Environnement

L’analyse du cycle de vie: futur outil indispensable pour construire durable ?

Et si l’analyse du cycle de vie (ACV) était l’outil qui allait enfin permettre de choisir les solutions les plus vertueuses écologiquement et économiquement sur le long terme pour construire ou réhabiliter un bâtiment ? Le 9 novembre dernier, l’atelier «Bâtiments neufs et réhabilités: méthodologies d’ACV présentes et futures» du congrès avniR (voir encadré ci-dessous) a présenté, dans la métropole lilloise, la très complexe méthode de calcul et son intérêt pour le secteur du bâtiment.

Pour réduire l’empreinte environnementale du BTP, une seule solution: analyser le cycle de vie des matériaux et de leur mise en œuvre. C’est ce qu’ont martelé les experts présents à l’atelier «Bâtiments et ACV». La méthode de calcul reste cependant complexe et compliquée à manier. Il s’agit en effet de calculer le «coût» environnemental d’un matériau, depuis son extraction jusqu’à sa fin de vie, en intégrant la consommation d’énergie nécessaire à sa fabrication et sa mise en œuvre, son transport jusqu’au chantier puis sa durée d’amortissement, sans oublier la production de CO2 tout au long de ce cycle.

 

Modèle mathématique

 

Certains outils opérationnels basés sur cette technique sont déjà disponibles. L’association Alliance HQE a ainsi mis au point un modèle mathématique permettant d’évaluer le bénéfice entre une déconstruction et une rénovation. En France, 65% des logements sont antérieurs à 1975 et ne répondent donc à aucune réglementation thermique. A l’heure de la réhabilitation, les maîtres d’ouvrage doivent mettre en balance le bénéfice escompté au plan énergétique et le coût de la réhabilitation au plan environnemental (production de gaz à effets de serre, déchets engendrés, dangereux ou non, consommation d’eau et d’énergie). L’analyse du cycle de vie apporte des éléments précieux au décideur.

 

LMH teste l’ACV en réhabilitation

 

Lille Métropole Habitat (LMH), bailleur social construisant chaque année 300 logements dans la métropole lilloise, a expérimenté une approche ACV pour la réhabilitation d’un lotissement à Wavrin (Nord). Construit en 1975 en préfabriqué modulaire, sans aucune isolation, l’ensemble a fait l’objet d’une rénovation lourde. «Nous avons calculé l’impact des matériaux, les consommations prévues sur le chantier, et les déchets engendrés, pour une période de 50 ans d’exploitation, afin de comparer le coût avec ou sans rénovation, explique Romain Vermaut, responsable des programmes immobiliers. Pour le poste énergie, avec la rénovation, les économies réalisées, au bout de 50 ans, se montent à 70%. En revanche, l’impact des déchets dangereux est nettement supérieur, à cause du poste peinture.» Pour améliorer ce bilan, LMH a choisi une peinture éco-labellisée, entraînant un surcoût d’1,30 euro au mètre carré mais avec un impact déchets dangereux nettement moindre. «L’ACV est un vrai outil d’aide à la décision, assure Romain Vermaut. Auparavant, on se focalisait sur la consommation d’énergie. A présent, on prend en compte la totalité de l’impact environnemental, durant le chantier et au-delà.»

 

Focus

Le septième congrès avniR du cd2e met l’accent sur l’intérêt de l’ACV pour le bâtiment

Le cd2e, pôle d’excellence régional des Hauts-de-France sur les éco-activités, a consacré son septième congrès annuel à l’analyse du cycle de vie (ACV), un outil prometteur pour réduire l’impact des activités humaines sur l’environnement. Suivies par quelque 3OO professionnels et experts, ces journées d’études ouvertes par l’économiste américain chantre de la 3e révolution industrielle, Jérémy Rifkin, se sont déroulées les mercredi 8 et jeudi 9 novembre à Villeneuve-d’Ascq (Nord). Elles se sont notamment penchées sur le secteur du bâtiment. Gros consommateur de matériaux naturels et d’énergie le secteur va se trouver confronter à des pénuries de ressources naturelles. Le sable, par exemple, ne se renouvelle pas suffisamment rapidement pour couvrir un prélèvement estimé annuellement à 5O milliards de tonnes au niveau mondial (7 tonnes par habitant et par an). En bout de chaîne, les déchets issus de la construction représentent plus d’une tonne par an par habitant européen. Et aujourd’hui très peu d’entre eux sont valorisés.

 

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