Transport et infrastructures

L’abandon du projet d’autoroute entre Nantes et La Rochelle suscite de vives réactions

Mots clés : Gouvernement - Réseau routier

Par la voix du député PS de Vendée Hugues Fourage, le président de la République a tranché. Le projet d’autoroute A831 devant relier Fontenay-le-Comte (Vendée) à Rochefort (Charente-Maritime) est enterré. «Une volte-face inacceptable» pour les milieux économiques locaux.

C’est dans un simple communiqué, non démenti, que le député de Vendée Hugues Fourage a dévoilé la décision du président de la République. «Le président Hollande s’est finalement prononcé contre la prorogation de la déclaration d’utilité publique qui arrivait à échéance le 12 juillet prochain», écrit le député dans son communiqué. En conséquence, «le projet de l’autoroute A 831 est enterré», déplore-t-il en ajoutant que «les raisons de cette prise de position ne me sont pas connues politiquement».

Le député affirme avoir été «informé de source officielle de l’arbitrage» rendu par le Président «entre la position du Premier ministre Manuel Valls et (celle) de la ministre de l’Ecologie», Ségolène Royal. En juillet 2014, Madame Royal, ancienne présidente du conseil régional de Poitou-Charentes, s’était opposée au projet de l’A 831 et avait refusé de lancer le dossier de consultation des entreprises sur cette autoroute d’une soixantaine de kilomètres.

La ministre avait mis en avant des motifs liés aux difficultés de financement du projet et à la protection de l’environnement, arguant notamment des «conséquences de la traversée (par l’A 831) du Marais poitevin», parc naturel régional.

De son côté, Manuel Valls avait annoncé en mars dernier le lancement d’un nouvel appel à candidatures d’entreprises et indiqué qu’il allait soumettre au Conseil d’État un décret visant à la prorogation de la déclaration d’utilité publique du projet.

 

«Dogmatisme idéologique»

 

A l’exception des écologistes, ce projet, dont le coût est estimé à 900 millions d’euros (dont 137,5 millions d’euros pris en charge par l’Etat), est soutenu par les acteurs politiques et économiques locaux. Cette liaison qui avait pour objectif d’améliorer la fluidité du trafic, la sécurité et d’éviter la traversée de plusieurs agglomérations, notamment par des poids lourds, était en effet très attendue par les entreprises de la région. «Alors que le gouvernement martèle à longueur de temps, l’emploi, l’emploi, l’emploi, il est inconcevable de se priver de projets faisant consensus politique et ayant bénéficié de compensations environnementales exceptionnelles» ont déploré Bruno Hug De Larauze, président de la CCI Pays de la Loire et Joseph Moreau, président de la CCI de Vendée.

«Une fois de plus, l’intérêt des citoyens et des entreprises est pris en otage d’un dogmatisme idéologique de quelques personnes qui affaiblissent nos territoires et font rétrograder notre pays. Ce n’est plus acceptable !» écrivent les deux présidents dans un communiqué commun.

A gauche, les personnalités politiques locales qui soutenaient le projet sont gênées. En revanche, à droite, les critiques fusent. Yves Auvinet, président de conseil départemental de Vendée a refusé de se rendre à une conférence de presse sur la sécurité routière qui devait se tenir aujourd’hui. «J’ai décidé de ne pas m’y rendre, pour marquer mon exaspération devant l’attitude scandaleuse de l’Etat sur l’A 831. Je rappelle que la réalisation de l’A831 doit notamment permettre de sécuriser la RD 137, qui est la route la plus dangereuse de Vendée, avec en moyenne trois fois plus d’accident que sur le reste du réseau départemental» a-t-il expliqué.

Enfin, le sénateur Les Républicains de Vendée, Bruno Retailleau estime que cet abandon est «un véritable scandale, un immense gâchis. Un coup de poignard dans le dos du Sud Vendée».

 

Commentaire de Bruno Retailleau sur France 3:

 

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