Environnement

Interface réduit son empreinte carbone mais pas ses ventes

Mots clés : Dallage - Démarche environnementale - Produits et matériaux

Eliminer tout impact négatif sur l’environnement, tel est l’objectif d’Interface, industriel spécialisé dans les dalles de moquettes. Rob Boogaard, le président directeur général de la zone EMEA détaille la stratégie de l’entreprise pour LeMoniteur.fr.

C’est inhérent au produit : les dalles de moquette se composent essentiellement de dérivés pétroliers, qu’il s’agisse des fibres ou de la sous-couche en bitume. Comment, lorsque l’on est un industriel spécialisé dans la production de ces produits, se revendiquer d’un processus écologiquement responsable ? C’est pourtant le pari de l’américain Interface qui commercialise des dalles de moquettes à travers le monde depuis plus de 30 ans. L’entreprise, cotée en bourse depuis le milieu des années 1980, a même réussi à augmenter son chiffre d’affaires en 2014, pour atteindre un milliard d’euros et 35 % de part de marché dans le monde. En Europe, la production annuelle représente de 12 millions de m² de dalles de moquettes. « Un résultat qui tient à notre stratégie basée sur le développement durable et l’innovation », estime Rob Boogaard, président directeur général pour la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA).

Deux axes qui sont loin d’être incompatibles pour le PDG qui détaille la philosophie impulsée par l’ancien dirigeant d’Interface, l’américain Ray Anderson : « En 1994, il a déclaré la guerre au gaspillage et incité chaque collaborateur à y participer. Dans le même temps, il a fait savoir aux investisseurs et aux actionnaires qu’Interface se lançait dans cette démarche. Les économies ainsi générées ont pu être investies dans de nouvelles machines de production, elles-mêmes plus économes. Le cercle vertueux était enclenché. »

 

Découpe ultrasonique

 

Le site de production européen de Scherpenzeel aux Pays-Bas est aujourd’hui l’un des plus exemplaire en termes de préservation des ressources naturelles. « La démarche a été enclenchée en 2001 avec des nouveaux bureaux entièrement couverts de panneaux photovoltaïques », indique Laure Rondeau, responsable marketing et développement durable pour la zone Europe chez Interface. Le site produit ainsi une partie de l’électricité qu’il consomme.

En 2009, afin d’accroître la productivité, une machine de découpe ultrasonique est mise en place. « Nous avons emprunté la technologie à la Nasa qui s’en servait pour la découpe des ailes d’avion », précise Laure Rondeau. Résultat : au lieu de couper quatre dalles à la fois à l’emporte-pièce, le process industriel permet de découper 24 dalles sans générer de déchet, ce qui économise chaque année 310 tonnes de chutes de produits.

 

Recyclage et récupération

 

Alors que la préservation de l’environnement devient un enjeu planétaire, Interface décide d’aller plus loin et d’éliminer tout impact négatif de l’entreprise sur l’environnement d’ici à 2020, c’est la Mission Zéro, « qui implique également de ne plus utiliser de pétrole vierge dans notre process industriel », rappelle Rob Boogaard. D’où la nécessité de récupérer les dalles de moquettes en vue de leur recyclage.

Le même site de Scherpenzeel est alors équipé d’une nouvelle ligne de production, Re-entry 2.0 qui permet justement de recycler les anciennes dalles de moquette pour en faire de nouvelles. « Mais, nous n’arriverons jamais à récupérer la totalité de notre production » constate le président. Il s’agit donc de diversifier les sources de matières premières, d’abord avec des produits issus des végétaux, comme le ricin de la gamme Fotosfera ou les fibres de coco de la collection Just. Puis, en 2011 avec le programme Net-Works qui consiste, grâce au partenariat mis en place avec une ONG aux Philippines, à récupérer les filets de pêche en polyamide afin qu’ils soient traités et transformés en nouvelles fibres par l’un des fournisseurs d’Interface. « La démarche a tellement bien fonctionnée que nous sommes sur le point de lancer un partenariat similaire avec une autre ONG, en Afrique cette fois », annonce Rob Boogaard.

 

Communication

 

Toute cette démarche ne serait rien sans la communication, qui fait partie intégrante de la stratégie de l’industriel pour commercialiser ses produits. La dernière gamme de produits lancée sur le marché français en février dernier en est d’ailleurs la parfaite illustration, puisque l’industriel met en avant la faible empreinte carbone de la gamme Microsfera : entre l’extraction des matières premières et la production, les émissions de CO2 ne sont plus que de 3kg/m² de dalles, contre 12 kg de CO2 en moyenne pour une dalle traditionnelle. Reste encore à travailler sur la sous-couche en bitume des dalles. Sur ce thème Rob Boogaard ne parle que « de l’exploration d’une large palette de produits ». Vraisemblablement, il ne sera pas nécessaire d’attendre 2020 pour en savoir plus sur ce point.

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X