Paysage

L’hôpital royal donne naissance au nouveau jardin de Versailles

Mots clés : Architecture - Établissements de soins

Avec un jardin à la française d’un hectare créé dans l’ancienne cour de service de l’hôpital royal de Versailles, l’agence Neveux et Rouyer complète la reconversion urbaine de ce joyau d’architecture classique.

Ouvert au public dans la journée, le jardin qui traverse l’ancien hôpital royal de Versailles donne la clé du paradoxe formulé le 16 avril lors de la cérémonie d’inauguration de la réhabilitation : « Grâce à cette opération privée, l’hôpital royal devient plus public que jamais », s’est exclamé Frédéric Didier, architecte en chef des monuments historiques chargé de la ville et du château de Versailles, maître d’œuvre de la restauration de la chapelle de l’hôpital royal.

 

Public privé : un modèle harmonieux

 

Intégré au projet de l’architecte Jean-Michel Wilmotte, familier des paysagistes Neveux et Rouyer, l’espace public créé par cette agence matérialise le lien entre les différentes composantes du projet : le promoteur Ogic, missionné par Dentressangle Initiatives, a réalisé les 320 logements, dont 25% d’HLM (principalement dédiés aux étudiants), répartis entre un ensemble neuf et l’immeuble historique, construit entre 1789 et 1859 ; initiatrice de cette reconversion qui la débarrasse d’une verrue urbaine et sauve un joyau de son patrimoine, la ville de Versailles a pris à sa charge la rénovation de la chapelle, tout en veillant au respect de la mixité sociale et fonctionnelle de l’opération qui inclut également une crèche, des commerces et un espace d’expositions. Après expiration du délai d’un an de garantie de reprise des plantes, l’engagement de la municipalité se traduira également par l’entretien des espaces verts et des nouvelles voiries. Les concepteurs ont anticipé cette étape dans la perspective de l’abandon des produits phytosanitaires.

 

Végétal minéral : un classicisme assumé

 

« Dans le minéral comme dans le végétal, nous avons utilisé le vocabulaire classique du jardin à la française. Cet espace conçu avec humilité ambitionne de créer un pont entre le site de l’hôpital royal et les jardins de Versailles », résume François Neveux. Versailles ne manque pas de pavés à récupérer et les surfaces de béton désactivé ou de sable stabilisé s’harmonisent avec les teintes de la pierre. Les cordons de pommiers, fournis par les pépinières Châtelain, structurent la palette végétale, dans une composition où la strate herbacée ménage les événements floraux. Le classicisme assumé n’interdit pas une touche de contemporanéité : « Au fil des années, la pousse des arbres créera des ruptures dans la symétrie apparente », annonce François Neveux. L’idée d’un lien entre le nouvel îlot urbain et la ville se concrétise également dans la liaison douce qui sépare l’immeuble neuf de l’ancien hôpital et ménage un accès pour les pompiers.

 

Paysage architecture : une coopération féconde

 

A en croire Frédéric Didier, les paysagistes ont apporté une contribution décisive à l’insertion harmonieuse de l’opération dans le tissu versaillais : « Ils ont su scander l’espace sans bouleverser les perspectives, accompagner l’architecture avec dignité et subtilité ». Le maire François de Mazières se réjouit lui aussi d’une fusion féconde : « Dans six mois, les habitants auront l’impression que ce site s’est toujours présenté ainsi », annonce-t-il.

La prouesse mérite d’autant plus l’attention qu’un chantier lourd a rendu possible l’aménagement de l’espace public : mandataire de ces travaux de quatre millions d’euros qui ont duré deux ans, Colas a ceinturé le bâtiment d’une tranchée drainante de 3 à 4 m de profondeur, pour le préserver des remontées d’humidité. « En raison de la co-activité avec les travaux de monuments historiques,  le chantier a mobilisé jusqu’à 200 personnes simultanément. L’étroitesse des accès sous le porche a imposé beaucoup de tâches manuelles. Seule une pelle de petite dimension a pu pénétrer dans la cour », témoigne Pauline Bertrand, conductrice de travaux chez Colas Ile-de-France. Chef de projets chez Neveux et Rouyer, Sébastien Hamand confirme que « tous ont joué le jeu » : outre Colas, l’hommage s’adresse à Eiffage Energie pour la mise en lumière et à Espace Déco pour les plantations.

 

Ville nature : une fusion réussie

 

Sauveur du site longtemps squatté, plusieurs fois incendié et transformé en « salle de shoot de Versailles » selon son expression, François de Mazières voit dans cette opération le prolongement du destin de Versailles : « Dès son origine,  elle s’est créée sur l’idée du mariage entre ville et nature, stimulé par l’architecture ».

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