Energie

L’industrie photovoltaïque en appelle à la raison

Au-delà de la concertation initiée par les Pouvoirs Publics, d’autres voix se font entendre pour défendre l’industrie photovoltaïque française, notamment en régions. Elles prennent l’opinion publique à témoin.

Le pôle de compétitivité rhône-alpin Tenerrdis associé à l’Institut National de l’Energie Solaire (Ines) a présenté, lundi 24 janvier,  une étude sur la filière industrielle (fabrication de silicium, de cellules, de modules, de systèmes d’intégration, etc.). Le week-end dernier, l’association AIPF s’est offert une page dans un grand quotidien sollicitant un entretien avec les ministres de l’Ecologie et de l’Energie «afin d’exposer (leurs) propositions».Le message est clair : l’industrie photovoltaïque est en danger de mort. Le mot est fort ; il est de la députée PS de l’Isère, Geneviève Fioraso, membre de la commission Charpin, et présente lundi soir. Car l’industrie existe bel et bien — elle compte même plus de 20 000 emplois –, ce que semblent ignorer les responsables de la concertation, selon Tenerrdis et l’AIPF. Cette dernière chiffre à près de 500 millions d’euros
les investissements que les industriels avaient prévus cette année.

Françoise Charbit, déléguée générale du pôle de compétitivité, a, elle, tordu le cou à deux fausses vérités : 1/ «Nous n’avons pas de retard technologique sur la filière au silicium cristallin» ; 2/ «Les projets en cours permettent de nourrir l’espoir qu’une filière couches minces verra le jour en France». Aussi, pour Jean-Pierre Vial, sénateur UMP de la Savoie et co-président de l’Ines, avec son terreau d’innovations industrielles, «la France peut faire jeu égal avec l’Allemagne dans 5 à 6 ans».

Encore faut-il qu’un marché national existe, ce qu’un quota de 500MWpar an n’offrira pas. L’industrie préfère l’instauration d’un système de «corridor» basé sur une baisse du tarif d’achat à chaque fois qu’un volume annuel (1 000 MW par ex.) d’installation est atteint. La prise de parole de l’industrie est aussi le signe que la concertation n’en a que le nom. Consultation serait plus appropriée, selon G. Fioraso. La commission Charpin n’aurait d’ailleurs prévu qu’une remontée des conclusions de ses travaux au cours de la deuxième quinzaine de février. La députée et le sénateur ont donc réclamé une remise officielle du rapport aux ministres et également un débat devant le Parlement. Une façon de mettre J-M. Charpin et C. Trink devant leurs responsabilités.

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