Aménagement

L’urbanisation des campagnes ne profite pas aux centres anciens

Trop souvent, la renaissance des campagnes se traduit par des constructions neuves qui déparent souvent les entrées de village tandis que dans les centres anciens, le patrimoine bâti reste à l’abandon.

Les constructions neuves qui déparent souvent les entrées de village, ne sont pas toujours la panacée pour répondre aux besoins croissants de logement et de services partout en France, y compris en zone rurale où affluent de plus en plus d’urbains.
« On constate dans le recensement intermédiaire de 2004 que les territoires qui ont le plus de croissance de population et donc de demande de logements, sont les communes de moins de 500 habitants », indique à l’AFP Nicolas Rousseau.
Ce spécialiste de l’aménagement local vient de réaliser une étude (« Pour une politique de renouvellement rural ») dans le cadre d' »Habitat & Développement », une Fédération d’associations d’aide à la construction publique et privée.

La construction de lotissements et de centres commerciaux hors des bourgs entraîne à terme leur dépérissement et maintient la dépendance à l’égard de l’automobile.
En 2001, 700.000 logements anciens vacants étaient recensés dans les territoires ruraux. A quoi s’ajoutent des bâtiments publics délaissés (postes, écoles) et, selon des estimations d’experts, quelque 65.000 bâtiments agricoles abandonnés chaque année.
Quelques élus ont décidé de s’attaquer à cette situation et de récupérer ces bâtiments pour en faire des logements ou y installer des services plutôt que de laisser essaimer des constructions neuves s’intégrant mal au paysage.
C’est ce qu’a tenté notamment Gilbert Grangeot, maire de Dampierre-sur-Linotte (Haute-Saône), une commune de 730 habitants située entre Vesoul et Besançon. Elle dispose d’une grande mairie sous-utilisée, d’un presbytère et d’une ferme délaissés, alors que l’arrivée des urbains à la campagne fait naître de nouveaux besoins.
Cet enseignant à la retraite a refusé « la politique du coup par coup et mené une réflexion globale sur la situation de sa commune », explique-t-il, et, plutôt que de construire un pôle scolaire hors village comme le prévoyait son prédécesseur, il a décidé « de faire vivre le centre ancien ».
Trois logements seront créés dans le presbytère, un café, un commerce de bouche rouverts, et une crèche et une cantine installées près de l’école. Et dans un souci de développement durable, un chauffage au bois collectif va être installé en exploitant la forêt voisine.

Le Parc National Régional du Massif des Bauges, à cheval sur la Savoie et la Haute-Savoie, a lancé, dans le même esprit, une opération de recensement de ses bâtiments anciens vacants à l’échelle de ses 58 communes (52.547 habitants).
Constatant l’accroissement significatif du nombre de constructions nouvelles et la persistance de plus d’un millier de bâtiments vacants, le Parc a décidé de prendre la situation en main dans le souci de préserver son patrimoine bâti et son environnement.
« Avant d’étendre la ville, il faut réfléchir à ce qui existe et essayer de récupérer l’ancien », résume Nicolas Rousseau, dont l’organisme « Habitat & Développement », conventionné par l’Etat, aide les élus et les particuliers à s’orienter « dans le maquis des procédures » pour mener à bien des réhabilitations d’intérêt collectif.
Des aides financières sont notamment disponibles à différents niveaux (européen, national, régional, départemental) pour ce type d’opérations ainsi que des mesures fiscales.
Béatrice Bretonnière (AFP)

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