Paysage

L’équipe de France du gazon rencontre celle du foot

Mots clés : Enfance et famille - Sport

Le centre national du football de Clairefontaine (Yvelines) a offert à la Société française du gazon le cadre idéal pour diffuser le message clé de sa journée technique du 14 mars : la haute technologie donne une nouvelle jeunesse au gazon naturel.

L’agréable sensation du vent dans le dos imprègne les commentaires de Patrick Boisseau, hôte de la journée technique de la Société française des gazons (SFG), ce 14 mars au Centre national du football de Clairefontaine (Yvelines) : « L’Euro nous a fait du bien. Désormais, les coachs des joueurs placent les jardiniers au top niveau de leurs partenaires », observe le jardinier du domaine de 56 hectares, intendant des 10 terrains, dont un bijou qui retient l’attention de ses visiteurs : une surface en GrassMaster, la technologie portée par Desso International (groupe Tarkett) introduite en 2015.

 

Deuxième manche pour GrassMaster

 

Le chantier du second terrain issu de ce fabricant bat son plein, selon un calendrier adapté aux besoins des joueurs : pour garantir la sérénité d’un stage sportif en mettant fin aux impacts sonores des travaux pendant la troisième semaine de mars, les engins lourds laisseront la place aux techniciens de DRTP, chargés de poser les 36 km du réseau de chauffage, composé de tuyaux distants de 8 cm les uns des autres. Confié à  Sparfel pour les travaux et PMC pour l’ingénierie, le chantier s’est ouvert au début du mois par l’excavation. Ce 14 mars depuis le rebord du plateau qui domine le futur stade, les militants du gazon suivent la danse des engins qui, slalomant entre les arroseurs de l’entreprise Sirev, se répartissent l’installation du gravier drainant.

Après la pose du chauffage, s’y ajouteront 5 cm de sable pur, 15 cm de sable chargé en zéolithe, puis la matière organique, les semis de la pelouse et les fibres synthétiques… Le tout d’ici au 15 mai, cinq jours avant le début des entraînements qui serviront de répétition générale, avant les préparatifs officiels de l’Equipe de France au mondial de 2018 en Russie.

 

Jardinier régisseur

 

« Il ne faut pas réduire Grassmaster à l’hybride : je comparerais plutôt le maniement de cette technologie au pilotage d’une table de mixage, actionnant plusieurs manettes pour régler l’eau, l’arrosage, la tonte, la fertilisation, en fonction des conditions météo », analyse Patrick Boisseau. Sans oublier le chauffage programmable en mode pousse ou hors gel, paramétré par trois sondes de températures pour des ajustements différenciés à la racine et en surface. Une qualité majeure du substrat élaboré par Desso International réside dans la bonne capacité racinaire du sable, qui rend le terrain jouable par tous les temps et limite les opérations mécaniques à des aérations à la herse et à la brosse, ainsi qu’à deux à trois topdressing (élimination du feutre) par an.

Les deux premières saisons ont révélé une colonisation importante par les pâturins annuels, qui rendent le terrain glissant. Le scalpage (extraction du couvert végétal sur 2 à 4 cm, pour éliminer les graminées indésirables) éliminera ces intrus en avril : « une opération délicate que nous confions à un spécialiste anglais, et que nous répéterons désormais chaque année », précise l’intendant. Ce chantier, lui aussi, doit s’achever avant le 20 mai.

 

Défi culturel

 

La vitrine de Clairefontaine – qui s’enrichira l’an prochain de deux nouveaux terrains, dans la perspective du mondial féminin de 2019 – apporte de l’eau au moulin et du baume au cœur à la filière française des gazons, qui ambitionne de « développer une culture de la pelouse naturelle en terrain de football », comme l’indique le titre d’une des tables rondes de la journée technique.

Les débats ont montré l’ampleur du défi : « Quand nous avons démarré nos travaux voici trois ans, personne n’avait pris en charge la question de la qualité des pelouses naturelles, qui constituent pourtant 87,3 % des 28 000 terrains homologués », rappelle Michel Raviart, président de la commission fédérale des terrains et installations sportives à la Fédération française du football. La SFG lance son offensive culturelle dans un terrain hostile : l’absence du gazon dans les formations, y compris celle des ingénieurs en paysage de l’Itiape de Lille, navre les professionnels : « On confond encore le gazon et l’herbe », soupire le président de la SFG Jean-Marc Lecourt.

 

 

L’humain au coeur

 

Porté par l’effet Euro comme par sa propre dynamique après une décennie marquée par l’irruption du synthétique, le groupe de travail foot de l’association a profité de la journée technique pour poser les fondations du renouveau de la pelouse naturelle, à travers 15 propositions remises à la FFF. Jean-Marc Lecourt en dévoile la clé : « L’humain au cœur de la pelouse figure au premier rang de ces propositions, car tout repose sur la compétence dans l’entretien ».

 

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