Performance énergétique

L’éclairage des bâtiments tertiaires peine à évoluer

Mots clés : Lieux de travail

Une enquête du Centre d’études et de recherches économiques sur l’énergie (Ceren), publiée le 10 octobre, pointe les défauts de l’éclairage dans les bureaux. Des technologies énergivores restent courantes et la qualité n’est pas toujours au rendez-vous.

L’industrie de l’éclairage n’a jamais été aussi créative. La combinaison des diodes électroluminescentes (LED) et de l’informatique ouvre des possibilités inédites en matière de contrôle. Pour autant, les bâtiments tertiaires n’intègrent pas encore ces évolutions. Pis, un certain nombre offrirait encore une lumière médiocre. C’est la principale conclusion d’une enquête réalisée par le Centre d’études et de recherches économiques sur l’énergie (Ceren) pour le compte l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), Réseau de transport d’électricité (RTE), le Syndicat de l’éclairage et Récylum. L’étude, présentée le 10 octobre, met en évidence l’ancienneté des équipements installés dans les bureaux.

Dans sa synthèse, le Ceren estime à 2902 MW la puissance de l’éclairage installé dans le parc immobilier tertiaire français, soit un total de 98,9 millions de lampes (un luminaire peut compter plusieurs lampes). Les tubes fluorescents T8 et T12, des technologies anciennes et énergivores, restent majoritaires avec une part de 46 %. Les tubes fluorescents T5, qui consomment moins d’énergie, arrivent en seconde place avec 19,3 %. Les LED, le procédé le plus économe, ne représente que 10,8 % des sources lumineuses. « Le taux de pénétration de cette technologie reste faible, remarque Bruno Lafitte, référent pour l’éclairage de l’Ademe. Il existe pourtant des dispositifs de soutien à la rénovation des luminaires, tels que les certificats d’économie d’énergie. » Si les seuls bureaux et les salles de réunion étaient équipés de tube T5 ou de LED, leur besoin annuel passerait de 3,7 TWh à 1,9 TWh.

 

Une qualité disparate

 

Autre point essentiel, l’enquête souligne de grandes disparités dans la qualité de l’éclairage. Au niveau des postes de travail, environ deux tiers des bâtiments n’atteignent pas les 500 lux prescrits par la norme européenne NF EN 12 464 et 22 % sont même inférieurs à 300 lux. Par ailleurs, 8 % du parc ne dépassent pas la barre des 120 lux en tous points exigés par le Code du travail. Au-delà de l’intensité lumineuse, les rapporteurs jugent que 30 % des sites possèdent un éclairage « médiocre ». Sous cet adjectif, ils rassemblent plusieurs caractéristiques gênantes pour les occupants : des lampes posées dans le champ de vision, un fort contraste lumineux entre les différents espaces, ou des couleurs trop froides. « Notre réglementation s’est trop concentrée sur la performance énergétique au détriment du confort, observe Lionel Witkowski, vice-président du Syndicat de l’éclairage. Mais je suis confiant. La qualité du bâtiment, et donc de l’éclairage, redevient un sujet de réflexion en Europe. »

A l’image des LED, les systèmes de contrôle restent rares. Environ 10 % des espaces de travail bénéficie d’une détection de présence. « Il y a néanmoins une progression. En 2006, c’était moins de 2 % », précise Jacques Buchet, responsable du département technologie au Ceren. Enfin, 8 % des bureaux et des salles de réunion disposent d’une gradation des luminaires en fonction de la lumière naturelle. « Il y a une réelle distorsion entre nos produits et ces chiffres, conclut Julien Arnal, président du Syndicat de l’éclairage. Mais je suis sûr que nous obtiendrons des résultats très différents dans cinq ans. »

 

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