Economie

La Construction voit venir la fin de l’embellie de 2011

Mots clés : Conjoncture économique

Le BIPE a présenté mardi 29 mars aux adhérents de son Club Construction , les résultats de ses analyses et prévisions 2012-2013 pour les marchés de la construction en France. Conclusion : le rebond de 2011 devrait s’arrêter.

C’était un peu « insolent ». Alors que la plupart des indicateurs macroéconomiques  en France (confiance des ménages et des entreprises, croissance du PIB, emploi) subissaient mi-2011 l’impact de la crise des dette souveraines, les indicateurs de la construction eux opinion des entreprises sur leurs carnets de commandes et leur activité à court terme, mises en chantier ou croissance de la production – tirés par le plan de relance, évoluaient à la hausse.

+ 20.3 % de surfaces mises en chantier tous types de bâtiments confondus dont +18,7 % pour le logement et +22,6 % pour les bâtiments non résidentiels. +12,9 % d’augmentation en valeur des marchés conclus dans les TP… Au total une progression de +4,3 % en euros constants en 2011, après -5,9 % en 2010 (1). Mais voilà venue la fin de l’embellie pronostique le BIPE, société d’études économiques et de conseil en stratégie.


Ralentissement de la production de la branche en 2012 (+2,3 % en euros constants) et 2013 (+0,8 %)

Alors que de premiers signes de redressement sont apparus au 1 er trimestre 2012 sur le front macroéconomique, un début de dégradation des indicateurs de la construction s’est manifesté : solde des opinions des entreprises en baisse, diminution du recours à l’intérim, début de repli des mises en chantier. Pour le BIPE, « le court épisode hivernal de février ne suffit pas à expliquer cette évolution, qui manifeste plus profondément le retard habituel du cycle de la construction sur le cycle macroéconomique ». Conclusion : la construction va subir en 2012 et 2013 le choc différé de la crise des dettes souveraines de 2011.

Par secteur cela donne : pour les mises en chantier de logements , une baisse en 2012 (355 000 en France métropolitaine, contre 400.000 en 2011), suivie d’une stabilisation en 2013. Principales causes : la dégradation des conditions économiques (stagnation des revenus, hausse de la pression fiscale, remontée du chômage) et financières (hausse des taux d’intérêt et diminution de la durée des prêts, réduction des incitations fiscales) qui limitera le pouvoir d’achat logement des ménages.

Un coup d’arrêt va probablement aussi être observé dans les mises en chantier de bâtiments non résidentiels au 1 er semestre 2012, aussi bien dans le secteur des équipements collectifs (contrainte de réduction de la dette publique) que de l’immobilier d’entreprise (résultat de l’attentisme du 2 ème semestre 2011 et des excès de capacités disponibles, dans l’industrie comme dans le secteur des bureaux). On assistera ensuite à une reprise progressive des mises en chantier fin 2012 et début 2013, d’abord tirée par le secteur privé, puis éventuellement par le secteur public local, à l’approche des élections municipales de mars 2014.

Le BIPE prévoit néanmoins une croissance de la production de bâtiments neufs (résidentiels et non résidentiels) de +4,4 % en euros constants en 2012, ceci en dépit d’une baisse probable des mise en chantier. La situation devrait ensuite s’inverser en 2013 : reprise des mises en chantier et stagnation de la production de travaux (prévision BIPE : -0,8 % en euros constant).

Secteur qui tournera particulièrement au ralenti : l’entretien-rénovation . La progression restera en faible, en dépit des besoins d’amélioration des performances énergétiques du parc immobilier (croissance prévue par le BIPE : +1,1 % en euros constants en 2012, puis +1,6 % en 2013.

S’agissant des travaux publics , une solution relais ayant été trouvée à la défaillance de Dexia, l’approche des municipales de 2014 verra comme d’habitude augmenter les investissements des communes en 2012 et 2013, mais de façon nettement moins vive que lors des précédentes périodes préélectorales, une fois encore en raison de l’impératif de maîtrise de la dette publique. Egalement soutenue par les grands chantiers ferroviaires (dans l’attente du lancement des travaux du Canal Seine-Nord Europe), l’activité des travaux publics sera en croissance modérée en 2012 et 2013 (prévision BIPE : +1,3 % et +1,7 % respectivement, en euros constants).

(1) Estimation BIPE

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X