Culture

L’architecte Paul Chemetov écrit à Agnès Vince

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Architecte

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Conservation du patrimoine

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Gouvernement et fonction publique

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Lutte contre l'exclusion

Paul Chemetov prend sa plume pour déplorer, auprès du ministère de tutelle, le triste sort réservé à certains de ses immeubles et, plus largement, au patrimoine architectural récent…

On l’avait vu avec les tristes affaires de la Halle de marché de Fontainebleau, de l’école d’architecture de Nanterre de Jacques Kalisz et Roger Salem, laissée à l’abandon ; sans compter le mépris affiché pour le musée de l’Arles antique d’Henri Ciriani, ou la démolition des HLM de Courcouronnes de Paul Chemetov : le patrimoine architectural récent est traité avec la plus grande désinvolture. Une attitude pour le moins surprenante au moment où sont censés se mettre en place tout à la fois une « Stratégie nationale pour l’architecture », une loi qui (ré)affirme l’intérêt de la création architecturale et la création d’un «label du XXIe siècle».

Paul Chemetov, précisément, s’en désole dans une lettre adressée à Agnès Vince, directrice chargée de l’architecture à la direction générale des patrimoines du ministère de la Culture, au sujet de la CPAM De Vigneux ; lettre que nous reproduisons ci-après.

 

Chère Agnès Vince,

Lors de son délibéré du 14 janvier dernier, le tribunal de grande instance a rejeté notre action visant à la préservation du bâtiment de la CPAM de Vigneux, pourtant inscrit à l’Inventaire Culturel de l’Ile-de-France. Ce jugement a été prononcé, mais non signifié, ce qui laisse sans doute un répit pour réagir.

Ce jugement n’est pas le premier, il s’ajoute à l’affaire du Musée d’Arles Antique d’Henri Ciriani, comme de la démolition des HLM de Courcouronnes, dont je fus l’architecte.

Les attendus du jugement sont contestables : la promesse de dépose de la fresque de Paul Foujino est un leurre, puisqu’il s’agit de carrelage apposé sur les murs courbes du bâtiment, et qu’il faudrait donc déposer les murs courbes ; Comme l’évocation du choix d’un autre local en centre-ville, alors qu’il s’agit d’une dation en échange de quelques bureaux dans le futur projet.

En l’occurrence, les services de l’état ont été défaillants pendant l’instruction du permis de démolir, puisqu’ils n’ont pas signalé la protection dont la CPAM faisait l’objet, ni même fait respecter les dispositions du PLU de Vigneux.

Je vous ai adressé ces jours derniers un document préconisant la démolition d’autres équipements et du bâtiment de R+9 des briques rouges, labellisé lui Patrimoine du XX° siècle.

Pour toutes ces raisons, à quoi sert d’affirmer l’intérêt de la création architecturale et la création d’un nouveau label du XXI° siècle, à quoi sert également l’engagement d’un certain nombre d’architectes et de professionnels, dont je suis, dans la Stratégie Nationale pour l’Architecture?

Croyez, Chère Agnès Vince, en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Paul CHEMETOV

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