Transport et infrastructures

Inauguration de l’A150, autoroute jackpot pour l’Etat ?

Mots clés : Réseau routier

Avec de l’avance, l’A150 est livrée le 29 janvier, bouclant ainsi la liaison autoroutière entre Le Havre et Rouen. Un groupement dénommé Albea assure pour 55 ans la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance, par concession. Cette concession est inédite puisqu’elle permettra aux contributeurs de récupérer les mises si les résultats de l’exploitation dépassent certains seuils.

Chaînon manquant de la liaison autoroutière entre Le Havre et Rouen par le nord de la Seine, les 18 kilomètres de l’A150 sont inaugurés le 29 janvier avec un mois d’avance sur ce que prévoyait le contrat de concession signé fin 2011. Ils prolongent la 2×2 voies gratuites entre Rouen et Barentin et relient Barentin à Écalles-Alix, aux portes d’Yvetot, où les automobilistes peuvent rejoindre l’A 29 (Amiens-Le Havre) exploité par la SAPN (groupe Sanef) pour se rendre au Havre. Montant du péage pour un véhicule léger: 3,10 euros.

La concession de 55 ans a attribué la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance de cette section autoroutière à un groupement dénommé Albea réunissant NGE (mandataire), Fayat, le fonds Infravia (groupe OFI) et une société financière. Après 14 mois d’études et de procédures administratives, le chantier d’une durée de 23 mois, a été mené par un GIE regroupant à parité NGE et Razel-Bec (Fayat). Montant de l’opération: 240 millions d’euros financés par Albea sur fonds propres et emprunts bancaires, avec le concours de 49 millions d’argent public en provenance à 50/50 de l’État et du conseil régional de Haute-Normandie.

 

Prévention des accidents… financiers

 

Originalité de la concession: elle prévoit que les deux contributeurs publics peuvent récupérer progressivement leur mise de départ si les résultats de l’exploitation dépassent certains seuils. «Nous regarderons les résultats chaque année. Deux mécanismes sont prévus pour un éventuel partage des gains. Un raccourcissement de la concession est même possible. C’est un dispositif totalement nouveau dans le monde des autoroutes», révèle Pierre Rimattei, directeur général d’Albea. Selon les estimations actuelles, l’A150 pourrait attirer 14 500 véhicules/jour lors de sa mise en service pour une montée en puissance très lente, espérée à 17 000 au bout de 3 ans. Rappelons que le Cauchois à la réputation d’être «près de ses sous» et que l’un des objectifs de cette nouvelle section est de délester d’une partie de son trafic l’ancienne RN15 devenue RD6015, très accidentogène, que le conseil général de Seine-Maritime a prévu de requalifier et sécuriser pour plus de 10 millions d’euros.

Parmi les autres spécificités de cette liaison autoroutière, on peut signaler que 10 % de l’enveloppe globale ont été consacrés aux mesures environnementales et que 10 % également l’ont été pour la construction d’un seul des 14 ouvrages d’art de la section: le viaduc de 477 mètres surplombant l’Austreberthe, petit affluent de la Seine, à hauteur de la commune de Barentin.

 

 

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