Matériaux et équipements

La construction alsacienne traditionnelle se revisite à l’Ecomusée

L’Ecomusée d’Alsace à Ungersheim a désigné les lauréats d’un concours qui invitait à concevoir des constructions démontables, mariant le bâti traditionnel alsacien, les savoir-faire d’antan et les approches et outils d’aujourd’hui. Leur montage s’exposera au public à partir de juin.

Conserver oui, mais pas dans le formol. Depuis sa création, il y a plus de trente ans, l’Ecomusée d’Alsace à Ungersheim (Haut-Rhin) se veut le promoteur d’une vision ouverte et évolutive du patrimoine alsacien, non figée dans le passé. Le «Festival Bàuistella» (chantier en alsacien, qu’on prononce boïschtella), qui s’ouvre au public le 1er juin prochain, marque la rencontre entre cette philosophie et l’univers de la construction.

La première édition de cette manifestation montrera au visiteur le chantier de trois constructions expérimentales qui réécrivent les principes du bâti traditionnel régional. Elles sont les lauréates du concours lancé par l’Ecomusée pour la conception de structures aisément montables et démontables, comme le sont les maisons alsaciennes à colombages, qui se classent parmi les biens meubles.

 

Matériaux locaux et naturels

 

«C’est pour nous à la fois l’occasion de renouer le fil de notre histoire et de s’inscrire dans les enjeux du futur», souligne son directeur Eric Jacob. L’Ecomusée est en effet né du regroupement sur son site d’Ungersheim d’anciennes maisons qui menaçaient de tomber en ruine, grâce à la mobilisation de militants du patrimoine régional lassés de le voir péricliter. Mais selon le directeur, le festival Bàuistella «est éminemment moderne par son objet même qui s’inscrit en plein dans le défi majeur du moment, le développement durable». Le concours a encouragé à l’utilisation des ressources locales et naturelles (bois, terre, paille, etc.) et au réemploi des matériaux. En même temps, les équipes ont eu toute liberté d’ajouter des matériaux contemporains et de travailler avec les outils numériques d’aujourd’hui.

Le concours a suscité 25 réponses, d’équipes de compositions très variées. Le résultat, qui distingue deux projets alsaciens sur trois, ne reflète qu’imparfaitement la diversité géographique des candidatures. L’exotique terme de Bàuistella a attiré des candidatures de Marseille et de Rhône-Alpes, par exemple.

Les lauréats démarrent cette semaine leurs fabrications. Le début du montage sur place coïncidera avec l’ouverture du festival. Il sera achevé en juillet et les réalisations resteront visibles jusqu’à fin septembre. Elles reviendront l’an prochain, enrichies de voisines issues d’un second concours. L’Ecomusée compte renouveler l’initiative de la sorte pendant six à sept ans, afin de se constituer un panel d’une vingtaine d’exemplaires d’un patrimoine bâti alsacien du XXIe siècle.

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
Votre avis ?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X