Réalisations

Inauguration à Paris du nouveau Palais de Tokyo

Ni musée ni galerie d’art, le « site de création contemporaine » inauguré ce lundi 21 janvier 2002 au Palais de Tokyo à Paris, est un véritable laboratoire d’arts émergents, qui se veut ouvert à tous les publics. Performances, installations, vidéos, sets musicaux, peinture, design, débats, défilés de mode, rien de ce qui touche « les cultures actuelles » ne sera écarté de ce palais-labo, accessible de midi à minuit. Voulu par le ministère de la Culture et concocté par ses deux directeurs et critiques d’art, Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans, le nouveau site échappe au cloisonnement jusque dans son architecture, héritée des années 30.

Construit entre 1934 et 1937, le Palais de Tokyo était un des rares monuments subsistant de l’Exposition Internationale de 1937. Musée national d’art moderne pendant 40 ans – le centre Georges Pompidou prendra la relève au plateau Beaubourg -, puis musée d’art et d’essai de 1977 à 1986, il devait se transformer en Palais du Cinéma réunissant le Musée du cinéma, la Fémis (école du cinéma), la bibliothèque et les archives du film. Mais le projet est abandonné au profit du site de Bercy. En 1999, le ministère de la Culture lance un concours d’architecture pour la réhabilitation du bâtiment, que remporte l’équipe Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal. Coût du projet : 4,5 M€.

La rigueur du budget contraint les deux architectes à une intervention a minima. Résultat : ils tirent le meilleur parti de la structure de 1937, de ses volumes amples, de sa lumière naturelle.
Le « palais-labo » de Tokyo, où les disciplines se croisent sur 4000 m2 décloisonnés et remis aux normes (notamment pour le chauffage, la ventilation, le passage des câbles), apparaît comme une magnifique friche.

« Un lieu de tous les possibles, en perpétuelle évolution ». C’est ce que recherchaient ses architectes, qui disent s’être « inspirés de l’animation de la place Djemaa el-Fna de Marrakech, ce grand espace libre et ouvert qui se réinvente sans cesse ». « Un lieu convivial », renchérissent Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans, pour qui les tenants de l’Art contemporain « ont trop longtemps négligé un public pourtant avide de comprendre et de participer ». D’où l’idée de créer une équipe de « médiateurs », censés non seulement accueillir et orienter le public, mais le mettre à l’aise et lui expliquer les différentes manifestations – une vingtaine par an, de taille variable – en cours. Un restaurant sous forme de grande table d’hôte doit contribuer à la convivialité.

En outre, le site de création contemporaine dispose d’une unité pédagogique, de recherche et de production, le Pavillon, dirigée par l’artiste Ange Leccia. Il s’agit d' »un laboratoire dans le laboratoire », conçu comme un outil de formation et qui permet à sept jeunes artistes ou critiques, boursiers, de s’exprimer collectivement sur 250 m2. Ce qui fait dire à ses directeurs : « voilà enfin un lieu expérimental, interdisciplinaire, flexible et planétaire ».

Focus

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