Industrie/Négoce

L’ascenseur, véhicule de la transition énergétique et de l’adaptation de la société au vieillissement

Mots clés : Ascenseur - Grand âge

La Fédération des ascenseurs présentait mercredi 1er avril ses chiffres annuels. L’occasion de dresser les grands enjeux d’une profession qui a souffert ces dernières années de l’arrêt brutal des travaux de mise en sécurité. Place à l’adaptation au vieillissement et à la transition énergétique.

Des années durant, portée par les obligations de la loi SAE de mise en sécurité des ascenseurs existants, la Fédération des ascenseurs a porté un message unique : sécurité, sécurité, sécurité.
Et puis, de reports en moratoires en choc de simplification (voir Focus), face au ralentissement brutal de l’activité de modernisation (-60 % par rapport au pic de 2008 et – 35 % en 2014 par rapport à 2013), il a fallu trouver autre chose.

Aujourd’hui, la profession qui compte 17700 salariés (3 % de moins qu’en 2013) pour un chiffre d’affaires de 2,46 Mds d’eurosen 2014 (-8 % par rapport à 2013) insiste sur son cœur de métier : celui du transport vertical urbain. Un métier confronté à  deux des grandes problématiques sociétales du moment : le vieillissement de la population et la transition énergétique.

 

Paradoxe

 

« Il existe un paradoxe en France », note Pierre Hardouin, président de la Fédération des ascenseurs. «  80 % de nos concitoyens vivent en ville – c’est l’un des taux les plus élevés d’Europe – mais nous avons l’un des taux d’équipement les plus bas : 0,76 ascenseurs pour 100 habitants ! Or cette population vieillit : en 2030, 30 % de la population française aura plus de 60 ans. Les ascenseurs sont donc essentiels pour que les seniors puissent continuer à vivre chez eux. Mais ce n’est pas tout : alors qu’un effort de construction est entrepris, on installe toujours moins d’ascenseurs, 11500 à 12000 chaque année ! Un immeuble de logements nouveau sur 3 est aujourd’hui desservi par un ascenseur contre un sur 2 en 2001 (les ascenseurs sont obligatoires à partir de R+4 ndlr) »

Alors que le projet de loi d’adaptation de la société au vieillissement est en cours d’examen au Parlement, il est pourtant important d’envisager d’équiper les habitations de moyens de transport vertical. Même les maisons individuelles. «Aux constructeurs d’anticiper ! », juge Jean-Luc de  Tavernier, délégué général en exercice de la FA (il sera remplacé dans un mois par Alain Meslier). « On peut envisager au départ un espace suffisant matérialisé par un cadre et une pré-dalle que l’on peut casser facilement pour installer plus tard simplement un élévateur. Cela se fait au Japon. Ca ne coûte rien. Et d’ailleurs l’élévateur ne coûtera pas plus cher que de réaménager entièrement le rez-de-chaussée de la maison ». Et pour les immeubles dont la cage d’escalier ne permet pas d’implanter une cabine, il est possible de créer en façade un alignement vertical de fenêtres qui permettrait l’installation d’un ascenseur extérieur.

 

Ascenseur autonome

 

L’innovation technologique étant constante dans le secteur, toutes les solutions sont aujourd’hui à peu près envisageables en termes d’espace, de vélocité et surtout de consommation d’énergie.

Et c’est là le deuxième grand enjeu pour la profession : faire baisser la consommation des machines pour apporter son écot à la transition énergétique. « La modernisation d’un ascenseur permet de réduire sa consommation de moitié, de 3400 kWh à 1190 kWh », indique Pierre Hardouin. « Les appareils les plus récents consomment eux 650 kWh, soit 5 fois moins qu’un appareil des années 60 ! ». Et l’on se dirige même vers des ascenseurs autonomes qui utilisent l’énergie qu’ils produisent (mécanique et électrique).

Pour aller plus loin, la profession est en train de travailler à la mise en place de certificats d’économies d’énergie pour les opérations de rénovation ou de remplacement des ascenseurs. Une affaire à suivre. Car sachant qu’un ascenseur représente 5 à 8 % de la consommation énergétique d’un bâtiment et que les 530 000 appareils du parc consomment l’équivalent d’une ville comme Nantes, l’impact en termes d’économies d’énergie ne serait pas négligeable.

Focus

SAE : où en est-on ?

La 1ère échéance pour les travaux à effectuer en priorité et qui concernaient les dispositifs de sécurité contre les accidents graves fixée dans un premier temps en juillet 2008 avait été repoussée à juillet 2010. Une obligation remplie à 96 % en mars 2014.

La 2ème échéance fixée dans un premier temps à juillet 2013 a également été reportée d’un an. Puis l’obligation de réaliser les travaux pour la précision d’arrêt de la cabine a été annulée (sauf pour les ERP). Les autres obligations restent à remplir, notamment l’installation d’une téléalarme. Une obligation remplie à 70%.

Une 3e échéance est fixée à juillet 2018 pour les travaux sur la précision d’arrêt de la cabine des appareils antérieurs à 1983 dans les ERP. L’obligation de travaux sur la survitesse vers le haut a été supprimée.

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