Logement

L’habitat participatif fait les yeux doux au monde des HLM

Mots clés : Etat et collectivités locales - Logement social

En 2014, la loi Alur donnait une définition légale à l’habitat participatif. De quoi obtenir un peu plus de reconnaissance de la part des collectivités locales et des bailleurs sociaux, qui se laissent doucement séduire par ces projets portés par les habitants. A Marseille, la tenue des rencontres nationales de l’habitat participatif les 9, 10 et 11 juillet donne l’occasion de faire le point sur le sujet.

L’habitat participatif souhaite se faire une place dans le paysage immobilier français. En 2014, la loi Alur a donné une définition légale à ce que l’on appelle également « l’habitat groupé » et a créé deux nouveaux types de sociétés (coopératives d’habitants ou société d’attribution et d’autopromotion). « On attend les décrets d’application pour la fin de l’année 2015 et le début 2016 », signale Pierre Levy, anthropologue et accompagnateur de projets d’habitats participatifs pour l’association Regain.

Le professionnel souhaite « construire une véritable filière professionnelle » à la suite des rencontres nationales de l’habitat participatif à Marseille les 9, 10 et 11 juillet même si les programmes immobiliers à l’initiative d’un groupe d’habitants restent encore marginaux en France. L’évaluation du nombre de projets lancés demeure difficile puisqu’aucune statistique officielle n’a été lancée mais la plupart des acteurs s’accordent sur 300 à 400 projets « en cours », c’est-à-dire faisant l’objet une réservation foncière.

 

Intérêt des collectivités locales et des bailleurs sociaux

 

Hier, l’habitat participatif intéressait « plutôt des militants politiques ou altermondialistes de la classe moyenne éprouvant des difficultés à se loger face à la montée des prix de l’immobilier, estime Sylvette Denefle, professeure de sociologie à l’université de Tours. Mais aujourd’hui, les collectivités locales et les bailleurs sociaux commencent à s’y intéresser. Promouvoir un projet d’habitat participatif est un bon moyen de développer la démocratie participative sur leur territoire. » En 2013 et 2014, les villes de Paris et Lille ont d’ailleurs lancé un appel à projets pour développer ces types de logements.

Lorsqu’un groupe d’habitants se créé, il définit son projet et recherche une parcelle. S’il veut déléguer la construction du programme, il peut se tourner vers un architecte, un promoteur ou un bailleur social. « Cette dernière solution est privilégiée pour des raisons culturelles et pour apporter de la mixité sociale dans le programme », estime Stefan Singer, fondateur du réseau national des acteurs professionnels de l’habitat participatif et gérant de Toit de choix, qui propose des services d’assistance à maîtrise d’ouvrage.

De leurs côté, les bailleurs sociaux apprécient ces initiatives « parce qu’ils peuvent avoir des opérations vitrines qui s’inscrivent dans la prospective et leur permettent d’interroger leurs méthodes de travail, estime Pierre Levy. En  Provence-Alpes-Côte d’Azur, la région incite les bailleurs sociaux à se tourner vers ce type de projets en prenant en charge financièrement l’accompagnement des habitants. » Jean-Louis Dumont, président de l’Union sociale pour l’habitat (USH) et Marie-Noëlle Lienneman, présidente de la fédération nationale des sociétés coopératives d’HLM (FNSCHLM), sont attendus aux rencontres nationales de l’habitat participatif de Marseille. De quoi laisser espérer Pierre Levy de voir les liens entre le monde HLM et l’habitat participatif se resserrer.

 

 

 

 

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