Paysage

La Bourgogne retrouve sa pierre

Mots clés : Produits et matériaux

Les entreprises du paysage de Bourgogne Franche-Comté s’engagent dans l’approvisionnement en circuit court. Première du genre, la convention signée le 7 septembre entre la délégation régionale de leur syndicat et une carrière régionale de pierre naturelle devrait contribuer à stimuler un marché en pleine renaissance.

Une remise de 10 % sur les produits de Pierres Mureuses de Bourgogne (PMB) bénéficie aux quelque 170 adhérents bourguignons et franc-comtois de l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep). Inspirée par la centrale d’achat Unep Services qui référence des fournisseurs nationaux au bénéfice des membres du syndicat, la convention signée le 7 septembre à Créancey (Cote-d’Or) en constitue la première déclinaison régionale. L’Unep Bourgogne Franche-Comté et Pierres Mureuses de Bourgogne, exploitant de la carrière de Molay (Yonne) prévoient d’en réviser chaque année le contenu.

 

Convention pilote

 

Le service juridique national de l’organisation professionnelle à veillé à maintenir les frontières entre le domaine couvert par Unep Services et cette première convention, qui en annonce d’autres : « En cours de négociation avec des fournisseurs de végétaux et des négociants en matériaux de construction, les prochaines signatures interviendront d’ici au printemps 2018 », confirme Franck Furtin. Le président de la délégation régionale résume les objectifs de ces partenariats transversaux : « Générer de l’activité, monter en compétence ».

 

 

Le choix de Pierres Mureuses de Bourgogne, pour ouvrir le bal, ne doit rien au hasard : depuis l’an dernier, l’Unep Bourgogne-Franche-Comté a quitté Dijon pour installer ses locaux à Créancey, dans le show-room du carrier, vitrine commerciale bien visible depuis l’autoroute Paris Lyon d’où les automobilistes voient se détacher l’adresse de son site « pierre-paysage.fr ». Le rapprochement physique entre les deux signataires cumule ses effets avec l’appétit des entrepreneurs régionaux du paysage pour les formations à la maçonnerie en pierre naturelle.

 

Extraction saisonnière

 

La cinquantaine de participants à la journée technique qui a accompagné la signature de la convention a pu mesurer le savoir-faire de PMB dans l’exploitation d’une roche superficielle façonnée par les fluctuations de la surface de la mer à raison d’1 cm par millénaire : pour éviter les périodes de gel et favoriser la formation du calcin, peau protectrice de la pierre, la saison d’extraction se concentre sur trois mois, de mai à juillet. Les salariés consacrent le reste de l’année au tri et au conditionnement, avant une période de séchage de deux ans.

 

Régionaliser le marché

 

« Sur le plan financier, cette convention constitue pour nous une opération blanche », reconnaît Laurent Tuccinardi, gérant de PMB et dirigeant de l’entreprise de restauration de monuments historiques Lavières de Bourgogne, labellisée Entreprise du patrimoine vivant. Présent sur le marché international et national comme en témoigne, en région parisienne, le chantier des Docks de Saint-Ouen, l’exploitant n’en espère pas moins des retombées régionales, à la faveur de la quête identitaire qui caractérise le marché des collectivités comme celui des particuliers.

 

Moteur paysager

 

« Grâce au savoir-faire local et à la proximité, la pierre de Bourgogne se place parfois mieux que le béton, dès lors qu’il s’agit de petites quantités pour des ouvrages sur mesure », affirme Vincent Mayot, le paysagiste concepteur qui a dessiné les aménagements extérieurs de PMB. La pierre de Comblanchien, dans le cœur du village de Virey-le-Grand, près de Chalon-sur-Saône, lui a valu une mention au palmarès 2016 du prix de l’art urbain.

« Il y a 10 ans, on ne voyait jamais d’entreprises du paysage. Elles constituent désormais une clientèle majeure », souligne Richard Contin, responsable commercial régional de Sopro. Selon ce fabricant allemand de mortiers pour pierre naturelle, la clientèle des particuliers accélère cette évolution. « Les clients se montrent sensibles à l’origine régionale du produit », confirme  Philippe Liperi, gérant de « De l’idée au jardin », qui emploie six salariés à Pourrain (Yonne). La septième place mondiale en maçonnerie paysagère, décrochée aux olympiades des métiers de Sao Paulo par un tandem régional auquel participait son apprenti Maxime, désormais intégré à l’entreprise, l’a conforté dans la promotion de ce matériau.

 

Indication d’origine

 

Dans ce contexte porteur, l’inscription des Climats de Bourgogne au patrimoine mondial de l’humanité a donné un coup de fouet au marché. Les entreprises d’extraction, comme SETP, repensent leur aménagement extérieur pour se montrer à la hauteur de cette reconnaissance. Fruit de 20 ans d’efforts de l’association Pierres de Bourgogne et d’une procédure d’enquête publique en voie d’achèvement avec des avis unanimement favorables, un label indication d’origine géographique devrait souffler sur la même braise, d’ici au début 2018. 

 

Focus

Auspices favorables pour Rocalia

Le premier salon Rocalia se présente sous des auspices favorables : « Nous dépasserons l’objectif initial de 8O à 1OO exposants », annonce Claude Gargi, directeur de la rédaction de Pierre Actual, initiateur de l’événement lyonnais dédié à la pierre naturelle et confié à GL Events, du 5 au 7 décembre à Lyon. Pour conquérir les visiteurs, le couplage avec Paysalia, rendez-vous incontournable de la filière paysage concédé au même organisateur, s’ajoutera-t-il à la dynamique propre au matériau en voie de redécouverte ? Des signes encouragent ce pari : « Les français ont bien répondu et tiendront leur rang, parmi les producteurs de pierres comme parmi les fabricants de matériels », se réjouit Claude Gargi. Après la labellisation de l’origine géographique du granit de Bretagne et l’issue positive promise au dossier bourguignon, la floraison de projets de même nature témoigne du réveil des producteurs français : le granit du Sidobre, les grès et granits des Vosges et le calcaire de la vallée du Rhône se positionnent, et placent la filière pierre en tête des industries qui se sont saisies de l’extension des indications d’origines géographique à leur univers, rendu possible en 2O14 par la loi Hamon.

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