Réalisations

L’isolation anti-incendie du World Trade Center était défaillante

Selon un rapport du très officiel Institut national des normes et de la technologie (NIST), les tours jumelles du World Trade Center ne se seraient pas effondrées après avoir été percutées par les avions kamikazes le 11 septembre 2001 s’il n’y avait pas eu des défaillances au niveau du système d’isolation anti-incendie.

Les conclusions du NIST – un institut dépendant du département du Commerce américain qui a lancé une enquête présentée comme la plus précise sur l’analyse des défaillances dans la construction des tours jumelles – n’accablent pas les architectes ni les bâtisseurs du World Trade Center.
Selon ce rapport, l’impact structurel des avions et les multiples incendies qui ont suivi, provoqués par le kérosène qui s’est échappé des appareils, n’expliquent pas à eux seuls l’effondrement des tours.
« Malgré l’impact des avions et les incendies sur plusieurs étages causés par le kérosène (…), les tours ne se seraient certainement pas effondrées si le système anti-incendie ne s’était pas disloqué en certains endroits », a expliqué Shyam Sunder, un enquêteur du NIST. « Les deux tours se sont effondrées parce que le système de protection anti-incendie a été défaillant » a-t-il ajouté.
Si le système d’isolation anti-incendie avait résisté, les incendies n’auraient pas fragilisé les éléments principaux des constructions qui ont fini par s’écrouler, a-t-il expliqué. De nouveaux systèmes de protection anti-incendie devront être mis au point, a ajouté Shyam Sunder.
Rappelons que comme pour tous les ouvrages de cette époque, la protection incendie était constituée d’un flocage fibreux qui n’a pas résisté au souffle causé par la déflagration. Des enduits projetés ou des peintures intumescentes auraient sans doute été plus efficaces.

Ces conclusions font suite à celles de plusieurs autres rapports officiels qui affirmaient que les tours auraient pu résister à l’impact des avions, mais que l’intense chaleur née de la combustion du kérosène avait affaibli et tordu les poutres de structure en acier.
Il y plusieurs mois, le directeur du NIST, Arden Bement, avait déclaré à la suite des premiers éléments d’enquête que son institut allait émettre des recommandations afin de faire évoluer les normes anti-incendie.

L’enquête conclut également qu’il a fallu environ deux fois plus de temps que prévu aux survivants pour descendre les escaliers d’urgence des tours en feu. Si près de 2.750 personnes ont péri dans les attentats contre le World Trade Center perpétrés par le réseau terroriste Al-Qaïda, le bilan aurait pu être encore plus dramatique. Environ 17.400 personnes se trouvaient dans les tours au moment des attentats qui ont eu lieu le matin et le NIST estime que le bilan des victimes aurait été plus proche des 14.000 si les 50.000 personnes travaillant habituellement dans les deux bâtiments s’y étaient trouvés à ce moment-là.

Le NIST, qui a déjà publié trois rapports sur les attentats du 11 septembre 2001, doit encore rendre publiques ses recommandations finales en juin. Au terme de près de quatre années de recherches exhaustives et de tests, tous les éléments de cette enquête seront publiés en septembre dans un rapport de quelque 10.000 pages.

J-P Defawe (avec AFP)

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