Environnement

L’amiante retarde d’un an la mise en service de l’extension du tramway parisien

Mots clés : Bâtiment et santé - Établissements de culte, funéraire - Transport collectif urbain

La mise en service du tramway T3, entre la porte de la Chapelle et la porte d’Asnières, à Paris, n’interviendra que fin 2018, soit avec un an de retard. En cause, l’amiante naturel ou actinolite.

Initialement annoncée pour la fin 2017, la mise en service du prolongement du T3, de la porte de la Chapelle à la porte d’Asnières (4,3 km), n’interviendra qu’un an plus tard. En cause, la découverte d’amiante naturel ou actinolite dans les revêtements de chaussée sur le tracé du tramway. Pour rappel, l’actinolite a été détecté pour la première fois en juillet 2013 à l’occasion de repérage d’«amiante industriel» (ou chrysotile) avant travaux, diligentés par le conseil général des Deux-Sèvres.

«En phase étude nous avions déjà effectué, fin 2012, début 2013, une campagne de repérage amiante avant travaux. Avec la découverte de l’actinolite, nous avons lancé une campagne complémentaire de repérage. Résultat: la surface amiantée était beaucoup plus importante que celle initialement repérée. Elle s’étendait sur 79 000 m2 contre 20 000 m2 au départ. D’où une multiplication des chantiers de désamiantage sur tout le parcours», explique Kamel Bahri, responsable du service prévention à la direction de la voirie de la mairie de Paris.

 

Nouveaux appels d’offres

 

L’obligation de lancer de nouveaux appels d’offres pour traiter les zones amiantées additionnelles à une époque où les entreprises certifiées sont encore peu nombreuses (la nouvelle réglementation amiante date de mai 2012) va constituer un premier facteur d’allongement des délais. Vient s’y ajouter, en avril 2015, une divergence avec l’Inspection du travail sur les mesures à mettre en place lors de la réception des travaux. Pendant la phase d’échanges avec l’Inspection du travail, la mairie décide de stopper les opérations de désamiantage. Elles reprennent en septembre 2015 avant de s’interrompre à nouveau en décembre, suite à une demande d’arrêt de chantier émanant du même organisme.

«L’entreprise concernée ainsi que la Ville de Paris ont contesté cette décision devant le tribunal de grande instance. Le juge par sa décision a permis la reprise des travaux», poursuit Kamel Bahri. Les travaux de désamiantage peuvent alors reprendre à la mi-février 2016. «Si le chantier dans son ensemble a été ralenti, il ne s’est jamais totalement arrêté. Pendant ce temps-là, les travaux de déviation des réseaux se poursuivaient sur les zones déjà désamiantées», précise le responsable du service prévention.

 

Achèvements en cours des travaux préparatoires

 

Aujourd’hui, le chantier de désamiantage touche à sa fin. Trois entreprises sont intervenues: Eurovia et sa filiale Cardem et Colas. Process utilisé: la déconstruction au brise roche hydraulique ou le décroutage «à l’humide». Les travaux concessionnaires vont bientôt se terminer eux aussi pour laisser place (enfin) au chantier proprement dit d’extension du T3.

 

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