Culture

L’architecte Zaha Hadid est décédée

Mots clés : Prix d'architecture

L’architecte britannique d’origine irakienne Zaha Hadid, prix Pritzker en 2004, a succombé ce 31 mars à une crise cardiaque, à l’âge de 65 ans. Elle restera comme une des rares femmes à figurer au rang des « starchitectes » et comme l’auteure de silhouettes bâties monumentales et souvent spectaculaires, qu’elle a disséminées à travers le monde.

C’est vers 17h30, jeudi 31 mars, que l’agence d’architectes qui porte son nom a confirmé la nouvelle annoncée un peu plus tôt par la BBC : Dame Zaha Hadid, 65 ans, est décédée suite à une crise cardiaque, dans un hôpital de Miami où elle était traitée pour une bronchite sévère.

La plus célèbre femme architecte du monde est née à Bagdad en 1950. Après des études de mathématiques à l’université américaine de Beyrouth, au Liban, elle débute son « voyage architectural » en 1972 à l’Architectural Association de Londres.

C’est en 1979 qu’elle crée, toujours à Londres, sa propre agence – Zaha Hadid Architects – dont la réputation internationale n’a cessé de croître dès la publication de ses premiers travaux théoriques novateurs, notamment pour le Peak Hotel de Hong Kong en 1983, le Kurfürstendamm de Berlin en 1986 et l’Opéra de Cardiff au Pays-de-Galles (1994). Avec son associé Patrik Schumacher, elle a bâti une oeuvre au croisement de l’architecture, du paysage et de la géologie, développant pour cela des technologies innovantes pour réaliser ses formes architecturales dynamiques et parfois inattendues.

Le premier bâtiment à asseoir sa réputation est la caserne de pompiers de Vitra à Weil-am-Rhein, en Allemagne (1993), une véritable sculpture de béton ; puis parmi ses grandes réalisations suivantes, on note le MAXXI (musée national des arts du XXIe siècle) à Rome (2009) avec ses volumes complexes et ses murs curvilignes, sans doute l’œuvre d’art principale de la collection. En 2011, elle livre le centre aquatique des Jeux olympiques de Londres 2012 puis en 2013, le Heydar Aliyev Centre de Baku (Azerbaïdjan). Autant de bâtiments qui illustrent selon ses associés « sa quête d’un espace complexe et fluide ». Le Rosenthal Center for Contemporary Art de Cincinnati (2003) et l’opéra de Guangzhou en Chine (2010) restent également en mémoire comme des oeuvres futuristes aux concepts visionnaires tant en termes de design que de matériaux et de construction.

Récemment cependant, ses « folies conceptuelles » lui avaient joué de mauvais tours : son projet de stade olympique pour les JO 2020 de Tokyo avait été annulé à quelques mois du début des travaux. En cause, un doublement des coûts, qui approchaient les 2 milliards d’euros, et un concept « disproportionné ».

 

 

Au cours des dernières décennies, Zaha Hadid a sans doute incarné la femme architecte. Ou plutôt la femme « starchitecte ». Elle aura été ainsi une des très (trop ?) rares représentantes de la gent féminine à avoir ses entrées dans la cour des grands bâtisseurs du XXIe siècle. Elle restera ainsi comme la première femme à avoir décroché, dès 2004, la récompense suprême, le prix Pritzker. Double lauréate du RIBA Stirling Prize, le plus prestigieux prix d’architecture du Royaume-Uni (en 2010 pour le MAXXI Museum de Rome et pour la Evelyn Grace Academy), Praemium Imperiale, Zaha Hadid a été anoblie en 2012, devenant « Dame Zaha Hadid, Commandeur de l’Ordre de l’Empire Britannique ».

En France, cette Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres a réalisé le terminus Hœnheim, gare de tramway à Strasbourg (objet d’une mention au prix de l’Équerre d’argent en 2001) ; en 2011, la tour de bureaux CMA-CGM à Marseille (Bouches-du-Rhône); et en 2012, le bâtiment Pierresvives à Montpellier (Hérault) qui réunit archives départementales, médiathèque et office des sports.

Enseignante internationale, Zaha Hadid était notamment titulaire d’une chaire à l’institut du design d’Harvard. Elle avait récemment été la première femme à recevoir la médaille d’or du Royal Institute of British Architects (Riba). A cette occasion, Sir Peter Cook avait déclaré : « Soyons honnêtes, nous aurions pu attribuer cette médaille à une personne de valeur mais consensuelle. Nous ne l’avons pas fait. Nous l’avons attribuée à Zaha : hors-norme, pleine d’audace et toujours sur le coup. Notre héroïne. Quelle chance nous avons de l’avoir à Londres. »

 

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