Entreprises de BTP

Jacques Delaine (Eiffage Construction Grand Est): « La conception-réalisation fait évoluer nos métiers »

Mots clés : Entreprise du BTP - ERP sans hébergement - Réglementation

Le Groupe Eiffage et l’Université de Lorraine viennent de conclure un contrat de 32 millions d’euros en PPP dédié au pôle «sciences dures» du campus de Metz. L’occasion de faire le point sur l’activité d’Eiffage Construction pour le Grand Est avec Jacques Delaine, nommé directeur régional en novembre dernier.

Quel bilan tirez-vous de l’année 2014, et quelles sont vos perspectives pour 2015 ?

Jacques Delaine: L’année s’est terminée sur un chiffre d’affaires de 295 millions d’euros pour Eiffage Construction Grand Est, dont 235 millions pour l’activité Bâtiment. Une grande satisfaction pour 2014 est l’obtention de plusieurs grands projets: le Centre des congrès de Metz, en association avec l’architecte Jean-Michel Wilmotte, la Cité internationale de la gastronomie à Dijon, avec Antony Béchu, la construction d’un Ehpad de plus de 400 lits à Bavilliers, avec l’architecte Catherine Dormoy, et donc la toute récente signature du contrat de partenariat public privé avec l’Université de Lorraine pour le financement, la conception-réalisation, l’exploitation et la maintenance de deux bâtiments (voir Focus ci-dessous). Tout ceci augure de beaux chantiers pour 2016. L’année en cours risque d’être plus compliquée, avec peu de grands projets engagés et des prix très tendus. Mais la force d’Eiffage Construction dans le Grand Est reste de disposer d’un maillage local très dense, qui a permis de maintenir des chantiers en proximité. Nous accompagnons nos clients et collaborons avec nos partenaires locaux depuis de longues années, et ne sommes donc pas dans une logique de coups.

 

Comment abordez-vous la réalisation simultanée de ces différents projets ?

J. D.: De façon générale, la généralisation des opérations en conception-réalisation a fait largement évoluer nos métiers. La notion d’entreprise générale s’efface au profit de celle d’intégrateurs de compétences: le besoin de définir des réponses très performantes en termes techniques et économiques, et cela dans des délais très courts, nous conduit à faire appel aux savoir-faire d’un nombre croissant d’entreprises. Il s’agit parfois d’autres filiales de notre groupe – comme sur le projet du Centre des congrès de Metz, où interviennent Eiffage Energie et Eiffage Services – mais pas nécessairement. Dans tous les cas, notre démarche aujourd’hui est d’engager des dynamiques collaboratives plutôt que hiérarchiques, pour faire émerger des conditions de réalisation qui permettent d’aller à l’économie du projet. C’est aussi l’occasion de progresser sur de nouvelles façons de penser la construction, concernant par exemple la place du bois ou les matériaux innovants.

 

Comment s’organisera la coexistence de ces grands projets avec votre activité courante ?

J. D.: On l’a dit, Eiffage Construction dispose dans le Grand Est d’un ancrage très fort, fruit d’une politique de rachats de grosses PME locales. Cela représente aujourd’hui près de 1000 personnes, dont 600 compagnons, pour lesquelles notre devoir est d’assurer un niveau d’activité suffisant dans une période économique très compliquée. Nous privilégierons pour ces équipes régionales la réalisation de chantiers en proximité, portant généralement sur le logement et les travaux services où notre savoir-faire est établi. Ceci dit, il pourra exister des passerelles pour les collaborateurs souhaitant s’engager sur les grands projets.

 

Focus

Contrat en PPP pour faire émerger le pôle «sciences dures» de Metz

Prévu dans le plan Campus, qui mobilise 160 millions d’euros pour restructurer les sites universitaires lorrains, l’émergence d’un pôle «sciences dures» prend forme sur le technopole de Metz. L’université de Lorraine a signé avec Eiffage un partenariat public-privé pour reconstruire l’unité de formation et de recherche mathématique, informatique et mécanique (UFR Mim) et le Laboratoire d’études des microstructures et de mécanique des matériaux (Lem 3), actuellement basés sur l’île du Saulcy, à proximité des grandes écoles du technopole. Souscrit pour une durée de 25 ans, le PPP mobilise un investissement de 39 millions d’euros.

Réalisés sous maîtrise d’œuvre du cabinet Lehoux-Phily-Samaha Architectes, les deux bâtiments entreront en chantier en septembre prochain pour mise en service en juin 2017.

 

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