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Innovation dans le logement social 3/5 : à Nancy, l’habitat prend de la hauteur au sanatorium

Mots clés : Architecture - Innovations - Logement social

Dans le cadre de l’appel à projets « pour une architecture de la transformation » lancé par le groupe Caisse des dépôts et l’Union Sociale pour l’Habitat, cinq bailleurs sociaux accompagnés d’équipes de maîtrise d’œuvre ont pu réfléchir pendant plusieurs mois à de nouvelles manières de faire du logement. Des matériaux différents, des solutions techniques novatrices ou des usages inhabituels ont été pensés et surtout testés. « Le Moniteur » vous présente ces cinq pistes au potentiel désormais éprouvé. Aujourd’hui, l’expérimentation menée par Batigère nord-est et les écoles d’architecture de Nancy et Strasbourg pour optimiser la transformation du patrimoine hospitalier en friches.

Transformer le bâti ancien pour en faire du logement, Batigère nord-est « sait faire ». Le bailleur implanté en Alsace et en Meurthe-et-Moselle a notamment réhabilité d’anciennes casernes. Il a donc eu l’occasion de se heurter aux principaux obstacles des opérations de mutation du patrimoine… « Dans des lieux qui n’étaient pas destinés à de l’habitation, les volumes sont par exemple trop grands et leur isolation thermique est défaillante, constate Sébastien Tilignac, le directeur-général adjoint de cette entreprise sociale pour l’habitat (ESH). De même, il y a des progrès à faire en matière de financement tant la réhabilitation s’avère souvent plus chère que la construction neuve ». Pour Batigère nord-est, l’appel à projets « Architecture de la transformation » lancé à l’automne 2015 représentait une chance de prendre le temps de la réflexion. Une remise à plat d’autant plus utile que dans le grand est de la France, où l’Etat s’est défait de pans entiers de son patrimoine militaire, hospitalier ou universitaire, le potentiel de reconversion est immense.

 

Cinq hectares en friches

 

Depuis la fin 2015, le bailleur a justement dans son escarcelle un ancien site du Centre hospitalier universitaire de Nancy, cinq hectares en friches à un peu plus de deux kilomètres de la célèbre place Stanislas. Pendant que le projet de réaménagement s’élabore, Batigère a donc livré une partie du site aux écoles nationales supérieures d’architecture (Ensa) de Nancy et Strasbourg pour qu’elles en fassent un laboratoire du logement. Doctorants et jeunes diplômés ont investi le bâtiment Villemin, un ancien sanatorium du début du XXe siècle, et envisagé toutes les hypothèses de sa transformation. « Puis, ils sont passés à l’acte et, avec des panneaux de bois, ont construit trois prototypes d’appartements à l’échelle 1 au rez-de-chaussée de l’édifice, raconte Lorenzo Diez, le directeur de l’Ensa de Nancy. Ainsi les questionnements sont devenus plus réels. » Et les possibilités, plus concrètes également.

 

 

Cette expérimentation « a démontré qu’on pouvait optimiser l’aménagement de ces espaces en tirant parti des grandes hauteurs sous plafond pour créer des mezzanines », explique Sébastien Tilignac. Si le directeur-général adjoint de Batigère nord-est semble avoir été convaincu par cette « approche verticale », les tests d’espaces modulables l’ont en revanche laissé plus sceptique. En effet, les chercheurs ont proposé un système de plateforme mobile capable de glisser, au besoin, au-dessus de la salle à manger ou le salon, et de mettre à disposition une « pièce » supplémentaire. « La profession n’est pas prête à s’engager sur cette voie, qui demande à être encore travaillée, poursuit le responsable. Dans l’ensemble, on ne peut de toute façon pas encore vraiment parler de résultats et l’expérimentation doit se poursuivre. » Des types d’espaces aussi nouveaux nécessiteront notamment une évolution de la réglementation du logement locatif social, et en particulier un calcul fin du poids de ces surfaces originales dans les loyers.

 

« Pas de fatalité »

 

Mais pour le directeur de l’école de Nancy, ce projet (dont les divers éléments, tel qu’un « Guide méthodologique opérationnel pour les bailleurs sociaux », sont accessibles sur le site du Lab CDC) a eu le mérite « de montrer que le ‘ça n’était pas prévu pour ça’ n’est pas une fatalité. La solution que nous avons proposée n’en est sans doute qu’une parmi d’autres mais cela signifie que des évolutions sont possibles ». En tout cas, Lorenzo Diez qui plaide pour une plus grande implication des écoles d’architecture dans la production architecturale au travers de la recherche et développement, entend bien pouvoir lancer d’autres expérimentations sur le thème de la transformation et de l’habitat.

 

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