Paysage

Jardins : un festival anti-crise pour le tourisme azuréen

Mots clés : Manifestations culturelles - Sécurité publique - Tourisme

Le premier festival des jardins de la Côte d’Azur mettra cinq villes des Alpes-Maritimes sur le devant de la scène : Antibes, Cannes, Grasse, Menton et Nice. Du 1er avril au 1er mai 2017, le département des Alpes-Maritimes et ses partenaires espèrent attirer 400 000 visiteurs et répondre à la crise du tourisme, accélérée par l’attentat du 14 juillet dernier à Nice.

Quatre prix ressortiront, parmi 10 projets de jardins éphémères admis à concourir sur des parcelles de 200 m2, dans les cinq villes qui accueillent le programme In du premier festival des jardins de la Côte-d’Azur : le jury, la presse, le public et les professionnels désigneront les lauréats issus de la présélection désignée le  24 octobre dernier, parmi 24 dossiers. Porte-parole de la manifestation programmée du 1er avril au 1er mai 2017, le paysagiste Jean Mus a orchestré cette première étape en multipliant les regards réunis dans un comité technique de 15 personnes : « Qu’ils viennent de France, d’Italie, d’Allemagne ou de Suisse, ces créateurs ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Ils rappellent les origines européennes de l’art de vivre véhiculé par les jardins de la Côte d’Azur », a souligné l’icône des jardins méditerranéens, le 9 novembre à Paris, lors du lancement officiel de la communication du festival. Outre le thème de la Côte d’Azur, les candidats ont approfondi celui de « l’éveil des sens », thème de la première édition.

 

Manne européenne

 

Devant les autorités locales qui portent l’événement, Jean Mus ne s’est pas privé de marquer son territoire : « Les élus passent, les jardins restent… ». Mais seuls les premiers ont explicité leurs objectifs politiques : « Après l’attentat dramatique du 14 juillet dernier, ce festival contribuera à donner une nouvelle impulsion à notre économie touristique qui fait mieux que résister », se réjouit Eric Ciotti, président du conseil départemental des Alpes-Maritimes. David Lisnard, président du comité régional du tourisme (CRT) de Côte-d’Azur, prophétise « un printemps du tourisme azuréen, attaqué par la tragédie du 14 juillet, mais aussi par la détérioration de l’image de la France ».

Des espèces sonnantes et des objectifs chiffrés accompagnent ces déclarations : le département, qui apporte 600 000 euros au festival, subventionne à hauteur de 20 000 euros chacun des 10 jardins candidats, dont les communes hôtes assureront l’entretien. 10 000 euros récompenseront le lauréat du prix du jury. Le comité régional du tourisme annonce 220 000 euros pour la valorisation touristique du festival. La manne européenne a puissamment pesé sur les engagements locaux : le festival s’inscrit dans le projet de coopération transfrontalière franco-italien Jardival, doté d’1,8 millions d’euros sur 18 mois dont 80 % apportés par l’Union européenne. Le département français coordonne les 9 partenaires du projet qui, outre l’aspect événementiel, finance des rénovations de jardins dans la Riviera italienne et dans la Cote d’Azur.

 

Un off foisonnant

 

En contrepartie de ces efforts, les Alpes-Maritimes attendent 400 000 festivaliers et des retombées pour toute l’année 2017 : David Lisnard fixe un objectif d’1 million de visiteurs dans les jardins payants du département, au lieu de 750 000 en 2016. Plus encore que du programme In, les retombées économiques espérées découleraient du off. « Dans les cabanes en bois du jardin éphémère que la direction des espaces verts de Nice installera à l’embouchure du Paillon, les villages de l’arrière-pays raconteront leur contribution à la vie d’un cours d’eau méditerranéen : ici un moulin, là un four à pain ou une chambre d’hôte », explique Catherine Moreau, vice-présidente du CRT et adjointe au maire de Nice.

 

 

Au-delà des 80 jardins ouverts au public pendant le festival, la journée parisienne de lancement du festival a montré la diversité d’initiatives et la mosaïque de territoires qui s’y raccrocheront : Antibes mettra en valeur la promenade littorale qui tourne autour de son cap, récemment prolongée jusqu’à la baie des milliardaires ; le pays vençois balise le sentier de la poésie qui relie Vence à sa voisine Saint-Paul, par la forêt du Malvan ; ancien bras droit de Jean Mus à l’international, Thierry Bortolini ouvrira le mas de l’Olivine où, sur les terrasses de ses ancêtres, il produit avec sa femme Audrey les confiseries et parfums dont la renaissance contribue au nouvel élan en cours autour de Grasse. Pour « le pays d’Audrey », nouveau nom du domaine dont la rénovation a suscité 10 ans de travaux, le festival des jardins sert de tremplin vers un autre graal touristique : forts du soutien de la France, les acteurs des plantes et parfums du pays de Grasse espèrent entrer au patrimoine immatériel de l’humanité.

 

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