Performance énergétique

La CCI Nice Côte d’Azur vulgarise les smart grids

Mots clés : Centre commercial - Magasin

L’intégration des bâtiments aux réseaux énergétiques intelligents demeure une question complexe. La chambre de commerce et d’industrie de Nice Côte d’Azur et son club Smart Grids ont rassemblé leurs réflexions sur le sujet dans un guide pour des constructions « Smart Grids ready ». 

Le terme de « réseau intelligent » constitue l’un des mots fourre-tout favoris de notre siècle naissant. Tout le monde y colle le sens qui lui plaît et qu’importe si les néophytes s’y perdent. Dans ces circonstances, les initiatives de la Chambre de commerce et d’industrie de Nice Côte d’Azur (CCINCA) et de son club Smart Grids Côte d’Azur se révèlent les bienvenues. Ils ont notamment publié en octobre dernier un guide de recommandation pour des bâtiments « Smart Grids ready ». Il définit les mesures à appliquer afin qu’un édifice puisse être en mesure de dialoguer avec un réseau électrique.

Ce document synthétise deux études plus anciennes : la Charte Smart Grids Côte d’Azur rédigée en 2012 et le cahier des charges établi par la société Embix pour la zone d’aménagement concerté (ZAC) Nice Méridia. « La présentation de la charte aux secteurs de la construction a soulevé beaucoup de questions autour du déploiement de ces technologies et leurs intérêts, explique Xavier Carlioz, responsable de la filière énergie de la CCINCA. Ce nouveau guide, coécrit par l’ensemble des membres de notre club Smart Grids Côte d’Azur, apporte des réponses à ces différentes interrogations et propose des objectifs de déploiement pour aller plus loin ».

 

Intérêt national, impératif régional

 

L’échange d’informations entre les constructions et les gestionnaires de réseaux offre en principe de nombreux avantages. Le premier modulerait le fonctionnement de ses équipements en fonction des tarifs communiqués par les seconds. La facture de l’usager s’en trouverait réduite. En outre, les administrateurs pourraient maintenir plus facilement l’équilibre entre la production et la consommation grâce aux données transmises par les bâtiments. Cette approche se révèle même indispensable à une intégration poussée de sources d’électricité renouvelable intermittentes ou des véhicules électriques, très gourmands en courant.

Dans les Alpes-Maritimes, ces questions revêtent un caractère beaucoup plus pressant que dans d’autres territoires mieux alimentés : « Bien que raccordé depuis peu à l’Italie, le département se situe à l’extrémité du réseau électrique. À cette situation géographique difficile s’ajoute une forte dépendance énergétique : la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) produit seulement 10 % de l’énergie consommée, remarque le responsable. Cependant, notre territoire peut progresser rapidement. Son potentiel photovoltaïque reste encore sous-exploité. Par ailleurs, le département rassemble un fort vivier d’entreprises spécialisées dans les secteurs de l’énergie et du numérique, dont nombre d’entre elles œuvrent dans les domaines des réseaux énergétiques intelligents. »

 

La technologie attend la réglementation

 

Si les avantages du procédé s’énoncent clairement, les moyens techniques nécessaires à réalisation restent difficiles à cerner. Pour aider le lecteur, le guide établit trois catégories de sites « Smart Grids Ready ». Le « bâtiment communicant » représente l’émanation la plus rudimentaire de la théorie : il envoie seulement sa consommation et sa production au gestionnaire. Les données devront être rédigées selon un standard ouvert et connu. Cette configuration devrait bientôt devenir banale avec le déploiement de Linky et Gazpar.

Second échelon, le « bâtiment auto-géré » dispose d’une gestion technique du bâtiment (GTB) capable certes d’expédier des informations, mais aussi de réceptionner les consignes d’un éventuel organisme de pilotage énergétique du quartier et de les appliquer. La dernière étape, celle du « bâtiment piloté » consisterait à laisser ledit organisme contrôler directement les équipements du site. Néanmoins, cette notion d’opérateur de quartier demeure aujourd’hui au stade expérimental. Elle ne présente pas d’obstacles technologiques majeurs, mais soulève des questions essentielles de réglementation. Xavier Calioz est bien conscient de ces limites : « Les réseaux intelligents ouvrent la voie à des milliers d’applications. Pour le moment, peu sont utilisées, mais les services vont se construire petit à petit. Le club Smart Grids Côte d’Azur a vocation à permettre aux maîtres d’ouvrage d’anticiper et s’approprier au mieux ces évolutions. » L’appel à manifestation d’intérêt Flexgrid, qui soutient la création démonstrateurs dans toute la région Paca, devrait également contribuer à cette dynamique.

 

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