Industrie/Négoce

L’industrie cimentière préfère jouer la prudence pour 2016

Mots clés : Produits et matériaux

Après une nouvelle baisse d’activité conséquente en 2015, les industriels du ciment et des liants hydrauliques visent une stabilisation de la consommation cette année. La profession espère trouver des relais de croissance dans les grands chantiers et la densification urbaine.

Le bout du tunnel aurait-il été atteint en 2015 ? « Oui », a répondu sans grande conviction le Syndicat français de l’industrie cimentière (SFIC), représentant les fabricants hexagonaux de liants hydrauliques (ciments, liants routiers, chaux hydrauliques), lors d’un point de conjoncture le 31 mars. Il faut dire que 2015 s’est révélé particulièrement décevante pour la filière, avec un niveau de consommation aussi bas que celui de 1964, plafonnant à 17,2 millions de tonnes de ciment. Ce marché, en repli de 5,3% par rapport à 2014, aura pâti de l’atonie dans la construction de logements neufs, de la baisse continue dans le non-résidentiel et de l’absence d’investissements dans les travaux publics.

 

Bon début d’année

 

« En consommation, nous perdons environ un million de tonnes de ciment par an depuis 2007 », constate Raoul de Parisot, le président du SFIC élu en juin dernier. Pour autant, le conseiller du président du groupe Vicat se veut optimiste pour 2016 : « Nous pensons avoir atteint le point le plus bas du cycle l’an dernier. Mais même si nous sommes sur une dynamique un peu plus positive, nous restons prudents ». Le dernier trimestre 2015 et les deux premiers mois de 2016 (+3,7% pour la consommation de ciment à fin février et une production qui cesse de reculer) pourraient pourtant jouer les oiseaux de bon augure pour la filière. S’il ne veut pas trop s’enthousiasmer, le SFIC anticipe néanmoins un arrêt de la baisse d’activité cette année et une stabilisation de la consommation aux environs de 17,2 millions de tonnes.

 

Surcapacités

 

Un soulagement pour les membres du SFIC, dont les cinq cimentiers présents dans l’Hexagone (Lafarge France, Ciments français, Eqiom, Vicat et Kerneos), qui ont perdu un peu plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires depuis 2007. En 2015, il a plafonné à 2,3 milliards d’euros, contre 2,5 en 2014. Malgré la conjoncture, les surcapacités restent importantes dans l’industrie cimentière française. En 2015, elle a fabriqué 15,6 millions de tonnes de ciment sur le territoire quand les capacités de production actuelles équivalent à 27 millions de tonnes. Conséquence : début février, Lafarge France a annoncé la fermeture de deux de ses neuf cimenteries (Le Havre et Angoulême) et leur transformation en stations de broyage, impliquant la suppression de 202 postes au total. Alors pour sortir du marasme, l’industrie cimentière compte sur des leviers de croissance bien identifiés : les grands projets comme le Grand Paris Express ou la liaison ferroviaire transalpine Lyon-Turin, et la densification des villes (notamment en sous-sols).

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