Chantiers

ITER : le chantier poursuit son petit bonhomme de chemin

Mots clés : Electricité - Energie nucléaire - Musées - galerie - Télécommunications

Le chantier de construction du futur réacteur thermonucléaire expérimental ITER (« le chemin », en latin) se poursuit. Des travaux d’envergure sont aujourd’hui en cours, comme la création des infrastructures de réseaux – électricité, télécommunication, voiries, etc. – de la future installation. Plusieurs kilomètres de galeries techniques enterrées doivent, entre autres, être réalisés. Un chemin semé d’embûches.

Si la maîtrise de la fusion thermonucléaire, pour produire de l’électricité dite « décarbonée », parait être, pour l’heure, une prouesse technoscientifique incertaine, le chantier de construction du réacteur expérimental ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) poursuit, quant à lui, son petit bonhomme de chemin. Depuis 2006, et jusqu’en 2025, ce ne sont pas moins de 500 entreprises et 2 150 personnes (dont 700 ouvriers) qui œuvrent à faire sortir de terre « la plus grande plateforme de recherche au monde sur les énergies alternatives à basse production de CO2 », selon Florence Dubertret, coordinatrice de la communication pour le maître d’ouvrage du projet, Fusion For Energy (F4E), et le maître d’oeuvre, SNC Engage. Coût officiel actuel du projet ITER : 18 milliards d’euros (contre 6 milliards d’euros annoncés initialement).

Au total, 40 bâtiments industriels, destinés à la recherche scientifique et à la future production d’électricité, seront à terme érigés sur un immense terrain de 42 hectares, à quelques encablures du centre du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) de Cadarache, à une quarantaine de kilomètres au nord d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Parmi eux, le complexe Tokamak, le cœur du projet ITER, là où devraient avoir lieu, à compter de 2025, les réactions de fusion thermonucléaire, est actuellement érigé au milieu du site. Bâtiment imposant de 120 m de long, 80 m de large et 80 m de haut (dont 20 m construits sous terre), le complexe, qui abritera le réacteur Tokamak de 23 000 tonnes, présente la particularité de reposer sur une « forêt » de 493 plots antisismiques.

« Aujourd’hui, deux des 40 bâtiments sont livrés. Le reste est en cours de réalisation ou pas encore démarré », précise Florence Dubertret. En tout et pour tout, ce sont 60 000 m3 de béton et 20 000 tonnes d’armatures en acier qui seront mis en œuvre sur ce chantier pharaonique.

 

Un « plat de spaghetti » de réseaux enterrés


Parmi les multiples opérations en cours sur le site d’ITER, le chantier des infrastructures de réseaux (électricité, télécommunication, voiries, etc.) n’est pas le moindre. Confiés par F4E au groupement d’entreprises composé de Spie Batignolles TPCI, Valérian, Spie Batignolles Sud-Est et ADF (Agence de Fos), les travaux du lot TB16 consistent à réaliser « les galeries techniques en béton armé, les réseaux d’eaux pluviales, les réseaux sanitaires et industriels, tels que les réseaux métalliques – pour la circulation de l’eau de refroidissement du réacteur –, ainsi que l’aménagement extérieur (voiries, clôtures, éclairage, etc.) », décrit Fabien Lafond, directeur de travaux adjoint pour Valérian, filiale du groupe Spie Batignolles.

Pour permettre la distribution des réseaux électriques et de télécommunication, des galeries de grande section (jusqu’à 7 m x 4 m) doivent notamment être réalisées, à une profondeur maximale de 12 m, dans un sol calcaire particulièrement rocheux. Ces ouvrages enterrés représentent 16 000 m3 de béton – coulé en place ou via des éléments préfabriqués de 10 à 12 tonnes – et 2 100 tonnes d’armatures en acier. « Comme le minage et le micro-minage sont interdits sur le site, du fait de la coexistence de plusieurs autres chantiers, et que les délais de réalisation sont contraints, nous devons travailler via des ateliers de déroctage et d’excavation mobiles, intervenant simultanément en différents endroits de la plateforme », explique Fabien Lafond. En tout, 348 000 m3 de matériaux sont à extraire du sol. Autre difficulté : l’enchevêtrement et l’intrication des réseaux – futurs comme existants – nécessitent une connaissance fine de leur localisation, en phase chantier comme en phase d’exploitation du futur réacteur expérimental.

La tâche n’est donc pas mince pour les équipes du groupement mené par Spie Batignolles TPCI, puisque doivent être créés, en tout, 3 000 mètres linéaires de galeries techniques, 3 900 m de réseaux d’eaux pluviales, 3 600 m de réseaux sanitaires et industriels, 40 000 m de mise à la terre et 224 000 m² de voiries. Estimés à 60,7 millions d’euros, ces travaux ont débuté en janvier 2016 et doivent durer 53 mois, pour une livraison en juin 2020.

 

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  • - Le
    même si vous avez les connaissances pour appréhender le sujet, il faut bien un jour oser pour avancer; il faut avoir la foi dans l’homme. Comme nddl; agrandir Nantes Atlantique OK, mais gare-t-on les véhicules? Nos enfants vont à l’école et font avancer la science et ils trouveront les moyens pour résoudre les nouveaux problèmes ayez confiance.
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  • - Le

    plus c'est complexe moins ça ce maitrise

    je suis tout à fait d’accord sur ce commentaire (toujours plus) et l’orientation centralisée des recherches en matière d’énergie;je suis aussi étonné qu’en terme de recherche il ne soit pas trouvé, D’où ma réflexion sur l’orientation des recherches, (hormis les batteries)un système simple de stockage de l’énergie électrique quelle que soit l’origine de sa production
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  • - Le

    toujours plus....

    Quid du coût de la déconstruction de cette aberration technologique, lorsque on se rendra compte du caractère obsolète de ce gouffre financier (3 fois le montant initialement annoncé!pour le moment) dont la rentabilité , comme l’EPR de Flamanville, n’est qu’une pure hypothèse sur l’avenir. Imaginons que ces investissements se soient portés sur les énèrgies renouvelables… Biens sûr, les vendeurs de bétons et les Minards qui cautionnent ces gaspillages d’argent public ne s’y retrouveraient pas. Il est plus que temps de penser aux générations futures et de réfléchir en termes de croissance intelligente afin de minimiser l’empreinte de notre développement.
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