Innovation produits

Isolation acoustique: les points sensibles à traiter

Mots clés : Artisanat - Bâtiment d’habitation individuel - Isolation acoustique - Politique énergétique

Obligatoire en neuf depuis le début de l’année, le traitement acoustique des logements peut devenir un avantage compétitif pour les artisans capables de les coupler à des travaux de rénovation thermique.

Si du fait de la RT 2012, l’isolation thermique des bâtiments est devenue un incontournable, l’isolation acoustique, moins mise en exergue, est aussi à considérer. C’est vrai dans le neuf, depuis qu’une attestation de prise en compte de la réglementation acoustique est exigée pour tout bâtiment collectif et maisons individuelles accolées. L’entrée en vigueur de cette obligation le 1er janvier témoigne que le bâtiment est un secteur de plus en plus exigeant, non seulement en termes de performance énergétique, mais aussi de confort. Car, d’après l’Ademe, les nuisances sonores seraient à classer au premier rang des préoccupations des Français quant à leur habitat.

 

Conjuguer acoustique et thermique

 

En rénovation, aucune obligation de la sorte n’est encore en vigueur. Mais pour un artisan, la capacité à faire des préconisations en matière d’acoustique peut se révéler être un atout. En particulier dans le cadre d’une rénovation thermique où l’application conjointe d’isolants acoustiques au niveau des parois, planchers et menuiseries, s’avère souvent pertinente (voir « encadrés »). Si cela n’est toutefois pas systématique (voir « 3 Questions À »), conjuguer isolation acoustique et thermique dans le cadre d’une même prestation procure un avantage concurrentiel certain. 

Mais il semble néanmoins que les artisans ne se soient pas encore saisis de cette nouvelle opportunité. Pour ceux qui voudraient s’intéresser à l’acoustique de la construction, le Centre d’information et de documentation sur le bruit (CIDB) propose des documentations spécifiquement destinées aux entreprises du bâtiment, des « fiches par corps de métiers » téléchargeables sur son site Internet (www.bruit.fr, rubrique « boîte à outils des acteurs du bruit », puis « acoustique des constructions »). Le CIDB propose également une formation ouverte à tous les acteurs de la construction. « Nous recevons surtout des bureaux d’études acoustiques, des représentants de fabricants de matériaux ou de collectivités locales, mais encore très peu d’artisans, indique Brigitte Quetglas, responsable de formation au CIDB. Mais nous serions ravis de les accueillir ! » À bon entendeur…

 

 

 

 

 

Focus

Isoler des bruits extérieurs

L’action la plus efficace est de renforcer l’isolation des fenêtres. Le plus simple est d’appliquer un joint de calfeutrement, qui permet d’abaisser le niveau de transmission sonore de quelques décibels (dB). Plus efficace, mais aussi plus cher : remplacer les vitrages existants par des double-vitrages thermo-acoustiques asymétriques (le premier vitrage et le second sont d’épaisseur différente, de façon à mieux « casser » la transmission sonore.)

Les produits : les performances acoustiques et thermiques des vitrages sont identifiables par la marque Cekal, qui les distingue en 6 catégories pour l’acoustique.

Le plus : le double-vitrage thermo-acoustique asymétrique améliore l’isolation thermique grâce à la lame d’air présente entre les deux vitrages.

 

Focus

Isoler des bruits de logements mitoyens

Il peut être nécessaire de traiter non seulement la paroi séparant les logements voisins, mais aussi les parois latérales prenant appui sur celle-ci. Les matériaux à mettre en œuvre reposent sur l’effet « masse-ressort-masse » : ils sont composés d’un ou deux parements rigides (jouant le rôle de masse), ménageant un espace pour un matériau souple (assurant l’effet « ressort »).

Les produits : ces complexes isolants peuvent être rapportés sur la paroi à traiter par collage, fixés à l’aide de plots de mortier-colle, ou rapportés sur une ossature métallique. Les parements sont généralement en plaque de plâtre, les matériaux souples en laine minérale ou en PSE.

Le plus : les isolants à parements rigides améliorent également l’isolation thermique.

Focus

Isoler son plancher contre les bruits d’impact

L’isolation du plancher permet de prévenir deux types de nuisances vis-à-vis d’un logement situé à un niveau inférieur : les bruits d’impact (chute d’objets, bruits de pas…) et les bruits aériens (voix, télévision…).

Les produits :  la solution la plus simple et la moins coûteuse consiste à poser un revêtement souple : moquettes, linoléums ou revêtements PVC résilients. La pose de revêtements souples limite uniquement les bruits d’impact, tandis que les carrelages ou parquets sur sous-couche acoustique et chape flottante épaisse (quelques centimètres) réduisent également ustiqules bruits aériens.

Le plus : Une chape flottante peut intégrer un plancher chauffant tout en assurant son rôle acoustique. 

Focus

Trois questions à....Eric Gaucher, président d'Acoustique Conseil

 

L’isolation acoustique va-t-elle toujours de pair avec l’isolation thermique ?

En général, lorsqu’on isole thermiquement un logement, on améliore du même coup l’isolation acoustique, mais ce n’est pas systématiquement le cas. Une augmentation de l’isolation thermique par l’extérieur va par exemple conduire à une augmentation des transmissions de bruit entre deux appartements mitoyens. Il s’agit donc de trouver un équilibre entre l’isolation thermique, la réduction des nuisances sonores venant de l’extérieur et des voisins.

 Existe-t-il des méthodes standard pour garantir cet équilibre ?

Il est très difficile d’établir des solutions toutes faites. Il convient plutôt de faire du sur-mesure… Le tout est ne pas vouloir à tout prix mettre en œuvre les produits les plus performants, au risque de rompre cet équilibre. Cela ne ferait que rendre les logements invivables.

 Quels sont les points critiques à observer lors de la mise en œuvre ?

Les défauts acoustiques ne sont pas forcément visibles : un trou dans l’enveloppe, même caché par une plaque de plâtre, transmettra quand même les vibrations sonores ! Assurer l’étanchéité de l’enveloppe est un minimum.

 

 

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
  • - Le

    isolants en textile recyclé ?

    Étrangement vous ne parlez dans votre article des isolants « métisse » assez épais, ou « acustitherm » avec une densité plus forte.
    Signaler un abus
  • - Le

    Correctifs

    Juste pour éviter que des fausses idées circulent : – les doublages acoustiques sont composés d’isolants en matériaux souples : laine minérale ou PSE ELASTIFIE. – les carrelages ou parquets sur sous-couche acoustique n’améliorent PAS l’isolement au bruit aérien, au contraire, ils le dégrade. – une augmentation de l’isolation thermique par l’INTERIEUR va conduire à une augmentation des transmissions de bruit entre deux appartements mitoyens.
    Signaler un abus
  • Commenter cet article
Vous êtes intéressé par le thème Innovation produits ?
  • Découvrez les Cahiers Techniques du Bâtiment
    Le magazine qui traite des innovations produits, des évolutions techniques et de l’actualité règlementaire dans tous les corps d’états.
    Voir le site

Votre avis ?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X