Logement

Inquiets, les promoteurs immobiliers lèvent le pied sur les mises en vente

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Financement du logement - Gestion immobilière - Politique du logement

Malgré un niveau de commercialisation élevé au 3ème trimestre (+5,3% sur un an), les mises en vente de logements neufs ont reculé sur la même période (-7,8%). En cause selon la fédération des promoteurs immobiliers (FPI), l’inquiétude des professionnels sur la pérennité du dispositif d’investissement locatif Pinel et du prêt à taux zéro (PTZ).

Après les particuliers, c’est au tour des promoteurs immobiliers de faire preuve de frilosité. Inquiets des mesures prises dans le cadre du budget 2018, ces derniers ont levé le pied au troisième trimestre 2017. Alors que les réservations restent au beau fixe (+5,3% sur un an à 33 497 unités), les  mises en ventes de logements reculent de 7,8% à 18 304 unités sur la même période. « Nous regarderons attentivement les résultats du 4ème trimestre pour savoir si une tendance se dessine », propose Alexandra François-Cuxac, présidente de la fédération des promoteurs immobiliers (FPI). Cette dernière estime tout de même que « l’attentisme de certains promoteurs serait lié à la question de la pérennité des dispositifs gouvernementaux [prêt à taux zéro et Pinel, NDLR]. »

Cette baisse des mises en vente est d’autant plus étonnante, qu’elle intervient après « douze trimestres de hausse », fait-on remarquer à la FPI. En réaction, sur les douze derniers mois, « seulement » 110 062 logements neufs ont été mis en vente, « un volume inférieur aux réservations sur la même période (118 996), calcule-t-on à la FPI. L’offre commerciale ne se reconstitue pas. » Alors qu’un bon niveau de stock représente 12 mois de commercialisation, il s’élève péniblement à 9,4 mois.

 

Sortie en douceur du Pinel en zone B2

 

Les mesures adoptées dans le cadre du projet de loi de finances pour 2018 sont dans tous les esprits. Alexandra François-Cuxac, qui estime que « les pouvoirs publics ont eu raison d’accompagner prioritairement les zones tendues », milite pour une sortie en douceur du dispositif Pinel dans les zones B2. La présidente de la FPI propose que les règles fiscales du dispositif Pinel s’appliquent aux programmes immobiliers dont le permis de construire a été déposé avant le 31 décembre 2017, et dont les actes authentiques seraient signés dans un délai de 18 mois, à partir de l’obtention du permis de construire.

Objectif pour la FPI : ne pas planter les opérations déjà engagées. Prenant l’exemple de la Bretagne et des Pays de la Loire, où 7 agglomérations sont classées en zone B2 (Laval, Le Mans, Brest, Vannes, Angers, etc.), la fédération estime que sur ce territoire, l’arrêt brutal du Pinel menacerait la construction d’un peu plus de 7 500 logements. La majorité de ces habitations en serait au stade de la signature de la promesse de vente du terrain (43%), de la demande du permis de construire (17 à 23%) ou de l’obtention du permis de construire (17 à 20%). Au total, entre 1 050 et 1 400 logements « en sont au stade de la commercialisation et pourraient être sauvés », calcule Alexandra François-Cuxac. Plusieurs amendements ont été déposés en ce sens et doivent être débattu au Parlement par les députés.

 

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