nombreux détracteurs.

« La vocation de cet ouvrage a souffert d’une indétermination qui n’a jamais été levée jusqu’à la dissolution, le 31 décembre 2014, de la régie créée pour en assurer la gestion », écrit la cour des comptes dans son rapport définitif, publié le 20 octobre, qui porte sur la période 2011 à 2014, entre travaux préparatoires et la fin de la régie. Elle critique notamment « les coûts non maîtrisés » pour la réalisation de ce bâtiment qui « a coûté plus de 62 M€ HT alors qu’elle devait initialement s’élever à près de 20 M€ ». « L’estimation de l’enveloppe financière prévisionnelle était donc irréaliste », jugent les magistrats dont le contrôle a également « mis en évidence une mauvaise maîtrise des coûts tant au niveau de la maîtrise d’ouvrage que de la maîtrise d’oeuvre et de l’exécution des marchés de travaux ».

Les charges de fonctionnement étaient pour leur part « caractérisées par les poids importants de prestations de service pour assurer la mise en sécurité, la maintenance et l’entretien du bâtiment », soit 48% des charges en 2014 avec 1,7 million d’euros contre un million d’euros pour les dépenses de personnel la même année.

La Villa Méditerranée « a souffert de la faiblesse de la lisibilité de sa vocation », écrit la Cour des comptes notant un montant de recettes d’exploitation « extrêmement faible », les entrées payantes atteignant par exemple un montant total cumulé de 130.885 euros.  

En 2015, une polémique avait éclaté sur l’avenir de la Villa Méditerranée, gérée désormais par un groupement d’intérêt public et qui accueille des réunions internationales notamment de pays du pourtour méditerranéen.

Durant la campagne des régionales de 2015, le candidat LR Christian Estrosi s’était même engagé à la vendre. Une fois élu à la tête de la région, il avait donné son accord à un rachat par la mairie de Marseille pour y implanter un casino. Mais la mairie a ensuite fait marche arrière.

 

Réplique d’une grotte

 

M. Estrosi avait alors annoncé un projet de transformation de la Villa Méditerranée pour y accueillir une reproduction d’une grotte préhistorique sous-marine située dans les calanques marseillaises, la grotte Cosquer.

La transformation de la Villa Méditerranée nécessitera 20 millions d’euros d’investissements qui seront partagés à part égale entre les collectivités publiques (50%) et le privé (50%), avait estimé M. Estrosi.

« Les élus régionaux ont pris acte de la communication du rapport de la Chambre régionale des comptes », a indiqué le conseil régional à majorité LR dans un communiqué. Selon lui « la construction de la Villa Méditerranée a coûté 73,5 M€  et son coût de fonctionnement s’élève à 4,8 M€ par an. Au total, l’édifice a ainsi déjà coûté plus de 100 M€ ». Il confirme également la création d’une réplique de la grotte Cosquer. « Dès 2018, la Villa Méditerranée sera fermée pour lancer les premières études. Elle pourra être ouverte ponctuellement pour accueillir des évènements d’envergure », est-il précisé.

 

 

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  • - Le

    Un scandale évident

    Comment peut-on construire un bâtiment dont on ne connait pas l’usage ? IL existe de nombreux exemples de constructions qui ne seront pas achevées mais dans ce cas, ce n’était pas l’argent qui manquait mais le programme! On a même lancé un appel à propositions pour trouver quoi en faire; C’est ubuesque : au vu et au su de tout le monde, on s’est ingénié à rendre cette coque vide la plus dispendieuse possible par un caisson étanche, un porte-à faux spectaculaire. Il était temps que cette incongruité scandaleuse soit pointée.
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