Paysage

L’Ecole supérieure d’architecture des jardins sur de nouveaux rails

Mots clés : Apprentissages - Architecture

Une année de turbulence a précédé le processus de refondation en cours à l’Ecole supérieure d’architecture des jardins (Esaj), seul établissement privé parmi les centres de formation reconnus par la Fédération française du paysage. Matthias Pottier, administrateur, et Philippe Thébaud, président du comité de pilotage, tracent les perspectives.

En 2017, les étudiants entreront à l’Ecole supérieure d’architecture des jardins (Esaj) pour un cursus de cinq ans, au lieu de quatre depuis sa fondation en 1966. Par cette cinquième année, l’école associative devrait évacuer la menace réglementaire qui pèse sur son avenir : le diplôme d’Etat de paysagiste, créé par un décret de novembre 2014, conditionne l’accès au statut de concepteur paysagiste, institué par la loi Biodiversité du 8 août 2016.

 

Alerte règlementaire

 

Alertés par cette perspective au début de cette année, des anciens élèves avaient lancé une pétition qui a contribué à révéler un contexte de crise : « Les élèves et les profs mélangeaient leur rôle dans une grande confusion », décrit Philippe Thébaut, issu de la première promotion et président, depuis l’été dernier, du comité de pilotage qui accompagne la refondation pédagogique.

Après le remplacement de l’ancien directeur Lionel Guibert, auquel a succédé Cyril Ognar au début avril, une équipe resserrée de 19 enseignants s’est constituée, au lieu de 30. Le tangage du navire a pesé sur l’effectif de la promotion entrante, soit 15 élèves à la rentrée 2016, au lieu d’une moyenne de 20. Mais Matthias Pottier, administrateur de l’école toujours présidée par son père Christian – fondateur de Paysage Actualités – voit l’avenir avec sérénité : « Passer de quatre à cinq ans ne se fait pas en un seul jour, mais l’Esaj enregistre le statut de concepteur paysagiste comme une étape positive pour la profession. Au sein du comité de rédaction du décret 174 qui, avec le ministère et les directeurs d’école, précisera les modalités d’accès au titre, tout le monde nous a félicités », se réjouit-il.

 

Ambiance familiale

 

L’harmonisation européenne des cursus universitaires avait déjà conduit l’Esaj, au cours des années passées, à nouer des partenariats universitaires pour amener ses diplômés volontaires à des master 2 (bac + 5), à travers des spécialisations en urbanisme ou aménagement. « Moins orientés vers la maîtrise d’ouvrage et plus concentrés sur les bureaux d’études que les autres écoles, nous tenons à conserver l’effectif de 80 à 100 élèves qui donne son ambiance de cocon à la vie étudiante, une dimension que nous avions un peu perdue au cours des dernières années », commente Matthias Pottier.

Dans l’immédiat, le comité de pilotage présidé par Philippe Thébaut met en place un dispositif de vérification de compétences et de cycles courts complémentaires, en particulier en botanique, écologie et informatique. Autour de cinq majors de promotion représentatifs de différentes générations de paysagistes issus de l’école, cette instance réunit des compétences en botanique, écologie et histoire de l’architecture. Elle explore les pistes qui renforceront l’employabilité des diplômés : « Dans cinq ans, le Building information model se sera imposé dans la filière. Les élèves seront prêts », parie Philippe Thébaut.

 

Ouverture internationale

 

La souplesse que donne le statut associatif favorisera les partenariats en cours de discussion avec les écoles francophones de Belgique, de Suisse et du Québec. Une bonne maîtrise de l’anglais favorisera l’accès des diplômés aux marchés internationaux. L’Esaj se tient prête à des partenariats plus locaux avec sa future voisine : la Maison du paysage, qui s’implantera en 2017 dans le XXème arrondissement.

L’équipe renouvelée compte sur ces perspectives pour reconquérir l’attractivité qu’elle connaissait jusque dans les années 90, quand l’école nationale supérieure du paysage de Versailles constituait sa seule concurrente. Dans une offre désormais enrichie par Blois, Lille, Bordeaux, Angers et Marseille, comment compenser le handicap d’une formation facturée à 6750  euros par an ? Un projet festif s’inscrit dans le processus de reconquête : avec quelques mois de retard, l’Esaj célébrera son cinquantenaire en 2017.

 

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