Etat et collectivités

La construction du réacteur nucléaire EPR de Flamanville est décrétée

Le ministère de l’Economie et des Finances a fait paraître mercredi au Journal officiel le décret autorisant la construction du réacteur nucléaire EPR par EDF à Flamanville (Manche). Cette publication a déclenché la colère des écologistes et de plusieurs responsables politiques.

« Les avis favorables de l’Autorité de sûreté du nucléaire et du ministère de la Santé nous sont parvenus il y a quelques jours. Dès lors, plus rien ne s’opposait à la signature de ce décret », a expliqué mercredi le ministre des Finances, Thierry Breton, dans un entretien au journal « Les Echos », jugeant que « le débat démocratique a déjà eu lieu ». Ce décret, signé par le Premier ministre et les ministres de l’Economie, de l’Ecologie et de l’Industrie, « fixe les prescriptions techniques en matière de sûreté nucléaire, de radioprotection et de protection de l’environnement qui devront être respectées dans le cadre de l’exploitation de ce réacteur », précise le ministère de l’Economie dans un communiqué.

L’EPR (European Pressurised Water Reactor), réacteur européen à eau sous pression de 1.650 MW, doit être bâti sur les falaises du Cotentin, au sein d’un site de 120 hectares, par le groupe de BTP Bouygues Construction. Le chantier doit commencer à la fin de l’année, pour une mise en service prévue en 2012. « La construction de ce réacteur contribuera de manière décisive au maintien de l’indépendance énergétique de la France et de l’Europe », a fait valoir EDF, qui « se félicite de la publication » du décret comme une « étape importante confortant le planning de réalisation industrielle du projet ».

Réactions défavorables
L’organisation écologique Greenpeace, qui accuse « le gouvernement et l’industrie nucléaire de vouloir enfermer la France dans un projet de réacteur inutile », a indiqué dans un communiqué sa décision d' »attaquer ce décret en justice et préparer dès aujourd’hui un recours en annulation devant le Conseil d’Etat ». Il s’agit pour Greenpeace d’une « décision irresponsable prise dans la précipitation pré-électorale ». L’organisation « appelle l’ensemble des candidats à la présidentielle à réagir face à ce déni de démocratie en s’engageant à annuler ce décret s’ils sont élus ».

Selon Dominique Voynet, candidate des Verts à la présidentielle, la parution de ce décret au Journal officiel manifeste du « mépris pour la démarche de débat public », son parti politique ayant toujours considéré que le débat mené par le gouvernement sur l’EPR avait été tronqué. De son côté, le candidat altermondialiste José Bové, l’a qualifiée de « provocation ». Quant au Parti socialiste, il « s’engage à ouvrir un débat transparent et approfondi sur l’avenir de l’EPR au lendemain de l’élection présidentielle, pour définir les orientations de la politique énergétique du pays ».
MC avec AFP

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