Profession

Jean-Louis Missika répond à la polémique sur Réinventer Paris

L’adjoint chargé de l’urbanisme à Paris, qui est à l’origine de l’appel à projets innovants dont les résultats ont été dévoilés le 3 février, dénonce le caractère « diffamatoire » des propos tenus par la présidente du Conseil de l’Ordre, dans une interview publiée sur le site de Télérama. Catherine Jacquot y affirmait que la plupart des équipes candidates « n’ont pas été payées. »

Ce que dit Catherine Jacquot « relève de la diffamation ». Jean-Louis Missika, l’adjoint à l’urbanisme de la maire de Paris, Anne Hildalgo, est furieux. Dans une interview publiée sur le site de Télérama, la présidente du Conseil national de l’ordre des architectes a en effet fustigé l’appel à projets innovants Réinventer Paris dont il est à l’origine. Quelques jours après l’annonce très médiatique, le 3 février, des 22 lauréats de cette consultation d’un nouveau genre, elle y dénonçait le fait que « la plupart des équipes (…) n’ont pas été payées ! Des milliers de gens ont travaillé pour rien. » « Cette information est fausse » a rétorqué Jean-Louis Missika, d’abord sur Twitter. Puis, joint par « Le Moniteur », l’élu a développé : « Nous avons pris la peine de vérifier et si nous n’avons pas encore l’intégralité des résultats, nous avons maintenant la conviction que la majorité des 75 équipes d’architectes, mais aussi les bureaux d’études, qui étaient finalistes, ont été payés par les promoteurs. Cette accusation est donc intolérable.»

Jean-Louis Missika précise alors « que notre cahier des charges demandait qu’un contrat soit établi entre les architectes et le promoteur. S’il ne précisait pas qu’il fallait une rémunération, c’était pour ne pas décourager les équipes intéressées par les plus petits sites et qui ont accepté de travailler de manière collaborative. Mais les sociétés de promotions professionnelles ont, elles, bien rémunéré leurs concepteurs. »

 

Consultations de promoteurs

 

La mairie de Paris n’a donc effectivement pas pris sur ses propres deniers pour payer les équipes mais l’élu rappelle que « la Ville ne le fait que quand elle organise elle-même un appel d’offres ». Or ce n’est pas ce type de procédure qui a été retenue pour Réinventer Paris. La Mairie de Paris et ses opérateurs s’engageaient à vendre leurs actifs aux promoteurs dont les équipes proposaient les projets les plus novateurs et Réinventer Paris a été fondé sur le principe des consultations de promoteurs. Ce choix est aussi critiqué par l’Ordre, Catherine Jacquot estimant que « la Ville se défend en disant que c’est une consultation de projets de valorisations foncières menés par des promoteurs privés. Ce qui est légalement vrai, mais philosophiquement irrecevable ! »

Jean-Louis Missika rétorque alors que « pour beaucoup d’architectes, Réinventer Paris est une bouffée d’oxygène ». Et Jacques Baudrier, son conseiller sur les questions d’architecture, d’ajouter : « Il est évident qu’il y a une vraie question, aujourd’hui, sur la place de l’architecte dans la société. Mais ne mélangeons pas tout. Cet appel à projets est plutôt un événement propre à faire progresser l’architecture. » Et Catherine Jacquot n’était pas loin d’être d’accord, puisqu’elle a estimé que « sur le fond, il y a là quelque chose de très intéressant dans la manière d’aborder la question de la ville et de l’architecture. »

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  • - Le

    Intérêts bien compris

    Si on comprend bien, la Ville de Paris fait payer sa publicité par les promoteurs, mais le leur rend bien, en défendant bec et ongles leurs intérêts contre les associations (Tour triangle, Samaritaine, halle Secrétan, massacre de la Poste du Louvre, main basse sur les Serres d’Auteuil…). Tout cela bien sûr au nom des intérêts supérieurs de la collectivité, du combat du progrès et de la modernité contre la ringardise et le passéisme, du nécessaire développement du logement social, des équipements sportifs, de l’activité économique, …
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  • - Le

    Merci à Mme Jacquot

    Pour moi qui me suis désinscrit de l’Ordre, je dis cette fois merci à Mme Jacquot. N’importe lequel d’entre nous s’est fait cette remarque, désolante… Quant à la réponse de M. Missika, nous ne savons pas si elle est triste ou à pleurer ! Je me souviens d’une SEM très connue me disant que le projet urbain que j’avais dessiné était très intéressant (comme le président de la Maison de l’Architecture), mais que « les promoteurs n’en voudraient pas » !!! Livrer une politique urbaine aux promoteurs, c’est le contraire d’une véritable politique urbaine, digne, courageuse, humaine, intelligente… tous les exemples le montrent.
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