Transport et infrastructures

L’Observatoire national de la route veut cartographier l’état du réseau

Mots clés :

Réseau routier

Les routes françaises se dégradent et les budgets d’entretien sont durablement contraints. Pour faire face à ce constat, les acteurs routiers ont créé, le 26 janvier, l’Observatoire national de la route. Sa mission principale : objectiver l’état du réseau routier hexagonal et partager les bonnes pratiques pour poser les bases d’une optimisation des politiques d’entretien.

Réunis au ministère de l’Ecologie, les acteurs routiers* ont signé le 26 janvier une charte d’engagement actant la création de l’Observatoire national de la route (ONR). Ce nouvel outil, dont les travaux seront animés par l’Idrrim, aura pour double ambition d’identifier les politiques techniques les mieux à même de générer une gestion économe du réseau routier, et d’objectiver l’état de dégradation de celui-ci.

Aujourd’hui, de l’industrie routière au secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies en passant par les collectivités locales, tout le monde s’accorde pour affirmer que le réseau routier hexagonal se dégrade. Or, jusqu’à présent, cette appréciation est uniquement issue des observations de terrain jamais consolidées.

Pourtant, les données quantitatives existent, mais certaines n’ont jusqu’ici pas été divulguées – les fameux Indices de qualité des routes nationales ou des ouvrages d’art (IQRN et IQOA) -, d’autres ne sont pas consolidées au niveau national – les données des réseaux départementaux notamment. Si bien qu’il est aujourd’hui impossible d’avoir une photographie précise de l’état de notre million de kilomètres de routes.

 

Quantifier l’état global des réseaux routiers

 

La première mission de l’observatoire sera donc de collecter les données –rendues publiques (voir focus)- des différents gestionnaires afin d’évaluer l’état global des réseaux routiers français et son évolution. Il devra également, selon la charte qui acte de sa création, « établir de manière prédictive la corrélation entre des indicateurs globaux et pertinents d’état du patrimoine et les dépenses globales à consacrer chaque année à l’entretien et l’exploitation de la voirie (et des ouvrages d’art) ». Autrement dit, l’observatoire devra permettre, alors que les budgets des gestionnaires de réseaux routiers sont durablement contraints, de trouver les moyens d’optimiser l’entretien pour préserver un réseau qui assure 88% des déplacements de personnes et des transports de marchandises, et constitue un facteur déterminant de la compétitivité du pays.

 

Le retour du bon sens

 

Une vaste tâche, mais qui semble fédérer et motiver l’ensemble de la communauté routière. « Je vois dans la création de l’observatoire le signe d’une prise de conscience collective de l’utilité de la route, un retour du bon sens », s’est félicité Jacques Tavernier, président de l’Union des syndicats de l’industrie routière française (Usirf), lors de la signature de la charte. Les agglomérations voient pour leur part dans l’observatoire un appui technique qui leur permettrait de faire sortir des projets à l’arrêt faute de capacité d’ingénierie. Sébastien Martin, vice-président de l’AdCF a ainsi émis le souhait que des expérimentations soient lancées entre les agglomérations et les départements, «dont certains sont en avance sur le sujet ». Départements qui ont pour leur part salué la création d’un outil dont l’intérêt a été démontré par une étude réalisée par l’Usirf sur 9 d’entre eux. « Cette étude a montré que le suivi d’indicateurs précis de gestion de routes permettait in fine de dépenser mieux, et plus intelligemment », a expliqué le vice-président de l’ADF Jean-Yves Gouttebel. Enfin l’Etat, par la voix de Claude Morel, chef de cabinet du secrétaire d’Etat aux transports Alain Vidalies, a souligné que cet observatoire « était une initiative unique en Europe », et qu’il serait une « vitrine de l’ingénierie française, publique et privée, en termes de gestion technique et financière du réseau routier ».

 

Focus

Les données routières en open data le 1er septembre 2016

Pour que l’ensemble des informations alimentant l’Observatoire de la route bénéficie au plus grand nombre, le secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies a pris la décision d’ouvrir les données routières relatives au réseau routier national. Outre les données dynamiques de circulations, les informations statiques relatives à l’état du patrimoine (indices de qualité des routes nationales et des ouvrages d’art, IQRN et IQOA), collectées depuis les années 80, seront rendues publiques.

Toutes les données du réseau routier national seront diffusées via un portail internet unique, dont l’ouverture a été programmée le 1er septembre 2016. Seront notamment disponibles l’état du patrimoine et des documents rendant compte de l’activité et de l’utilisation des deniers publics.

*Les signataires de la charte d’engagement actant la création de l’observatoire national des routes sont : l’Etat, l’assemblée des départements de France (ADF), l’assemblée des collectivités de France (AdCF), l’Idrrim (institut des routes des rues et des infrastructures pour la mobilité), l’Union des syndicats de l’industrie routière française (Usirf), et le Syndicat national des entrepreneurs spécialistes de travaux de réparation et de renforcement des structures (Strres)

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