L'Actu

L’affaire Sacyr – Eiffage : vos réactions

Voici, en période électorale, une bonne occasion de réfléchir au concept de « libéralisme économique ».
Soit l’on se réclame de ce libéralisme, et alors, il est normal et logique qu’une entreprise cherche à s’emparer d’un concurrent en achetant ses actions (au prix fort !).
Soit l’on refuse le libéralisme, au nom de l’intérêt national, et il va falloir définir quelles sont les entreprises qui doivent être protégées (ou nationalisées). Si la réponse est assez simple pour certaines grandes infrastructures, elle devient plus problématique dans la plupart des cas.
Soit l’on veut « panacher » le libéralisme et l’étatisme, ce qui ouvre la voie à l’arbitraire, au lobbying, à la corruption etc..
Soit l’on préfère le pragmatisme propre aux USA: imposer le libéralisme aux autres, l’ignorer pour soi-même. Avec les résultats que l’on sait.
Je n’ai bien entendu pas la réponse, sinon, je me serais présenté aux élections !
Pierre Clerc (02/05/2007)

Sacyr possède plus de 32 % d’Eiffage. C’est aujourd’hui un fait qu’on ne peut feindre d’ignorer. Comment imaginer pouvoir le priver durablement de siéger au Conseil d’Administration de ce groupe, quand bien même il en est concurrent direct ?
Quant à encadrer les acquisitions des sociétés privées cotées, je demande à voir dans le contexte actuel. Les réactions actuelles font penser aux péripéties de la fusion Mittal Arcelor… pour finalement aboutir à une prise de contrôle pure et dure de Mittal !
L’avenir nous dira ce qu’il en sera pour Eiffage, mais à priver trop longtemps Sacyr de ses droits, la réaction de celui-ci pourrait être similaire.
Dominique Diharce (29/04/2007)

Bien que n’étant pas actionnaire d’Eiffage, j’apporte mon soutien à M. Roverato, dont la seule raison de son action est de protéger le constructeur du viaduc de Millau, qui a un destin international à renchérir pour la réputation de notre pays, de son entreprise et de ses ingénieurs, techniciens et ouvriers. Nous sommes un peu trop habitués en France à des prétentions du type de celles des Espagnols, qui considèrent qu’il suffit de « se procurer » suffisamment d’actions, pour s’emparer de nos entreprises.
J’ai appartenu à une entreprise dont on parle beaucoup depuis les 574.8 Km/h (en retraite aujourd’hui). Si, d’aventure, il prenait envie à nos politiciens de privatiser la SNCF, rien d’étonnant alors qu’elle devienne la propriété d’un Coréen, d’un japonais eu autre investisseur étranger. Peut-on accepter ces comportements? Je réponds NON !
Que le gouvernement cesse de bavarder inutilement et prenne la décision de protéger nos grandes sociétés afin que cesse ce démantèlement de notre patrimoine, qui ne peut profiter qu’aux familiers du CAC 40 !
Jean Maurette, ingénieur ENPC (19/04/2007)

Ma seule remarque est d’amplifier les mots même du président d’Eiffage. Ce dernier déclarait donc : « Sacyr est le concurrent d’Eiffage sur tous ses métiers. »
Le point est bien entendu à vérifier mais pourrait-on autoriser qu’un concurrent direct pénètre le conseil d’administration d’un dit concurrent où s’élabore sa stratégie ?
C’est la seule question est c’est une question relevant du droit de la concurrence : Est-ce qu’une minorité d’assemblée peut empêcher que le jeu de la concurrence ne joue pleinement son rôle ? Dans ces conditions est-ce que le jeu de la concurrence pourrait être encore totalement garanti ?
Je précise par ailleurs ne détenir ni directement ni indirectement à quelque titre que ce soit de titre de propriété de Sacyr ou d’Eiffage.
Jean-Michel Bourgois, président de la SAS Ecole Chez Soi (19/04/2007)

Le raid de Sacyr sur Eiffage est moralement inacceptable et son opération met en évidence le nationalisme de certaines entreprises de la CEE.
Comment penser qu’un groupe tel que Sacyr veuille rentrer au Conseil d’Administration de son concurrent direct sans volonté de bloquer la stratégie de ce concurrent ?
Comment qualifier les manipulations des actionnaires espagnols qui ne peuvent que léser les autres actionnaires d’Eiffage ?
N’est-il pas temps d’encadrer sérieusement ces opérations purement spéculatives qui ne peuvent que desservir la compétitivité des entreprises européennes.
Guy Mora (19/04/2007)

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