Immobilier

« L’égoïsme territorial » entretient les ghettos selon le président de l’ANRU

Mots clés : Etat et collectivités locales - Politique de la ville - Urbanisme - aménagement urbain

Pour casser les ghettos, il faut travailler sur le bâti, l’aménagement urbain, la création de lien social et d’activité économique, mais également faire appel à la solidarité locale, selon François Pupponi, président de l’ANRU et député-maire (PS) de Sarcelles.

Depuis l’affaire Charlie Hebdo le 7 janvier, les enjeux liés à la mixité sociale et au partage des valeurs républicaines sont dans toutes les têtes. « L’ANRU casse les ghettos et réussi à instaurer de la mixité sociale quand les communes voisines acceptent d’héberger les habitants des quartiers ANRU rénovés comme à La Duchère ou à Vaulx-en-Velin (Rhône-Alpes, ndlr). En Ile-de-France, cela ne marche pas à cause de l’égoïsme territorial », estime François Pupponi, président de l’Agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU) et député-maire (PS) de Sarcelles lors des vœux à la presse de l’ANRU jeudi 29 janvier.

Pour le président de l’entité, les préfets doivent « prendre les choses en main » en sélectionnant eux-mêmes les bénéficiaires des HLM nouvellement construits dans les villes en carence. Sinon, le maire concerné aura tendance à héberger les populations les moins précaires. « Or il faut mettre les gens les plus en difficultés dans ces nouveaux quartiers. Les gens doivent acceptent de partager la misère sociale. Ou alors, nous pouvons aussi assumer que nous vivons dans un pays qui créé des ghettos et qui délègue à l’Etat la gestion du communautarisme. »

 

Le cas de Sevran

 

Depuis quelques jours, Stéphane Gatignon, maire (EELV) de Sevran en Seine-Saint-Denis, alerte les médias. Sa commune ne bénéficiera pas des 5 milliards d’euros de l’ANRU 2 lancé le 16 décembre dernier par le président de la République. « 9 millions de travaux vont être stoppés, 19 millions de travaux qui devaient être lancés en 2015 vont être purement et simplement annulés, 17 salariés de la ville et de la SAES vont être licenciés et 70 projets d’emplois d’insertion vont être abandonnés » s’inquiète l’édile dans un communiqué de presse. Pour François Pupponi, le cas de Sevran est « révélateur ». « Sevran se situe dans une intercommunalité qui capte 40% des ressources de Roissy, et elle est obligée de faire appel à la solidarité nationale. Ce n’est plus possible. Que font les acteurs locaux ? »

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