Réalisations

L’architecte qui dessine des bâtiments pour y planter des arbres

Mots clés : Architecte - Architecture - Démarche environnementale

Apôtre de la conception bioclimatique, l’architecte vietnamien Vo Trong Nghia dessine des « bâtiments pour arbres ». Nouvelle coqueluche de l’architecture en Asie, il collectionne les récompense et se rêve un avenir à la Norman Foster…

 

Depuis qu’il est revenu de l’édition 2012 du « World Architecture Festival » avec dans ses bagages les trophées de la maison et de l’école de l’année, Vo Trong Nghia est un homme pressé. Sollicité par les écoles d’architectures, il quitte régulièrement son Vietnam natal pour aller porter la bonne parole aux étudiants chinois, singapouriens ou encore australiens.

Son prêche pourrait se résumer ainsi : « concevez des bâtiments qui accueillent des végétaux avant d’héberger des hommes ». Formé à l’Université de Tokyo, Vo Trong Ngha dit y avoir acquis « une méthode de travail et l’honnêteté », mais c’est avant tout sa ville, Ho-Chi-Minh-ville, capitale économique du Vietnam,  qui influence son coup de crayon. Dans les rues de celle qui portait autrefois le nom de Saigon, les édifices aux marquises et toitures débordantes se sont fait voler la vedette par les nouvelles tours de verre. Spectateur de cette métamorphose, Vo Trong Nghia souhaite offrir une alternative aux  « édifices aux typologies importées d’occident et inadaptées au climat du sud du Vietnam »,

L’architecte Vietnamien a, au fil de ses expérimentations, élaboré une nouvelle architecture tropicale qui, si la théorie Darwinienne de l’évolution s’appliquait aux constructions, serait certainement la seule à « survivre » dans le Sud-Est Asiatique. Ses réalisations qui accueillent des centaines de végétaux, aussi bien en toiture qu’en façade,  sont en symbiose avec l’atmosphère chaude et humide du Sud-Est Asiatique.

Implantée au milieu d’une longue série de maisons mitoyennes d’Ho Chi Minh, sa réalisation baptisée « Stacking Green » –  dont la traduction française donnerait un maladroit « empilement de vert » – semble être le seul bâtiment à sa place. En remettant à Vo Trong Nghia, en 2012, le prix de la maison de l’année, le jury du World architecture festival avait souligné que cette habitation familiale aux dimensions typiques de la péninsule indochinoise –  4m de large pour 20 m de profondeur –  offrait « une réponse élégante à la fois aux problèmes de sécurité, d’intimité, de confort et de lumière, et ce de manières poétique et économique ».

 

 

Ses murs poreux – mi-minéraux, mi-végétaux – permettent de ventiler naturellement sur toute la hauteur de la maison. Ainsi, la famille occupant la maison depuis deux ans ne se sert qu’occasionnellement de la climatisation et paye une facture plusieurs fois inférieure à celle d’une maison dont le rafraîchissement est assuré par des systèmes actifs.

 

 « Sur chaque projet nous nous demandons combien d’arbres nous pourrions planter »

 

Les plantes serviront également à réduire la consommation énergétique du nouveau bâtiment de l’Université technique d’Hanoi. Pour ce projet, l’agence de Vo Trong Nghia a cette fois empilé des « pots » sur sept étages de manière à offrir une façade composée de « balcons pour arbres ». L’implantation de végétaux devant chaque baie vitrée présentera l’avantage de limiter les calories des rayonnements solaires directs  tout en laissant pénétrer une importante quantité de lumière naturelle. Cette conception par empilement de « pots » est  une déclinaison verticale de sa « House for trees », maison constitués de cinq « pots » géants accueillant des banians, arbres aux racines aériennes.

 

 

Pour Vo Trong Nghia, le végétal est une obsession. Chargé de rénover une maison à Hanoi, avant même de s’occuper du bâtiment, il a commencé par installer un treillis d’acier tout autour de manière à y faire grimper des plantes. Et quand une banque demande à ses équipes de dessiner leurs nouveaux bureaux, s’ils reprennent  les codes architecturaux des édifices financiers en dessinant des rangées d’imposantes colonnes qui s’élèvent sur deux étages en façade – éléments censés symboliser la solidité et  la stabilité de l’établissement -, c’est pour mieux y planter des arbres. Remplis de terres ces colonnes permettront d’accueillir des arbres aux racines profondes.

Architecte sollicité, Vo Trong Nghia dit désormais commencer la discussion avec le maître d’ouvrage par la question suivante : « Peut-on faire une maison pour arbres ? ». « Si la réponse est négative, nous n’allons pas plus loin », assure-t-il.

Autour de ses partenaires –tous japonais – gravite une équipe d’une cinquantaine de personnes qui ne cesse de grandir. Admirateur du « système Norman Foster », Vo Trong Nghia compte bien  s’inspirer de son modèle britannique pour implanter ses « bâtiments pour arbres » aux quatre coins du monde. « Je dois juste comprendre comment Norman Foster fait pour offrir la même qualité architecturale sur chacun de ses projets alors qu’il travaille avec plus de 1000 collaborateurs», précise le jeune ambitieux.

 

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  • - Le

    Bug

    Norman Foster , son modèle « américain » ? hmm ne serait-il pas anglais ….
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    • - Le
      En effet, Norman Foster est bien anglais. Désolée pour ce « bug ».
      Signaler un abus
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