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Innovation dans le logement social 5/5 : en Normandie, plus de responsabilités mais moins de charges pour les habitants

Mots clés : Architecture - Innovations - Logement social

Dans le cadre de l’appel à projets « pour une architecture de la transformation » lancé par le groupe Caisse des dépôts et l’Union Sociale pour l’Habitat, cinq bailleurs sociaux accompagnés d’équipes de maîtrise d’œuvre ont pu réfléchir pendant plusieurs mois à de nouvelles manières de faire du logement. Des matériaux différents, des solutions techniques novatrices ou des usages inhabituels ont été pensés et surtout testés jusqu’en octobre dernier. « Le Moniteur » vous présente ces cinq pistes au potentiel désormais éprouvé. Aujourd’hui, la réflexion de Logeo Seine Estuaire sur les possibilités de réduire le budget logement des futurs occupants d’une opération en projet au Havre.

« Voilà 50 ans qu’on fait du logement social. Mais sait-on si le produit que nous proposons convient vraiment aux habitants ? Peut-être devons-nous remettre nos pratiques sur la table et consulter les gens plus en amont. » Ces interrogations formulées par Sandrine Cuffel, la directrice des activités émergentes de Logeo Seine Estuaire, ont conduit cette entreprise sociale pour l’habitat (ESH) normande à imaginer une offre nouvelle, et même un peu exceptionnelle. Le bailleur a saisi l’opportunité offerte par l’appel à projets « Architecture de la transformation », lancé en 2015, pour concevoir en quelques mois un projet d’une douzaine de logements en collaboration étroite avec ses futurs occupants. Avec pour ambition de dessiner des appartements qui comblent au mieux leurs envies mais qui soient également en parfaite adéquation avec leur niveau de revenus.

 

Vie commune

 

D’un programme d’une centaine de logements à construire au nord du Havre, Logeo Seine Estuaire a donc extrait une parcelle de 1 500 m² dans l’objectif d’y bâtir ce bâtiment un peu spécial. Ensuite, profitant du caractère expérimental de l’appel à projets, l’ESH a – disons – adapté les règles classiques d’attribution du logement locatif social pour trouver des volontaires aux profils divers et tentés par l’aventure. Ensemble, de réunions en ateliers, ils ont travaillé autant sur les plans, avec les architectes de l’Atelier Bettinger Desplanques, que sur les règles de leur future vie commune.

Car dans ce petit collectif, les habitants partageront beaucoup de choses, à commencer par des pièces. « Un des axes pour abaisser le budget logement des foyers est en effet de réduire leur appartement de quelques mètres carrés, explique Sandrine Cuffel. Dans ce cas, la création d’espaces mutualisés, dont le coût est partagé, permet de compenser la perte de place ». Pour le projet havrais, les futurs habitants ont opté pour une pièce de vie qui leur permettra d’organiser leurs repas de famille, une chambre d’ami mais aussi une laverie-buanderie et un local jardinage et bricolage.

 

Efforts à consentir

 

« Les discussions ont également permis de les sensibiliser aux économies d’énergie, qui peuvent aussi permettre une baisse des charges », poursuit Sandrine Cuffel. Surtout, elles ont amené ces futurs locataires à dire quels efforts ils étaient prêts à consentir pour alléger encore leurs dépenses. Au Havre, ils se sont ainsi engagés à opérer les menues réparations, à entretenir les espaces verts et à nettoyer les parties communes, dont la rue intérieure qui séparera les appartements des espaces de la communauté. A l’issue de l’expérience, dont toutes les conclusions sont accessibles sur le site du Lab CDC, Logeo Seine Estuaire estime que la baisse des charges ainsi prévue amènera les ménages à économiser environ 65 € par mois sur leur budget logement. Maintenant que le projet a été établi et que la demande de permis de construire devrait être déposée en 2017, les futurs habitants vont devoir patienter. Ils devraient emménager en 2019. Mais, d’ici là, ils pourront visiter « leur » chantier.

 

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  • - Le
    Un tel bâtiment existe à Altperlach, une banlieue de München depuis fin des années 70. Il est entièrement construit en bois. Architectes : R.& D. THUT Jean Englebert
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