Energie

La Commission européenne présente sa stratégie d’efficacité énergétique

Mots clés :

Chauffage - froid

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Efficacité énergétique

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Réglementation européenne

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Réglementation technique

La Commission européenne a présenté le 16 février la première stratégie destinée à optimiser les systèmes de chauffage et de refroidissement dans les bâtiments et l’industrie. Ce secteur représente 50 % de la consommation annuelle d’énergie de l’UE.

Pour assurer sa sécurité énergétique, l’Union européenne a décidé de se préparer à la transition énergétique mondiale et à d’éventuelles ruptures d’approvisionnement énergétique. Pour cela, l’Europe a décidé de cibler ses efforts sur les systèmes de chauffage et de refroidissement dans les bâtiments et l’industrie. Un secteur qui représente 50 % de la consommation annuelle d’énergie de l’UE. L’objectif à long terme : décarboner son parc immobilier d’ici à 2050 et réduire la consommation énergétique de l’industrie de 4-5 % en 2030 et de 8-10 % en 2050. Ce qui représenterait une économie annuelle d’environ 40 milliards d’euros sur les importations de gaz et 4,7 milliards d’euros sur les importations de pétrole de l’Union, une réduction de 30 % de ses émissions de CO2 et une baisse des dépenses domestiques de chauffage et de refroidissement des ménages de 70 %. De même la part des énergies renouvelables atteindrait 30 % et des technologies novatrices contribueraient à la décarbonation de l’industrie tout en diminuant de 30 à 50 % l’intensité énergétique des processus de production.

Pour atteindre ces objectifs, la Commission a annoncé le 16 février sa stratégie qui passe notamment par la fin des déperditions d’énergie dans les bâtiments, une efficacité maximisée et une part accrue des énergies renouvelables.

 

Rénovation des bâtiments

 

Les bâtiments européens, anciens et mal équipés doivent être rénovés. Mais la rénovation concerne aujourd’hui moins d’1% du parc. La Commission européenne en charge de la stratégie propose donc l’élaboration d’une panoplie de mesures destinées à faciliter la rénovation des immeubles à plusieurs appartements, telles que l’installation d’équipements de chauffage et de refroidissement modernes (pompes à chaleur, par exemple), l’utilisation de matériaux d’isolation et la fourniture d’une assistance sur les étapes à suivre.

Elle propose également de faire la promotion de modèles d’efficacité énergétique éprouvés pour les bâtiments scolaires et les hôpitaux publics, afin de fournir aux autorités concernées des exemples concernant le recours à des sociétés de services énergétiques, l’utilisation de contrats de performance énergétique et de marchés publics ou de solutions d’auto-consommation pour rendre ces bâtiments plus efficaces, des conseils sur la rénovation énergétique et sur l’installation de systèmes de chauffage et de refroidissement faisant appel à des sources d’énergie renouvelables propres.

Enfin, elle prône le renforcement de la fiabilité des certificats de performance énergétique, lesquels seront réévalués dans le cadre de la révision de la directive sur la performance énergétique des bâtiments.

 

EnR

 

Pour accroître la part des énergies renouvelables, complémentaires des travaux de rénovation mais qui ne représentent aujourd’hui que 18 % de l’approvisionnement en énergie destinée au chauffage et au refroidissement, la Commission devrait réviser en faveur des EnR les directives sur la performance énergétique des bâtiments et sur les sources d’énergie renouvelables. Elle met également les aides financières disponibles au titre des fonds structurels et d’investissement européens, du programme de recherche et d’innovation «Horizon 2020» et du plan stratégique pour les technologies énergétiques.

 

Réutiliser l’énergie

 

Surtout, considérant que les installations industrielles et de production d’électricité génèrent d’importantes quantités de chaleur et de froid résiduels qui, actuellement, ne sont pas utilisées et se dissipent dans l’atmosphère ou dans l’eau, la Commission préconise la mise en oeuvre de solutions déjà existantes comme l’alimentation directe par un système de chauffage urbain (à l’exemple de ce qui se fait à Göteborg, en Suède, où plus de 90 % de tous les immeubles à appartements sont chauffés par la chaleur résiduelle provenant des installations industrielles du voisinage (raffineries et usines chimiques), de l’incinération des déchets et de la cogénération et acheminée par un réseau de chauffage urbain de 1000 km).

Elle estime que le refroidissement par la cogénération et les refroidisseurs à absorption (processus de conversion de la chaleur résiduelle provenant d’incinérateurs de déchets ou de raffineries par exemple, pour l’utiliser, pendant les mois d’été, dans des applications de refroidissement), qui transforment la chaleur en froid pourraient être utilisés dans des bâtiments desservis par un réseau urbain. Cette solution est déjà mise en pratique dans de nombreux systèmes de refroidissement urbains. Ainsi, à Vienne, pendant l’été, le système de refroidissement urbain fournit du froid à partir de la chaleur produite par l’incinérateur de déchets avec système de cogénération.

La Commission insiste sur le fait que les autorités nationales et locales peuvent jouer un rôle capital en déterminant leur potentiel économique en matière de chaleur ou de froid résiduel, en créant les réglementations appropriées et en aidant au développement des infrastructures nécessaires pour exploiter ce potentiel.

 

Faire participer les consommateurs et l’industrie

 

Enfin, au coeur du dispositif : les consommateurs. D’après la Commission, les propriétaires, les locataires, les gestionnaires de bâtiments et les autorités publiques devraient pouvoir prendre, en connaissance de cause, des décisions sur la rénovation des bâtiments, les solutions en matière de chauffage/refroidissement fondées sur des énergies renouvelables, les possibilités d’économiser de l’énergie en utilisant des outils avancés de mesure, facturation, contrôle en temps réel du chauffage et du refroidissement et systèmes automatisés. Ils doivent disposer de moyens accrus pour comprendre ce qu’ils peuvent faire, comment structurer leurs projets et accéder au financement.

 

Révisions législatives

 

La réussite de cette stratégie nécessitant un engagement de tous les acteurs concernés, elle s’inscrira dans le cadre de gouvernance économique au niveau de l’Union pour 2030 et les actions concrètes seront mises en œuvre en premier lieu par les révisions législatives de la directive sur l’efficacité énergétique, la directive sur la performance énergétique des bâtiments et l’initiative «Financement intelligent pour bâtiments intelligents» en 2016. Ensuite par la nouvelle organisation du marché de l’électricité et la proposition relative à un cadre concernant les énergies renouvelables en 2016.

Enfin, une série d’actions non législatives sont envisagées dont le développement des travaux de l’initiative de «renforcement des compétences» visant à améliorer la formation des professionnels de la construction, notamment grâce à un nouveau module destiné aux experts du secteur énergétique et aux architectes.

 

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