Transport et infrastructures

L’annonce de la reprise des travaux à Notre-Dame-des-Landes suscite une avalanche de réactions

Mots clés : Administrations, banques, bureaux ouverts au public - Etat et collectivités locales - Gares, aéroports - Réglementation

La préfecture de Loire-Atlantique a annoncé vendredi 30 octobre que l’État engageait la « reprise des travaux » du projet d’aéroport. Un premier appel d’offres pour des travaux de débroussaillage a été publié. Dès cette annonce, pro et anti aéroport se sont livrés à une bataille de communiqués.

Vendredi 30 octobre, la préfecture de Loire-Atlantique a informé de la reprise des travaux « les élus des collectivités concernées, ainsi que les représentants des chambres consulaires, lors du comité de pilotage qui s’est tenu le 30 octobre 2015 ». Dès le lundi précédent, la préfecture avait publié au BOAMP, un appel d’offres pour des travaux de débroussaillage de la desserte routière de l’aéroport, ceux-ci devant s’engager « à partir de 2016 ».

Pour le préfet, cette annonce fait suite au rejet par le Tribunal administratif de Nantes, le 17 juillet dernier, des recours déposés contre les arrêtés préfectoraux qui autorisaient le lancement des travaux. « L’État a donc demandé aux maîtres d’ouvrage de la future plateforme et de sa desserte routière de mettre en oeuvre les démarches qui permettront de démarrer les travaux », a simplement indiqué le préfet.

Rappelons que le 20 octobre dernier, le Premier ministre avait confirmé la poursuite opérationnelle du projet  et souligné la « parfaite conformité au droit » du projet d’aéroport, déclaré d’utilité publique en 2008. « Ceci se traduit en particulier par le règlement des indemnités d’expropriation, la reprise des relations avec les entreprises et le lancement de marchés spécialisés », avait-il précisé.

L’appel d’offres lancé lundi dernier porte sur des « travaux de débroussaillage, de rétablissements d’accès et de clôtures de la desserte routière de l’aéroport du grand ouest », préalables à la réalisation de la route à 2 x 2 voies qui y conduira et sera reliée aux RN137 (Nantes-Rennes) et RN165 (Nantes-Lorient). Les entreprises ont jusqu’au 23 novembre pour répondre à cet appel public à la concurrence qui fixe à 24 mois le délai d’exécution du marché à compter de sa notification. « En parallèle, l’État poursuit le déroulement des procédures administratives, dont celles portant sur le campagnol amphibie (une espèce protégée, NDLR) et sur l’évaluation environnementale du projet, dans le strict respect du droit national et communautaire », précise le communiqué.

 

Décision logique et légale…

 

Pour les partisans du projet de transfert de l’aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes, « ces décisions étaient attendues et logiques ». «  En validant les arrêtés préfectoraux, le tribunal a rajouté une décision favorable aux 150 décisions précédentes, collectives ou individuelles, qui toutes ont été dans le même sens » indiquent-ils dans un communiqué cosigné par une quinzaine d’élus socialistes dont Jacques Auxiette, président de la région Pays de la Loire, Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre ou encore Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole.

Les élus rappellent que le projet pourra « s’appuyer sur le protocole sur l’emploi, qui concerne le chantier (5,4 millions d’heures de travail) et l’exploitation de la future plateforme, signé en 2013 avec les collectivités locales et le concessionnaire ; et sur la convention avec la Chambre d’agriculture, concernant les terres agricoles conformément aux recommandations de la commission du dialogue mise en place fin 2012 ». Et le communiqué de conclure que « ces décisions sont de bon sens au regard de l’évolution du trafic aérien dans l’Ouest ». En 2014, l’aéroport de Nantes-Atlantique a accueilli plus de 4 millions de passagers, avec 4 ans d’avance sur les prévisions les plus optimistes de la Déclaration d’utilité publique. L’été 2015 a de nouveau vu tous les records de fréquentation battus, avec le chiffre historique de 500 000 passagers pour le seul mois d’août.
Même satisfaction à droite par la voix de Bruno Retailleau, candidat LR aux régionales qui « appelle désormais le gouvernement à faire preuve de courage et de fermeté en faisant évacuer la ZAD dans les plus brefs délais ».

Dans les milieux économiques, c’est le soulagement. « C’est une excellente nouvelle pour tout le Grand Ouest car on va pouvoir enfin créer les 3 500 emplois et 5,4 millions d’heures de travail concernés par ce chantier » soulignent dans un communiqué commun Bruno Hug de Larauze, Président de la CCI Pays de la Loire et de Ouest Logistique et Alain Daher, Président de la CCI Bretagne.  Les deux présidents concluent en appelant « les entreprises et évidemment les entreprises de l’ouest, à répondre en nombre à ces appels d’offres et nous demandons à l’Etat d’être particulièrement vigilant pour que ces entreprises ne soient ni intimidées, ni menacées, ni saccagées comme trop souvent sur ce dossier ».

 

Ou passage en force ?

 

En revanche, dans le camp des opposants, cette annonce est prise comme « un nouveau passage en force ». « Comment peut-on, un mois avant de dérouler le tapis vert aux chefs d’Etats du monde entier pour la COP21, envisager de dérouler un tapis de béton à Notre-Dame-des-Landes ? » s’interroge Sophie Bringuy, candidate EELV aux régionales. Ce lundi 2 novembre, les écologistes nantais, qui font pourtant partie de ma majorité municipale, ont brutalement quitté la séance du conseil municipal et refusé de participer au débat d’orientation budgétaire. Pascal Chiron adjointe au maire EELV et vice présidente de Nantes Métropole estime que cette annonce est « un coup de canif dans le contrat ».

De son côté, l’Acipa, la principale association d’opposants au projet d’aéroport « dénonce l’ambiguïté de ce communiqué ». « Il s’agit d’une opération de communication autour d’un simple appel d’offres pour d’éventuels travaux. Cet appel d’offre vient dans la continuité des procédures administratives que les porteurs du projet (État et Vinci) sont obligés de respecter » explique l’association qui fait remarquer que «  l’État n’a toujours pas déposé de demande de permis de construire pour les installations qui sont de sa responsabilité, comme la tour de contrôle ». L’Acipa estime qu’avec cette annonce, « le Premier ministre prend le risque d’activer un vent de révolte citoyenne à la veille de la COP21 ».

Sur place, l’occupation de la ZAD continue. Dans un communiqué, les Zadistes  souhaitent avec ironie, voire menace « bien du courage à toutes les entreprises gagnantes de l’appel d’offre ». Et ils s’apprêtent  à lancer de nouvelles manifestations, dont un convoi en tracteurs et vélos qui partira de Notre Dame des Landes le 21 novembre pour se rendre à Paris lors de la COP21.

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X