Entreprises de BTP

Jean-François Roverato : « non à une fusion avec l’espagnol Sacyr »

Le PDG d’Eiffage a affirmé mercredi que son groupe pouvait se développer « tout seul », en réponse à la montée dans son capital de l’espagnol Sacyr qui a franchi le seuil de 5% et souhaite étudier un rapprochement.

« Le groupe peut continuer à se développer tout seul et a dit non à une fusion avec l’espagnol Sacyr », a déclaré Jean-François Roverato, à l’occasion d’une conférence de presse de présentation des résultats 2005. « Non à une fusion. En revanche, oui à des collaborations », a-t-il ajouté.
Le groupe espagnol de BTP Sacyr Vallehermoso a franchi le seuil de 5% du capital du groupe français et a informé Eiffage qu’il souhaitait étudier un rapprochement « excluant toute intention hostile », avait indiqué mardi le groupe français.
Mais le conseil d’administration d’Eiffage a unanimement répondu qu’il n’envisageait pas de projet de rapprochement avec Sacyr Vallehermoso.
Appelé à faire un commentaire sur le sujet lors de la présentation de ses résultats annuels mercredi matin, le PDG de Vinci, Antoine Zacharias a indiqué qu’il n’était « pas étonné » de l’intérêt qu’avait manifesté Sacyr pour Eiffage.
Un tel rachat est-il « souhaitable » ?, s’est-il interrogé. « C’est une opinion personnelle, mais je crois que non », a –t-il répondu.
De son côté, le PDG du groupe Bouygues, Martin Bouygues, a indiqué qu’il trouvait « assez prévisible » la montée de l’espagnol Sacyr au capital d’Eiffage, estimant que ce groupe était un « reflet » du capitalisme français.
« Je n’ai pas de commentaire à faire, c’était assez prévisible », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse, après la publication des résultats annuels du groupe. « Nous ne sommes pas concernés », a-t-il ajouté.
« Il est clair qu’Eiffage a un capital qui n’est pas contrôlé, et qu’il est le reflet d’une partie importante de l’économie française », a-t-il cependant ajouté.
« A partir du moment où vous avez un actionnariat français très faible, il faut en accepter les inconvénients », a-t-il poursuivi.

Si Eiffage n’est pas à vendre, Jean-François Roverato a déclaré avoir reçu « plusieurs sollicitations » pour racheter sa part de 17% dans le concessionnaire autoroutier privé Cofiroute, laissant entendre que l’opération pourrait se faire plus vite que prévu. « Cofiroute a été évalué par d’autres à 5 milliards d’euros », a précisé M. Roverato. Il avait indiqué en décembre qu’il comptait vendre cette part en 2007.
Interrogé mercredi sur cette échéance, il a précisé: « nous n’avons jamais été aussi proches du jour où on allait la vendre ». Il n’a cependant pas indiqué de date soulignant que cela se fera « selon les opportunités. »
En décembre, il avait déclaré: « je la vendrai s’il y a un acquéreur en 2007 ». Le fait d’attendre 2007 pour vendre cette participation qu’Eiffage détient depuis 35 ans aux côtés de Vinci et Colas (Bouygues) permettra à Eiffage « d’économiser 100 millions d’euros », pour des raisons fiscales, avait il également expliqué.

Au chapitre des éventuelles acquisitions, outre Amec-Spie qui intéresse fortement Eiffage, M. Rovatero a dit avoir « d’autres dossiers ». Mais, si « nous n’avons pas de nouveaux projets de croissance externe intéressants dans les 16 mois qui viennent (date de départ de la direction générale de M. Roverato, ndlr), nous rendrons l’argent à nos actionnaires », a-t-il indiqué, par le biais de rachat d’actions.
Rappelons qu’Eiffage est en train de racheter en consortium avec le fonds australien Macquarie, le concessionnaire autoroutier Autoroutes-Paris-Rhin-Rhône (APRR) que l’Etat a privatisé.
Jean-Philippe Defawe

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Eiffage a publié son bénéfice net pour 2005, qui ressort en hausse de 33% à 303 millions d’euros contre 228 millions d’euros un an plus tôt.
Le groupe de BTP table en 2006 sur un chiffre d’affaires de 10,3 milliards d’euros.

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