Collectivités territoriales

L’investissement local pourrait dépasser les 50 milliards d’euros en 2018

Mots clés : Etat et collectivités locales

L’agence de notation Standard & Poor’s Global Ratings s’est penché sur les collectivités locales françaises, et plus particulièrement sur leur capacité d’investissement. Sa note, datée du 20 février, tend plutôt à l’optimisme.

 

L’heure de la relance de l’investissement local a-t-elle enfin sonné ? A en croire la dernière note sur le sujet de Standard & Poor’s Global Ratings, il y a de quoi être optimiste. En effet, « les collectivités locales françaises ont montré leur capacité à faire face à la baisse des dotations de l’Etat depuis 2014 », en procédant à d’importants efforts de gestion, note l’agence de notation.

A tel point que, après un début de reprise en 2016, elles pourraient relancer plus fortement leurs investissements ces deux prochaines années. Ils devraient même à nouveau dépasser les 50 milliards d’euros en 2018, situation plus atteinte depuis 2014.

Mais si les besoins de financement seront en hausse, le recours à l’emprunt restera sans doute maîtrisé. En 2016 déjà, alors que l’agence de notation misait sur un niveau de 18 milliards d’euros, les collectivités locales ont en réalité emprunté 2 milliards de moins, grâce aux efforts consentis sur les dépenses de fonctionnement. Il devrait continuer à être sous la barre de 18 milliards d’euros en 2017 et 2018.

 

Un bloc communal en forme

 

Cette relance de l’investissement sera principalement portée par le bloc communal. L’enveloppe globale (re)passera la barre des 30 milliards d’euros, l’effort d’investissement augmentant de 4 à 5% en moyenne par an en 2017 et 2018. Une performance possible grâce aux bénéfices positifs des décisions prises dans le cadre de la loi de finances pour 2017, avec une baisse moins importante des dotations de l’Etat pour le bloc communal (1 milliard de moins que prévu), et la reconduction du fonds de soutien à l’investissement local (1,2 milliard d’euros en 2017).

En se basant sur une stabilisation des dotations en 2018 et malgré l’augmentation des besoins de financement après investissements, le recours à l’emprunt des communes et intercommunalités devrait rester stable. Standard & Poor’s Global Ratings table sur 8 à 8,5 milliards d’euros d’emprunts nouveaux par an.

Mais des incertitudes planent sur ces prévisions. D’une part, du fait de l’entrée en vigueur de la nouvelle carte intercommunale au 1er janvier 2017. « Les fusions et les recompositions nécessitent une période d’ajustement durant laquelle les engagements, notamment en matière d’investissement, pourraient être décalés. » D’autre part car, en fonction des résultats des élections nationales, de nouvelles baisses de dotations pourraient être décidées.

 

Des départements toujours à la peine

 

Du côté des départements, la situation restera tendue. Même si une légère reprise de l’effort d’investissement est anticipée, après des baisses très importantes depuis 2009, il continuera à être faible. Une relance franche semble inenvisageable à cause d’une contribution au redressement des finances publiques stable mais toujours conséquente (1,15 milliard d’euros) et de mesures ayant un impact négatif sur les recettes fiscales.

De ce fait, alors que les besoins de financement vont croître (environ 4% des recettes globales contre 1% en 2016), l’épargne brute des départements poursuit son érosion et leur situation financière sera toujours la plus fragile.

 

Une enveloppe stable pour les régions

 

L’heure ne sera pas à la hausse des dépenses d’investissement pour les régions, mais plutôt à leur stabilisation. En revanche, la bonne nouvelle réside dans l’augmentation de leur capacité d’autofinancement.

Plusieurs facteurs l’expliquent : « La contrainte sur les recettes régionales devrait se desserrer lors des deux prochaines années grâce notamment au fonds de soutien exceptionnel de 450 millions d’euros mis en place en 2017. » Associé à la transformation de la DGF régionale en TVA à partir de 2018, plus stable qu’une dotation, cet élément doit contribuer à renforcer le montant d’épargne brute des régions (5 milliards d’euros en 2018 contre 4,2 milliards en 2016). « Dès lors, le recours à l’emprunt des régions resterait stable, à 4 milliards d’euros environ. »

De façon générale, l’évaluation de Standard & Poor’s Global Ratings confirme les perspectives de reprise de l’investissement public local. Malgré des situations toujours très contrastées selon le type de collectivités territoriales.

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X